Un dérèglement thyroïdien perturbe notre quotidien…
Comme tous les organes, la thyroïde vieillit et les troubles deviennent plus fréquents avec l’âge chez l’homme comme chez la femme. Les dérèglements sont plutôt en faveur d’un hypofonctionnement chez les seniors de plus de 60 ans puisque 10 à 15 % de cette population est touchée par l’hypothyroïdie, contre 1 à 3 % pour l’hyperthyroïdie.
Avec l’âge, les dérèglements thyroïdiens peuvent être plus discrets et certaines manifestations cliniques peuvent ainsi être mises, à tort, sur le compte du vieillissement, comme : la fatigue, l’intolérance au froid, la sécheresse cutanée, la perte des cheveux, le manque d’appétit, les troubles de la mémoire, un syndrome dépressif…
Certains dysfonctionnements thyroïdiens peuvent également accroître le risque cardiovasculaire : élévation anormale du taux de cholestérol, risque d’infarctus du myocarde, hypertension artérielle en cas d’hypothyroïdie ou troubles du rythme cardiaque en cas d’hyperthyroïdie. Il est donc important de surveiller la thyroïde dès la cinquantaine, particulièrement sur un terrain à risque cardiovasculaire.
Attention, après 60 ans, les troubles thyroïdiens deviennent plus fréquents et plus difficiles à diagnostiquer car les manifestations d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie peuvent être discrètes et mises, à tort, sur le compte du vieillissement.
La thyroïde réagit à notre environnement
Substances chimiques contaminantes
De nombreuses substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle sont susceptibles de perturber les fonctions endocriniennes de l’organisme : on les appelle les perturbateurs endocriniens. Pour certains, il existe encore peu de preuves de leur nocivité chez l’homme. L’alimentation est la source d’exposition majeure. Cependant, ces perturbations sont souvent favorisées par la coexistence d’une carence iodée et d’une malnutrition.
Substances naturelles contenues dans certains aliments :
Certains fruits, légumes ou graines tels que le millet, le sorgho, le soja ou l’arachide, faisant partie des aliments de base de pays en voie de développement, sont particulièrement riches en flavonoïdes. Ces substances sont susceptibles d’entraîner un goitre et une hypothyroïdie particulièrement en cas d’apports iodé et protéiques faibles et d’alimentation peu diversifiée.
C’est pour cette raison qu’une supplémentation en d’iode devrait être particulièrement recommandée chez les femmes enceintes consommant des phyto-estrogènes comme le soja.
Substances chimiques pouvant se retrouver dans l’alimentation :
Certains agents chimiques peuvent se retrouver dans l’alimentation et interagir sur le fonctionnement thyroïdien :
- les pesticides comme le DTT ou la dioxine sont retrouvés dans l’eau, les poissons d’eau douce et le lait.
-les biphénlys bromés (PBB) et chlorés (PCB) utilisés dans l’industrie polluent l’atmosphère puis se déposent sur les étendues d’eau. Ainsi, ils peuvent contaminer notamment les poissons d’eau douce et pourraient être responsables d’une diminution des hormones thryoïdiennes ou du développement d’une auto-immunité thyroïdienne.
- les phtalates sont des composés notamment présents dans les plastiques et les PVC, ils peuvent contaminer l’eau en étant dégradés par des bactéries et avoir alors une action anti-thyroïdienne et goitrigène.
- les dérivés phénoliques sont des polluants d’origine industrielle retrouvés dans l’eau qui ont aussi des effets goitrigènes.
Tabac
Les risques cardiovasculaires et cancérigènes du tabac sont bien connus, mais il existe également des effets thyroïdiens, liés à la présence de nicotine, thiocyanate et pyridines. Le tabagisme affecte la thyroïde en induisant une augmentation de volume de la thyroïde. En effet, le volume thyroïdien moyen est plus important chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Ce risque de développer un goitre pour les fumeurs est d’autant plus élevé en cas de carence iodée et si le sujet est féminin.
Le tabac est également l’un des facteurs de risque d’un dysfonctionnement de la thyroïde appelé « maladie de Basedow », maladie auto-immune dans laquelle l’organisme produit des anticorps agissant contre sa propre thyroïde. Les fumeurs ont un risque 2 fois et demi plus important de développer cette maladie et un risque 7 fois plus important de développer des complications oculaires. Le risque de récidive après traitement est également augmenté. Le risque est directement lié au nombre de cigarettes consommées et disparaît après arrêt de l’intoxication tabagique.
Traitement médicamenteux
Certains médicaments peuvent avoir une influence sur le fonctionnement thyroïdien et justifier une surveillance particulière de la thyroïde avant et pendant le traitement. Parmi ceux-ci, on retrouve l’amiodarone (utilisée dans les troubles du rythme en cardiologie), les interférons (utilisés notamment dans le traitement des hépatites chroniques), certaines thérapies ciblées (utilisées dans certains traitements anti-cancéreux)… De même, certains produits riches en iode tels que les produits de contraste iodés, utilisés pour certains examens d’imagerie médicale et certains antiseptiques locaux, peuvent perturber le fonctionnement thyroïdien et être responsables d’hyper ou d’hypothyroïdie.
Stress
Le stress peut exercer une influence sur le système immunitaire. Ainsi, certaines maladies dites auto-immunes sont souvent précédées par un stress important. L’apparition d’une maladie de Basedow, maladie déjà évoquée plus haut dans laquelle l’organisme produit des anticorps agissant contre sa propre thyroïde, peut avoir pour origine des épisodes de stress répétés ou graves.
Il n’est pas nécessaire de se préoccuper de sa thyroïde au quotidien.
En effet, bien que les dérèglements de la thyroïde soient fréquents, la majorité des troubles sont bénins et aisément pris en charge.
Cependant quelques conseils sont importants pour la thyroïde.
En cas de traitement thyroïdien, préserver l’équilibre obtenu
L’équilibre thyroïdien est fragile, et peut être difficile à obtenir et à maintenir.
Pour le préserver, il est important de suivre certaines règles :
• respecter les doses prescrites, les horaires de prise
• ne pas oublier de prendre son traitement et ne pas l’arrêter si l’on se sent mieux
• faire attention aux autres prises médicamenteuses qui peuvent interagir sur l’efficacité du traitement
• connaître les signes de déséquilibre
Il n’y a pas de précaution alimentaire particulière à adopter, si ce n’est éviter des excès spécifiques.
Prévenir son médecin de tout nouveau traitement
Prévenir son médecin et son pharmacien de tout nouveau traitement car certains médicaments peuvent perturber le fonctionnement de la thyroïde. C’est le cas des médicaments contenant de l’iode comme les produits de contrastes iodés, l’amiodarone ou certains antiseptiques locaux.
* La troisième édition de cette Semaine nationale de la thyroïde, réalisée sous l’égide de
la SFE, du SEDMEN, de la FENARADIAM et du Club Thyroïde®, en partenariat avec
2 associations de patients (AFMT et Vivre sans thyroïde) et avec le soutien de Merck
Serono