Le glaucome est une maladie oculaire grave, fréquente (1,2 million de personnes atteintes en France) qui entraîne une détérioration lente du nerf optique, aboutissant à une perte progressive du champ visuel puis parfois à la cécité, si elle n’est pas dépistée ou traitée.
Le glaucome peut se présenter sous diverses formes dont l’origine, les manifestations et l’évolution peuvent être différentes, mais qui auront toujours une conséquence commune qui est la détérioration progressive et irréversible du nerf optique et de la vision en l’absence de traitement.
Mais le glaucome est une maladie insidieuse, silencieuse car asymptomatique. Il est donc impossible de savoir, si l’on est atteint d’un glaucome, en particulier à un stade précoce. Celui-ci est généralement diagnostiqué par un ophtalmologiste lors des contrôles systématiques réalisés au décours de la prescription de lunettes.
L’enjeu du dépistage est donc fondamental, ce d’autant qu’aujourd’hui il existe de nombreux traitements efficaces (médicamenteux ou chirurgicaux). Or seulement 600 000 personnes sont dépistées et traitées : ce sont donc 500 à 600 000 personnes qui présenteraient la maladie sans le savoir. Alors, aujourd’hui, faisons du glaucome un enjeu majeur. Et ne laissons pas le glaucome nous voler la vue.
Qu’est-ce que la pression intraoculaire ?
À l’intérieur de l’oeil, un liquide est produit en permanence : c’est l’humeur aqueuse. Elle est évacuée au travers d’un filtre situé à l’angle entre l’iris et la cornée, appelé trabéculum. Si l'évacuation du liquide est ralentie, la pression à l’intérieur du globe oculaire s’élève anormalement. Cette augmentation de la pression intraoculaire peut provoquer la destruction progressive des fibres nerveuses qui composent le nerf optique. De façon schématique, on peut dire que l’excès de pression écrase les fibres nerveuses et provoque leur destruction.
Dépistage, traitement et suivi des solutions au service des patients
Interviews des Pr Philippe DENIS, Chef de service d’ophtalmologie de l’hôpital de la Croix-Rousse et du Pr Florent APTEL, Professeur des universités – Praticien Hospitalier.
Qu’est-ce que le glaucome ?
Le glaucome correspond à une destruction multifactorielle du nerf optique. Il s’agit du nerf partant de la rétine, à l’arrière de l’oeil et transportant les images jusqu’au cerveau. L’élévation de la pression à l’intérieur de l’oeil est le principal facteur conduisant à la destruction du nerf optique. D’autres facteurs peuvent également contribuer à la dégradation du nerf optique : présence d’une myopie forte, présence d’une cornée anormalement fine, facteurs héréditaires, irrigation sanguine insuffisante du nerf optique, etc.
Le glaucome est une maladie oculaire grave. La détérioration lente du nerf optique entraine une perte progressive du champ visuel, puis parfois la cécité, si elle n’est pas dépistée ou traitée à temps.
Est-ce une pathologie fréquente ?
Dans le monde, on compte à ce jour environ 60 millions de personnes atteintes de glaucome chronique à angle ouvert (GCAO) ou de glaucome par fermeture de l’angle et, on estime à 79,6 millions le nombre de personnes atteintes en 2020. Le glaucome touche plus d’un million de personnes en France, dont près de la moitié l’ignorent.
Est-ce une maladie grave ?
Il s’agit d’une maladie grave, puisque engendrant une altération de la fonction visuelle pouvant aboutir à un stade ultime à la cécité. Elle constitue la deuxième cause de cécité totale mondiale, et la première cause en Europe.
Le glaucome peut se présenter sous diverses formes :
• Le glaucome chronique à angle ouvert : c'est la forme la plus fréquente de la maladie (90% des cas) en Europe. Il est provoqué par l’obstruction progressive du filtre d’évacuation de l’humeur aqueuse. L’altération de la vision est lente, indolore et sans gêne perceptible au début. Ainsi, le glaucome évolue longtemps sans symptômes apparents s’il n’est pas dépisté.
• Les glaucomes secondaires : ils sont liés à une cause traumatique (un choc sur l’oeil) ou à une maladie inflammatoire ou congénitale.
• Le glaucome aigu à angle fermé : il est dû à une anomalie de l'anatomie de l'oeil empêchant l'évacuation de l'humeur aqueuse à travers le trabéculum. Celle-ci reste totalement bloquée derrière l’iris. La pression à l’intérieur de l’oeil augmente fortement. La personne ressent des symptômes caractéristiques : douleurs intenses, baisse soudaine de la vision, maux de tête, etc. Il faut alors agir en urgence, pour éviter que le nerf optique ne soit endommagé et que la personne ne devienne rapidement aveugle.
Quels sont les facteurs de risque connus ?
Les causes du glaucome ne sont pas connues. Elles sont vraisemblablement multiples. L’augmentation de la pression intraoculaire au-delà de 21 mm Hg est le principal facteur. Cependant, toutes les hypertonies (ou hypertensions) oculaires n’entraînent pas un glaucome et inversement il existe des glaucomes avec une pression intraoculaire dans les limites de la normalité.
Ainsi, plusieurs facteurs semblent néanmoins favoriser cette maladie du nerf optique :
• L’âge : le glaucome survient en général à partir de 40 ans et sa fréquence augmente avec l’âge. Elle est supérieure à 10% après 80 ans ;
• La myopie ;
• L’hérédité : le risque de glaucome est augmenté si un parent est atteint ;
• Une hypertension artérielle, un diabète, une apnée du sommeil, une hypothyroïdie ou encore la prise prolongée de corticoïdes pourraient accroître le risque de glaucome.
• L’origine ethnique : on observe que les populations à peau noire sont plus touchées que les populations à peau blanche.
Quels sont les symptômes du glaucome ?
Le glaucome est imperceptible pour le patient et d’évolution insidieuse. Avant l’apparition des premiers symptômes, le patient peut ignorer longtemps sa maladie tant qu’il n’est pas gêné dans sa vie au quotidien. C’est pourquoi son diagnostic est souvent posé par hasard lors d’un examen ophtalmologique pour un autre motif (myopie, presbytie...). Il peut également être diagnostiqué lors d'examens de suivi chez une personne présentant des facteurs de prédispositions au glaucome. La gêne visuelle n’apparait que tardivement et peut-être révélatrice d’un glaucome déjà évolué comme la dégradation périphérique du champ visuel et ses conséquences potentielles (chutes, accident de voiture, etc.).
Comment diagnostique-t-on un glaucome ?
S’il suspecte un glaucome, l’ophtalmologiste pratique un examen clinique et des explorations complémentaires.
Quatre examens sont réalisés :
• observation de la tête du nerf optique (appelée papille optique) par un examen du fond de l’oeil ou tomographie par cohérence optique (ou OCT) ;
• mesure de la pression intraoculaire, par tonométrie ;
• examen de l’angle d’écoulement du liquide intraoculaire (ou humeur aqueuse) par gonioscopie ;
• évaluation du champ visuel. Cet examen met en évidence le retentissement des lésions du nerf optique et sa progression. Le glaucome se caractérise en effet par une atteinte progressive et irréversible du champ visuel, d’abord périphérique et longtemps non perçue.
Qu’est-ce que l’OCT ?
L’OCT (Tomographie par Cohérence Optique) peut être utilisée dans le diagnostic et le suivi du glaucome à angle ouvert, surtout dans les formes précoces ou en cas de suspicion de glaucome, dans lesquelles les atteintes du champ visuel ne sont pas encore détectables. Il mesure par interférométrie l'épaisseur des fibres optiques à une distance fixe de la papille et dans la région maculaire. Il mesure aussi la taille de la papille et de l'excavation papillaire. La comparaison à une banque de données de patients permet de détecter une éventuelle anomalie. L'évaluation de la progression devient de plus en plus précise à mesure que progresse la qualité des appareils. C'est actuellement l'examen de structure de référence.
Le glaucome peut se présenter sous diverses formes dont l’origine, les manifestations et l’évolution peuvent être différentes, mais qui auront toujours une conséquence commune qui est la détérioration progressive et irréversible du nerf optique et de la vision en l’absence de traitement.
Mais le glaucome est une maladie insidieuse, silencieuse car asymptomatique. Il est donc impossible de savoir, si l’on est atteint d’un glaucome, en particulier à un stade précoce. Celui-ci est généralement diagnostiqué par un ophtalmologiste lors des contrôles systématiques réalisés au décours de la prescription de lunettes.
L’enjeu du dépistage est donc fondamental, ce d’autant qu’aujourd’hui il existe de nombreux traitements efficaces (médicamenteux ou chirurgicaux). Or seulement 600 000 personnes sont dépistées et traitées : ce sont donc 500 à 600 000 personnes qui présenteraient la maladie sans le savoir. Alors, aujourd’hui, faisons du glaucome un enjeu majeur. Et ne laissons pas le glaucome nous voler la vue.
Qu’est-ce que la pression intraoculaire ?
À l’intérieur de l’oeil, un liquide est produit en permanence : c’est l’humeur aqueuse. Elle est évacuée au travers d’un filtre situé à l’angle entre l’iris et la cornée, appelé trabéculum. Si l'évacuation du liquide est ralentie, la pression à l’intérieur du globe oculaire s’élève anormalement. Cette augmentation de la pression intraoculaire peut provoquer la destruction progressive des fibres nerveuses qui composent le nerf optique. De façon schématique, on peut dire que l’excès de pression écrase les fibres nerveuses et provoque leur destruction.
Dépistage, traitement et suivi des solutions au service des patients
Interviews des Pr Philippe DENIS, Chef de service d’ophtalmologie de l’hôpital de la Croix-Rousse et du Pr Florent APTEL, Professeur des universités – Praticien Hospitalier.
Qu’est-ce que le glaucome ?
Le glaucome correspond à une destruction multifactorielle du nerf optique. Il s’agit du nerf partant de la rétine, à l’arrière de l’oeil et transportant les images jusqu’au cerveau. L’élévation de la pression à l’intérieur de l’oeil est le principal facteur conduisant à la destruction du nerf optique. D’autres facteurs peuvent également contribuer à la dégradation du nerf optique : présence d’une myopie forte, présence d’une cornée anormalement fine, facteurs héréditaires, irrigation sanguine insuffisante du nerf optique, etc.
Le glaucome est une maladie oculaire grave. La détérioration lente du nerf optique entraine une perte progressive du champ visuel, puis parfois la cécité, si elle n’est pas dépistée ou traitée à temps.
Est-ce une pathologie fréquente ?
Dans le monde, on compte à ce jour environ 60 millions de personnes atteintes de glaucome chronique à angle ouvert (GCAO) ou de glaucome par fermeture de l’angle et, on estime à 79,6 millions le nombre de personnes atteintes en 2020. Le glaucome touche plus d’un million de personnes en France, dont près de la moitié l’ignorent.
Est-ce une maladie grave ?
Il s’agit d’une maladie grave, puisque engendrant une altération de la fonction visuelle pouvant aboutir à un stade ultime à la cécité. Elle constitue la deuxième cause de cécité totale mondiale, et la première cause en Europe.
Le glaucome peut se présenter sous diverses formes :
• Le glaucome chronique à angle ouvert : c'est la forme la plus fréquente de la maladie (90% des cas) en Europe. Il est provoqué par l’obstruction progressive du filtre d’évacuation de l’humeur aqueuse. L’altération de la vision est lente, indolore et sans gêne perceptible au début. Ainsi, le glaucome évolue longtemps sans symptômes apparents s’il n’est pas dépisté.
• Les glaucomes secondaires : ils sont liés à une cause traumatique (un choc sur l’oeil) ou à une maladie inflammatoire ou congénitale.
• Le glaucome aigu à angle fermé : il est dû à une anomalie de l'anatomie de l'oeil empêchant l'évacuation de l'humeur aqueuse à travers le trabéculum. Celle-ci reste totalement bloquée derrière l’iris. La pression à l’intérieur de l’oeil augmente fortement. La personne ressent des symptômes caractéristiques : douleurs intenses, baisse soudaine de la vision, maux de tête, etc. Il faut alors agir en urgence, pour éviter que le nerf optique ne soit endommagé et que la personne ne devienne rapidement aveugle.
Quels sont les facteurs de risque connus ?
Les causes du glaucome ne sont pas connues. Elles sont vraisemblablement multiples. L’augmentation de la pression intraoculaire au-delà de 21 mm Hg est le principal facteur. Cependant, toutes les hypertonies (ou hypertensions) oculaires n’entraînent pas un glaucome et inversement il existe des glaucomes avec une pression intraoculaire dans les limites de la normalité.
Ainsi, plusieurs facteurs semblent néanmoins favoriser cette maladie du nerf optique :
• L’âge : le glaucome survient en général à partir de 40 ans et sa fréquence augmente avec l’âge. Elle est supérieure à 10% après 80 ans ;
• La myopie ;
• L’hérédité : le risque de glaucome est augmenté si un parent est atteint ;
• Une hypertension artérielle, un diabète, une apnée du sommeil, une hypothyroïdie ou encore la prise prolongée de corticoïdes pourraient accroître le risque de glaucome.
• L’origine ethnique : on observe que les populations à peau noire sont plus touchées que les populations à peau blanche.
Quels sont les symptômes du glaucome ?
Le glaucome est imperceptible pour le patient et d’évolution insidieuse. Avant l’apparition des premiers symptômes, le patient peut ignorer longtemps sa maladie tant qu’il n’est pas gêné dans sa vie au quotidien. C’est pourquoi son diagnostic est souvent posé par hasard lors d’un examen ophtalmologique pour un autre motif (myopie, presbytie...). Il peut également être diagnostiqué lors d'examens de suivi chez une personne présentant des facteurs de prédispositions au glaucome. La gêne visuelle n’apparait que tardivement et peut-être révélatrice d’un glaucome déjà évolué comme la dégradation périphérique du champ visuel et ses conséquences potentielles (chutes, accident de voiture, etc.).
Comment diagnostique-t-on un glaucome ?
S’il suspecte un glaucome, l’ophtalmologiste pratique un examen clinique et des explorations complémentaires.
Quatre examens sont réalisés :
• observation de la tête du nerf optique (appelée papille optique) par un examen du fond de l’oeil ou tomographie par cohérence optique (ou OCT) ;
• mesure de la pression intraoculaire, par tonométrie ;
• examen de l’angle d’écoulement du liquide intraoculaire (ou humeur aqueuse) par gonioscopie ;
• évaluation du champ visuel. Cet examen met en évidence le retentissement des lésions du nerf optique et sa progression. Le glaucome se caractérise en effet par une atteinte progressive et irréversible du champ visuel, d’abord périphérique et longtemps non perçue.
Qu’est-ce que l’OCT ?
L’OCT (Tomographie par Cohérence Optique) peut être utilisée dans le diagnostic et le suivi du glaucome à angle ouvert, surtout dans les formes précoces ou en cas de suspicion de glaucome, dans lesquelles les atteintes du champ visuel ne sont pas encore détectables. Il mesure par interférométrie l'épaisseur des fibres optiques à une distance fixe de la papille et dans la région maculaire. Il mesure aussi la taille de la papille et de l'excavation papillaire. La comparaison à une banque de données de patients permet de détecter une éventuelle anomalie. L'évaluation de la progression devient de plus en plus précise à mesure que progresse la qualité des appareils. C'est actuellement l'examen de structure de référence.




