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Article publié le 11/10/2018 à 01:00 | Lu 1248 fois

Institut Pasteur : à quoi sert le Pasteurdon ?

Alors que la 12ème édition du Pasteurdon, l’opération annuelle d’appel aux dons de l’Institut Pasteur, bat son plein, revenons sur quelques exemples de travaux scientifiques qui sont financés grâce à l’argent récolté. Détails.


Le Pasteurdon est devenu essentiel au financement des projets de recherche des équipes de l’Institut Pasteur. L’année 2017 a été une année extrêmement dynamique qui a donné lieu à 1.127 publications scientifiques.
 
Ci-après, quelques thématiques historiquement chères à l’Institut Pasteur qui sont illustrées avec des travaux sur les infections microbiennes, un domaine de recherche incontournable avec des chercheurs mobilisés sur les cancers et de nouveaux champs investis en neurosciences.
 
Pour lutter contre les bactéries, depuis plus de 70 ans, l’utilisation des antibiotiques a eu un impact majeur pour améliorer la santé humaine et animale en sauvant des millions de vies. Les antibiotiques éliminent de manière efficace les bactéries pathogènes avec le plus souvent peu d’effets indésirables.
 
Ils luttent contre les infections telles que les pneumonies, bronchites, otites, méningites, infections urinaires, septicémies, maladies sexuellement transmissibles… Cependant, leur efficacité est menacée. Chaque année, la résistance aux antibiotiques des bactéries est à l’origine de près de 25.000 décès en Europe.
 
Par ailleurs, il est estimé que, d’ici 2050, cette résistance fera plus de dix millions de victimes dans le monde. Aujourd’hui ces bactéries multirésistantes sont une menace de santé publique globale avec le risque de réémergence d’infections incurables, une augmentation de la mortalité et des surcoûts considérables.
 
Dans ce contexte, le laboratoire de découverte de pathogènes est rattaché à l’unité de Biologie des infections de l’Institut Pasteur. Il utilise des approches de séquençage à haut débit (NGS) pour identifier et caractériser des agents infectieux nouveaux ou inattendus à partir de prélèvements biologiques d’origine humaine et animale.
 
Comme l’indique Marc Eloit, responsable du laboratoire de découverte de pathogènes : « nous identifions et caractérisons des pathogènes inconnus mais aussi des pathogènes connus dans des maladies où on ne soupçonnait pas leur rôle. Nous sommes spécifiquement intéressés par des maladies inflammatoires persistantes en particulier dans un contexte d’immunosuppression. Nous travaillons également avec les instituts Pasteur du réseau international afin d’identifier de nouveaux agents transmis à l’homme à partir de la faune sauvage (mammifères, arthropodes) ».
 
Et de préciser : « ceci conduit finalement à une compréhension de l’étiologie de certaines maladies conduisant à une meilleure prise en charge thérapeutique ou une analyse du risque d’émergence virale. ».
 
Autre champ d’action : bloquer l’action des bactéries cancérigènes. Quelles sont les voies d’action dans les cellules et comment les bloquer ? Des chercheurs de l’Institut Pasteur ont identifié de nouvelles stratégies utilisées par la bactérie Helicobacter pylori pour infecter les cellules. Cette bactérie est associée à plus de 80% des cas de cancers gastriques, cancer qui provoque le décès d’environ 800 000 personnes chaque année dans le monde.
 
L’infection à H. pylori est en majorité acquise pendant l’enfance et perdure pendant des décennies, voire toute la vie de la personne infectée. H. pylori présente plusieurs facteurs de virulence qui interagissent avec des cibles spécifiques de la cellule, en particulier les mitochondries, avec des conséquences directes sur la gravité de la maladie gastrique.
 
Ces découvertes permettent aujourd’hui d’envisager de nouvelles stratégies de lutte contre cette infection et les pathologies gastriques associées.





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