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Article publié le 25/01/2021 à 14:26 | Lu 2929 fois

Viager : deux questions à Eric Guillaume de Virage Viager




Eric Guillaume, président de la société Virage Viager (notamment du concept de viager mutualisé) a souhaité donner une autre vision du viager afin d’en faire une solution moderne de solvabilisation des retraités et de leur famille. Deux questions à ce spécialiste alors que, plus que jamais, les ainés souhaitent rester vivre le plus longtemps possible à domicile.


Dans la perspective de la future loi Grand Age et Autonomie, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’autonomie et au handicap, souhaite un « virage domiciliaire » permettant aux Français de vieillir le plus longtemps possible chez eux. Qu’en pensez-vous ?
L’enjeu est de respecter la volonté des retraités : 94% des plus de 70 ans ne veulent plus déménager. Ce en quoi madame la Ministre reprend une position reconnue.
 
Il faut toutefois intégrer les conditions pour rester sereinement chez soi au-delà d’une volonté politique ! Il me semble important de déterminer les besoins tout au long du « parcours de vie » qui intègre des phases où la santé, les besoins d’aide à domicile, de soins et la perte d‘autonomie sont autant de critères différents et déterminants.
 
Tant que le domicile permet de répondre aux besoins, il nous semble préférable de le privilégier. Si cela semble simple dans les premières années de retraite jusqu’aux premiers signes de perte d’autonomie, il en va tout autrement avec le grand vieillissement.
 
Parmi les 17 millions de retraités en France, la catégorie des 75/85 ans représente plus de 4,3 millions de personnes et est amenée à doubler dans les prochaines années du fait du papy-boom.
 
Il est évident que les Résidences Services Senior ou les EHPAD ne peuvent être la solution unique à ce phénomène démographique inéluctable, d’autant que les aînés ne les privilégient aucunement !
 
Le maintien à domicile s’impose donc comme la meilleure solution. (…) De fait, il convient d’amener les services, les soins, voire l’hôpital « au domicile », autant que faire se peut et pour cela, il s’agit moins de maîtrise technique que de capacité de financement des besoins.
 
C’est pourquoi, à côté de la solidarité nationale et des contrats d’assurance perte d’autonomie, la solution de solvabilité des aînés par la monétisation de leur patrimoine immobilier, au moins en partie, nous est apparue essentielle depuis dix ans chez Vitalimmo avec le Viager Mutualisé.
 
Lire aussi : Les demandes de viager explosent depuis la pandémie mais gare aux abus de faiblesse

Le rapport Libault (2019), issu de la concertation nationale Grand âge et autonomie, évoque les solutions mutualisées de viager parmi les pistes de financement de la perte d’autonomie. Pouvez-vous nous préciser votre vision de ce mode de financement ?
 
Le viager traditionnel de gré à gré entre particuliers n’apporte pas de réponse satisfaisante aux besoins de solvabilité des retraités. Les acheteurs individuels, inquiets de la sur-longévité des vendeurs, sont rares et les risques de défaut de rente ne sont pas maîtrisés.
 
Ce vieux concept n’a pas à mon sens d’envergure économique ni sociétale. A contrario, notre solution a radicalement modifié les anciennes règles du viager traditionnel avec deux composantes innovantes majeures :
• Le remplacement des acheteurs individuels par des institutionnels de renom (caisses de retraite, mutuelles, institutions de prévoyance, compagnies d’assurances).
• Le paiement au retraité de la totalité de la valeur occupée de son bien immobilier sous la forme d’un important capital payé immédiatement.
Ce capital unique sécurise le retraité et l’absence de pari sur la durée de paiement de rente enlève désormais toute morbidité au sujet.
 
La monétisation du patrimoine immobilier des seniors (72% d’entre eux sont propriétaires) est ainsi rendue possible par la cession de leur bien tout en conservant un usage à vie.
 
Dans un contexte où les retraites stagnent et le coût de la vie s’accroît, il devenait urgent de trouver des solutions innovantes pour faciliter financièrement le maintien à domicile souhaité par beaucoup, dans des conditions juridiques encadrées par un acte notarié. Notre concept répond à cette problématique.
 
Au-delà des aspects techniques et juridiques, la contribution des acteurs institutionnels vient donner une dimension nationale et sociétale et il est donc légitime que le rapport Libault s’en fasse l’écho.
 
*Eric Guillaume accompagne chaque année des centaines de transactions sur l’ensemble du territoire français. Il est le fondateur du viager mutualisé et initiateurs de fonds viager créé par des investisseurs institutionnels français de premier ordre.