Assurances et Mutuelles

Reste à charge santé : la Drees a chiffré ce que vos lunettes et vos prothèses vous coûtent encore après 70 ans, malgré votre mutuelle

Chez l'opticien, chez le dentiste ou chez l'audioprothésiste, une partie de la facture reste à payer une fois passés les remboursements de la Sécurité sociale et de votre mutuelle. À partir de 70 ans, ce reste à charge santé pèse près du double de celui de l'ensemble des Français. Et ce qu'il vous en coûte ne dépend pas uniquement de votre état de santé.

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Par | Publié le 8 Novembre 2026 à 09:26 | mis à jour le 8 Novembre 2026 à 09:27
Un homme de 74 ans essaie ses lunettes neuves chez l'opticien - Illustration générée par IA
Un homme de 74 ans essaie ses lunettes neuves chez l'opticien - Illustration générée par IA

Reste à charge santé : la Drees a fait les comptes âge par âge

Après 70 ans, nous sommes en moyenne mieux remboursés par l'Assurance maladie que le reste de la population, notamment grâce au dispositif des affections de longue durée. Et pourtant, c'est à cet âge que la somme qui reste à payer de sa poche est la plus lourde. C'est le paradoxe que met en lumière la Drees, le service statistique des ministères sociaux, dans une étude publiée jeudi 5 novembre sur le coût de la complémentaire santé pour les patients.

Sur l'année 2023, celle qu'a passée au crible la Drees, le reste à charge s'élève en moyenne à 290 euros par an pour une personne de 70 ans ou plus, une fois déduits les remboursements de l'Assurance maladie et de la complémentaire santé. Il est de 80 euros entre 20 et 39 ans, de 150 euros entre 40 et 59 ans, puis de 220 euros entre 60 et 69 ans. Pour l'ensemble de la population, il tourne autour de 150 euros par an : à partir de 70 ans, on paie donc près du double de la moyenne. Comment expliquer un tel écart ?
 
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Votre mutuelle individuelle protège moins bien après 70 ans

La Drees ne l'explique pas uniquement par une consommation de soins plus importante, bien réelle après 70 ans. Elle y ajoute le type de contrat : les patients de cet âge sont généralement couverts par des contrats de complémentaire santé individuels. Or ces contrats protègent moins que les contrats collectifs, ceux des entreprises, sur les postes où les tarifs sont libres, c'est-à-dire les médecins qui pratiquent des dépassements d'honoraires, les prothèses dentaires et auditives, et l'optique.

Le niveau de garanties choisi pèse lui aussi directement sur ce qui vous reste à payer. D'après la Drees, un assuré qui dispose d'un contrat parmi les moins couvrants supporte en moyenne un reste à charge trois fois supérieur à celui d'un assuré couvert par l'un des contrats les plus couvrants. Et vous, savez-vous dans quelle catégorie se range le vôtre ?
 

Lunettes, prothèses et dépassements : d'où vient la facture

Sur l'ensemble de la population, la Drees décompose ces 150 euros de reste à charge moyen. Pas moins de 120 euros viennent de la liberté tarifaire, autrement dit des équipements vendus au-dessus des tarifs fixés par la Sécurité sociale et des dépassements d'honoraires, et 20 euros proviennent des franchises et des participations forfaitaires.

La réforme du 100 % Santé devait offrir des lunettes, des prothèses dentaires et des aides auditives sans reste à charge. Malgré elle, ces trois équipements représentent toujours près de la moitié de la somme. Après 70 ans, la Drees les chiffre à une cinquantaine d'euros par an pour les lunettes, autant pour les prothèses dentaires et une quarantaine pour les aides auditives, en moyenne sur l'ensemble des personnes de cet âge, équipées ou non dans l'année. Sur ces postes, précise la Drees, le reste à charge augmente fortement avec l'âge et le niveau de vie. Pour ma part, j'en retiens que le panier sans reste à charge n'a pas suffi à vider la facture de ces équipements, qui sont justement ceux de notre âge.

Les malades chroniques ne sont pas épargnés non plus. Les patients en affection de longue durée (ALD) ont des dépenses de santé en moyenne sept fois plus élevées que les autres, et s'ils sont mieux remboursés pour les soins liés à leur maladie, ils restent exposés aux franchises et aux dépassements. Leur reste à charge atteint ainsi 240 euros en moyenne, et 870 euros pour 20 % d'entre eux.
 

Avec la cotisation, la santé pèse lourd dans votre budget

Le reste à charge ne dit pas tout, puisqu'il faut y ajouter la cotisation de la mutuelle elle-même. Les ménages de 65 ans ou plus consacrent 11 % de leur revenu au financement de la santé, moins que les plus jeunes, parce qu'ils sont moins mis à contribution par les cotisations maladie et la CSG. Mais chez les plus modestes d'entre nous, cette part grimpe à 15 % du revenu, dont 7 % pour la cotisation de complémentaire santé, contre 10 % pour les ménages âgés les plus aisés.

Cet écart tient en partie à la façon dont les complémentaires fixent leurs prix : elles augmentent généralement leurs tarifs avec l'âge, et pratiquent rarement une tarification qui suit le revenu. La Drees relève enfin un déséquilibre entre salariés du privé et retraités. Les premiers profitent d'aides à la souscription, alors que les retraités qui n'ont pas droit à la complémentaire santé solidaire paient des cotisations élevées sans qu'aucun dispositif d'aide ne leur soit dédié.
 

Votre contrat et la C2S : les deux vérifications à faire

Premier réflexe, relire le tableau de garanties de votre contrat sur les postes qui pèsent le plus après 70 ans : optique, dentaire, aides auditives et dépassements d'honoraires. Chez l'opticien, l'audioprothésiste ou le dentiste, demandez aussi le devis de l'équipement du panier 100 % Santé, que votre mutuelle doit prendre en charge intégralement s'il s'agit d'un contrat responsable, comme la très grande majorité des contrats.

Second réflexe, si vos revenus sont modestes : la complémentaire santé solidaire, ou C2S. D'ailleurs, selon la Drees, à peine 4 % des ménages âgés en bénéficient. Depuis le 1er avril 2026, en métropole, un foyer d'une personne peut l'obtenir avec une participation financière jusqu'à 14 069 euros de ressources annuelles, et un couple jusqu'à 21 103 euros. Cette participation est fixée à 30 euros par mois pour chaque assuré de 70 ans et plus : un couple dont les deux membres ont atteint cet âge paie donc 60 euros par mois. Les plafonds et la démarche figurent sur la fiche consacrée à la complémentaire santé solidaire sur Service-public.gouv.fr. Deux vérifications qui prennent un peu de temps, mais qui portent sur la part de vos soins que personne ne vous rembourse.

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