Les femmes, ces grandes oubliées de la maladie cardiovasculaire
Les maladies cardiovasculaires constituent aujourd’hui la première cause de décès chez les femmes dans les pays industrialisés. En comparaison avec le cancer du sein, ces pathologies sont 8 fois plus meurtrières. En constante augmentation, elles touchent les femmes de plus en plus tôt. Cette situation s’explique par les modifications comportementales notamment l’alimentation, les facteurs psycho-sociaux, l’exposition au tabac mais aussi la négligence de certains facteurs de risque (diabète, étapes hormonales…) et un défaut de prise en charge manifeste.
Pour ralentir la prévalence de maladies cardiovasculaires chez les femmes, la FFC met l’accent sur cinq points essentiels :
Déclencher une prise de conscience et optimiser le dépistage
Les symptômes chez les femmes sont atypiques. C’est la raison pour laquelle ils ne sont pas bien dépistés par les professionnels de santé et négligés par les patientes elles-mêmes. En effet, l’asthénie, les difficultés à respirer, la fatigue générale ou à la marche, les troubles du sommeil ou de l’humeur, les douleurs digestives… ne sont pas perçus, chez la femme, comme des signes avant-coureurs d’une maladie cardiaque. Une thèse datant d’octobre 2014 évaluant les connaissances du risque cardiovasculaire spécifique à la femme en médecine générale argumente la sous – estimation de ce risque cardiovasculaire chez la femme par le médecin généraliste.
L’objectif final de ce travail était de sensibiliser les médecins généralistes à la spécificité du risque cardiovasculaire de la femme afin d’améliorer les pratiques professionnelles. Un questionnaire en ligne a été diffusé à un panel de médecins généralistes libéraux du Nord-Pas-de-Calais entre le 20 octobre 2013 et le 18 février 2014. Les résultats montrent que les médecins généralistes avec un score de 12,40 sur 20 sur les spécificités du RCV de la femme et de 11,87 sur 20 au score « hormone » peuvent encore améliorer leurs connaissances.
Améliorer la prise en charge
Pour diagnostiquer une maladie cardiaque chez la femme, le Professeur Claire Mounier-Vehier, cardiologue, première Vice-Présidente de la FFC, alerte sur le fait que les femmes bénéficient de moins d’angiographie, moins d’électrocardiogramme d’effort, moins d’angioplastie, moins de pontage... Conséquence : une mortalité plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Elle relève une différence de 7 % entre les hommes et les femmes.
Un premier bilan d’étape à un an vient d’être réalisé en vue d’une généralisation de ce « Circuit coeur, artères et femmes » sur tout le territoire. Une étude observationnelle monocentrique pilote a évalué la pertinence du « Circuit coeur, artères et femmes » à partir d’une population de 191 femmes à haut risque CV, dont 38% à très haut risque. Agées en moyenne de 52 ans, 7% étaient adressées par des gynécoobstétriciens, 10% par des médecins généralistes et 59% par des cardiologues. Un tiers d’entre-elles avait un antécédent de syndrome hypertensif de la grossesse ou de diabète gestationnel. La moitié était ménopausée. La grande majorité était hypertendue (97%), avec une HTA nocturne (73% des cas). Une HTA a été nouvellement diagnostiquée chez 15 femmes. Le dépistage du syndrome d’apnée du sommeil était positif dans un cas sur deux.
Les conclusions de cette étude démontrent l’intérêt de la prise en charge des femmes dans le cadre du « Circuit coeur, artères et femmes ». Les spécificités du risque CV de ces femmes et la sévérité de leur HTA y ont été bien diagnostiquées. Les traitements cardiovasculaires ont été mieux adaptés. La contraception a été réajustée dans 14% des cas.
« Le dépistage et le traitement des facteurs de risques cardiovasculaires, la prise en compte des antécédents gynéco-obstétricaux, la réévaluation de la contraception oestro progestative et du traitement hormonal de substitution… autant de valeurs ajoutées dans la prise en charge proposée par le ʺ Circuit coeur, artères et femmesʺ qui ne demande qu’à se répliquer partout en France », précise le Professeur Claire Mounier-Vehier.
« Les cardiologues et médecins vasculaires doivent améliorer leur connaissance du profil des femmes à haut risque et prendre en considération le risque hormonal. Il est capital de développer des formations multidisciplinaires et des outils de liaison entre les professionnels de santé. Un partenariat cardiologue – gynécologue doit s’instaurer pour améliorer la prise en charge globale des femmes, en partenariat avec le médecin généraliste » ajoute encore la professeur.
Etre attentif aux trois étapes clés de la vie hormonale
« Le choix de la 1ère contraception, le suivi des grossesses, la pré-ménopause et la ménopause sont autant de bonnes occasions de veiller à la santé cardiaque des femmes » souligne le Professeur Claire Mounier-Vehier. Contraception, grossesse, ménopause, sont en effet les 3 temps à privilégier pour évaluer le statut cardiovasculaire de la femme. Pour répondre à ce déficit de prise en charge des femmes, le Professeur Mounier-Vehier vient de mettre en place au CHRU de Lille un ʺCircuit coeur, artères et femmesʺ qui inaugure une structure médicale spécifique aux femmes reposant sur un partenariat cardiologue -gynécologue.
Renforcer le suivi de la pathologie cardiaque
Les femmes ont accès moins souvent que les hommes à la réadaptation cardiaque et celles qui se la voient prescrire, vont plus souvent la négliger, se sentant désinvesties de leurs obligations familiales. La FFC recommande à toutes les patientes concernées par une pathologie cardiaque de consulter un cardiologue spécialisé dans le traitement des cardiopathies congénitales de l’adulte avant la conception et d’être suivies par ce spécialiste durant toute la grossesse. Les Centres de suivi de grossesse pathologiques de référence situés dans les maternités de niveau 3 sont à privilégier.
Inclure davantage les femmes aux essais cliniques
La FFC soulève un autre point de taille : le nombre de femmes incluses dans les essais cliniques en cardiologie reste très limité, moins de 20% des cohortes. Cette sous-représentation est préjudiciable à la mise en oeuvre d’une prise en charge appropriée avec des traitements mieux adaptés.
Pour ralentir la prévalence de maladies cardiovasculaires chez les femmes, la FFC met l’accent sur cinq points essentiels :
Déclencher une prise de conscience et optimiser le dépistage
Les symptômes chez les femmes sont atypiques. C’est la raison pour laquelle ils ne sont pas bien dépistés par les professionnels de santé et négligés par les patientes elles-mêmes. En effet, l’asthénie, les difficultés à respirer, la fatigue générale ou à la marche, les troubles du sommeil ou de l’humeur, les douleurs digestives… ne sont pas perçus, chez la femme, comme des signes avant-coureurs d’une maladie cardiaque. Une thèse datant d’octobre 2014 évaluant les connaissances du risque cardiovasculaire spécifique à la femme en médecine générale argumente la sous – estimation de ce risque cardiovasculaire chez la femme par le médecin généraliste.
L’objectif final de ce travail était de sensibiliser les médecins généralistes à la spécificité du risque cardiovasculaire de la femme afin d’améliorer les pratiques professionnelles. Un questionnaire en ligne a été diffusé à un panel de médecins généralistes libéraux du Nord-Pas-de-Calais entre le 20 octobre 2013 et le 18 février 2014. Les résultats montrent que les médecins généralistes avec un score de 12,40 sur 20 sur les spécificités du RCV de la femme et de 11,87 sur 20 au score « hormone » peuvent encore améliorer leurs connaissances.
Améliorer la prise en charge
Pour diagnostiquer une maladie cardiaque chez la femme, le Professeur Claire Mounier-Vehier, cardiologue, première Vice-Présidente de la FFC, alerte sur le fait que les femmes bénéficient de moins d’angiographie, moins d’électrocardiogramme d’effort, moins d’angioplastie, moins de pontage... Conséquence : une mortalité plus élevée chez les femmes que chez les hommes. Elle relève une différence de 7 % entre les hommes et les femmes.
Un premier bilan d’étape à un an vient d’être réalisé en vue d’une généralisation de ce « Circuit coeur, artères et femmes » sur tout le territoire. Une étude observationnelle monocentrique pilote a évalué la pertinence du « Circuit coeur, artères et femmes » à partir d’une population de 191 femmes à haut risque CV, dont 38% à très haut risque. Agées en moyenne de 52 ans, 7% étaient adressées par des gynécoobstétriciens, 10% par des médecins généralistes et 59% par des cardiologues. Un tiers d’entre-elles avait un antécédent de syndrome hypertensif de la grossesse ou de diabète gestationnel. La moitié était ménopausée. La grande majorité était hypertendue (97%), avec une HTA nocturne (73% des cas). Une HTA a été nouvellement diagnostiquée chez 15 femmes. Le dépistage du syndrome d’apnée du sommeil était positif dans un cas sur deux.
Les conclusions de cette étude démontrent l’intérêt de la prise en charge des femmes dans le cadre du « Circuit coeur, artères et femmes ». Les spécificités du risque CV de ces femmes et la sévérité de leur HTA y ont été bien diagnostiquées. Les traitements cardiovasculaires ont été mieux adaptés. La contraception a été réajustée dans 14% des cas.
« Le dépistage et le traitement des facteurs de risques cardiovasculaires, la prise en compte des antécédents gynéco-obstétricaux, la réévaluation de la contraception oestro progestative et du traitement hormonal de substitution… autant de valeurs ajoutées dans la prise en charge proposée par le ʺ Circuit coeur, artères et femmesʺ qui ne demande qu’à se répliquer partout en France », précise le Professeur Claire Mounier-Vehier.
« Les cardiologues et médecins vasculaires doivent améliorer leur connaissance du profil des femmes à haut risque et prendre en considération le risque hormonal. Il est capital de développer des formations multidisciplinaires et des outils de liaison entre les professionnels de santé. Un partenariat cardiologue – gynécologue doit s’instaurer pour améliorer la prise en charge globale des femmes, en partenariat avec le médecin généraliste » ajoute encore la professeur.
Etre attentif aux trois étapes clés de la vie hormonale
« Le choix de la 1ère contraception, le suivi des grossesses, la pré-ménopause et la ménopause sont autant de bonnes occasions de veiller à la santé cardiaque des femmes » souligne le Professeur Claire Mounier-Vehier. Contraception, grossesse, ménopause, sont en effet les 3 temps à privilégier pour évaluer le statut cardiovasculaire de la femme. Pour répondre à ce déficit de prise en charge des femmes, le Professeur Mounier-Vehier vient de mettre en place au CHRU de Lille un ʺCircuit coeur, artères et femmesʺ qui inaugure une structure médicale spécifique aux femmes reposant sur un partenariat cardiologue -gynécologue.
Renforcer le suivi de la pathologie cardiaque
Les femmes ont accès moins souvent que les hommes à la réadaptation cardiaque et celles qui se la voient prescrire, vont plus souvent la négliger, se sentant désinvesties de leurs obligations familiales. La FFC recommande à toutes les patientes concernées par une pathologie cardiaque de consulter un cardiologue spécialisé dans le traitement des cardiopathies congénitales de l’adulte avant la conception et d’être suivies par ce spécialiste durant toute la grossesse. Les Centres de suivi de grossesse pathologiques de référence situés dans les maternités de niveau 3 sont à privilégier.
Inclure davantage les femmes aux essais cliniques
La FFC soulève un autre point de taille : le nombre de femmes incluses dans les essais cliniques en cardiologie reste très limité, moins de 20% des cohortes. Cette sous-représentation est préjudiciable à la mise en oeuvre d’une prise en charge appropriée avec des traitements mieux adaptés.

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