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Article publié le 12/11/2018 à 01:00 | Lu 906 fois

De plus en plus d'ainés poussent la porte du Secours catholique

Alors que le Secours catholique vient de dévoiler son rapport annuel sur l’état de la pauvreté en France, on apprend, entre autres que la pauvreté s’étend chez les personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses à pousser la porte de cette organisation caritative. En 2017, un tiers des individus accueillis avait plus de 50 ans.


Ce rapport ne fait que confirmer ce que l’on pressent en lisant les journaux, en écoutant la radio ou en regardant la télévision… Les personnes âgées s’appauvrissent au fil du temps. Et les récentes mesures du gouvernement visant à taxer les retraites ne vont pas arranger les choses.  
 
Dans son rapport sur la pauvreté en France paru en fin de semaine dernière, le Secours catholique indique que sur les 1,4 millions de personnes qui ont demandé de l’aide en 2017 (nourriture, chauffage, etc.), un tiers d’entre elles avait 50 ans et plus, versus un quart en 2010, une très forte hausse en huit ans ! La part des 60 ans et plus (10%) n’a toutefois augmenté que de cinq points sur cette même période.
 
On peut donc en conclure que les jeunes seniors, notamment ceux qui sont encore en âge de travailler sont lourdement touchés par la précarité de l’emploi ou le chômage longue durée, par des parcours professionnels chaotiques. Sans oublier, bien évidemment, le cas des femmes au foyer (encore nombreuses dans cette génération).
 
Ce vieillissement de la population des Français rencontrés au Secours Catholique est par ailleurs plus rapide que celui de la population générale. La situation de fragilité croissante des seniors traduit une précarisation progressive des personnes âgées isolées dont les enfants ont quitté le foyer : 80% des personnes de plus de 60 ans rencontrées sont des hommes et femmes seuls ou des couples sans enfants cohabitant.
 
Leurs maigres pensions de retraite ou la faiblesse du minimum vieillesse pour ceux n’ayant pas accumulé de droits (notamment les femmes au foyer) ne suffisent plus à couvrir un coût de la vie croissant.
 
Les ménages dont le niveau de vie se situe au-dessus du seuil de pauvreté à 60%, et ceux en situation d’extrême pauvreté ont des profils très distincts. Il s’agit, pour les premiers, de ménages sans enfants dans bien des cas, souvent âgés de plus de 65 ans. Ils sont majoritairement de nationalité française, et sont soit en emploi, soit retraités.
 
On voit bien que ces emplois occupés et le niveau de retraite qu’ils engendrent, s’ils permettent d’assurer un niveau de vie au-dessus d’un certain seuil, ne protègent pas d’une certaine forme de pauvreté. Ces ménages ont en moyenne plus d’impayés que les autres types de ménages, ce qui confirme que leur fragilité est fortement liée aux difficultés qu’ils rencontrent pour faire face à des dépenses trop lourdes.
 
Les personnes accueillies par le Secours catholique touchent, en moyenne, 540 euros par mois. On est bien loin du seuil de pauvreté, 1026 euros par mois. Pour aider les plus précaires, l'association appelle donc à une hausse du RSA, le revenu de solidarité active, de 550 euros actuellement à 850 euros.






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