Le cas de Joe Biden met un coup de projecteur bien involontaire sur les défis du dépistage du cancer de la prostate chez les hommes.
En France, la Haute Autorité de Santé recommande une information éclairée des patients sur les bénéfices et les risques du dépistage par PSA, sans préconiser de dépistage systématique. Il est donc essentiel que chaque individu discute avec son médecin des options de dépistage, en tenant compte de son âge, de ses antécédents familiaux et de son état de santé général.
Votre serviteur, par exemple, a été diagnostiqué cette année comme étant atteint d'un cancer de la prostate de stade II à l'âge de 59 ans, de manière totalement fortuite.
Sensibilisé par cette question -à force de la traiter ce sujet depuis plus de 22 ans sur Senioractu.com, j'ai en effet pris l'initiative de demander un contrôle des PSA à mon médecin généraliste, l'année dernière à la même époque. Une simple analyse de sang, qui à démontré à la surprise générale (il n'y avait aucun signe avant-coureur de la maladie) - que mon taux de PSA était celui d'un homme de 70 ans, soit de 10 ans mon aîné ! Un résultat qui laissait peu de doute sur la présence d'une possible lésion cancéreuse découverte à un stade précoce.
Trois PSA, une IRM et une biopsie plus tard, le verdict tombait : cancer de la prostate de stade II, avec la présence d'un taux de 5% de cellules cancéreuses agressives (cf celles du Président Biden).
La conclusion de cette histoire personnelle démontre ainsi toute l'importance et la pertinence d'un dépistage précoce.
Pris à temps, le cancer de la prostate est un cancer de bon pronostic, avec des traitement adaptés et de moins en moins invalidant.
Dans mon cas, la décision collégiale a été de suivre l'évolution de la maladie (on parle alors de protocole de "surveillance active") avec des points de contrôle réguliers, afin de déterminer le moment à partir duquel il faudra entreprendre tel traitement ou tel autre ; plutôt que d'attaquer "bille en tête" des traitements non seulement couteux mais qui ne sont pas sans effets secondaires importants. L'idée maîtresse est donc bien de déclencher le ou les traitements nécessaires au bon moment ; ni trop tôt, ni trop tard, en tenant compte des spécificités physiques, biologiques et psychologiques de chaque patient.
Car diagnostiqué trop tardivement , comme c'est le cas pour Joe Biden, les métastases gagnent les tissus environnants et c'est la porte ouverte à une généralisation du cancer (par voie osseuse le plus souvent), condamnant à terme les patients qui en sont atteints.
Un conseil donc : passé la cinquantaine, demandez à votre médecin de contrôler votre taux de PSA tous les deux à trois ans ; vous m'en remercierez !
Le diagnostic de Joe Biden rappelle l’importance d’une surveillance médicale adaptée et personnalisée, surtout chez les seniors. Il souligne également la nécessité d’une transparence accrue concernant la santé des personnalités publiques, afin de maintenir la confiance du public sur cette question de santé publique.