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Article publié le 19/01/2021 à 11:23 | Lu 3000 fois

Être vieux : relégation ou solidarité ? Livre de Chloé Morin et Daniel Perron




La Fondation Jean-Jaurès et les Éditions de l'Aube publient cette semaine un ouvrage de Chloé Morin et Daniel Perron qui analyse la place des ainés dans nos sociétés et notamment, la vieillesse qui n'est plus perçue comme une chance de vivre plus longtemps, une force de l'expérience, mais comme un handicap de vivre hors des schémas de la vitesse et de l'agilité que nos sociétés modernes exigent de chacun (92 pages, 7,90 euros).


La crise sanitaire liée à la Covid-19 dure depuis bientôt un an (et rien ne dit que c’est terminé) et les confinements et couvre-feux se succèdent depuis mars 2020… Là encore, rien ne dit que le couvre-feu à 18h ne va pas se transformer dans les jours à venir en un 3ème confinement.
 
Dans ce contexte, Chloé Morin, politologue associée à la Fondation Jean-Jaurès, spécialiste de l'opinion et Daniel Perron, juriste, reviennent sur les modalités du confinement et du déconfinement des seniors lors de la crise pandémique tout en analysant la condition même que la société réserve au vieillissement de sa population.
 
Après une préface de Jérôme Guedj, les auteurs se penchent sur les différentes relégations des ainés dans nos sociétés contemporaines : au travail, à la retraite et lors du grand âge lorsque la société leur assigne le rôle de « poids mort » à l'invisibilité croissante.
 
Ces deux spécialistes espèrent repenser les solidarités envers les personnes âgées et les seniors d’une manière générale avec la mise en place du fameux cinquième risque, nom donné en référence à la couverture des risques spécifiques du grand âge : la perte d'autonomie et handicap.
 
Ils estiment également (et ce ne sont pas les seuls) que les personnels accompagnants sont invisibilisés et qu'il faut rendre attractif les métiers du « care » (une grande tendance) : valoriser et reconnaître l'action des soignants à travers une reconnaissance symbolique et économique.
 
« Cet essai claque comme un uppercut salutaire » souligne Jérôme Guedj dans sa préface. « Au moment où le monde entier, par les effets d’un virus particulièrement âgiste, a bien été contraint de (re)mettre la question des fragilités et du grand âge au cœur du débat public ».