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Article publié le 17/04/2018 à 12:02 | Lu 520 fois

Fin de vie : accompagner plutôt que convoquer la mort, Tribune libre des Chemins d'Espérance

Parce que chaque jour nous accompagnons plus de 1.700 personnes âgées dans les EHPAD de Chemins d’Espérance, nous ne pouvons rester silencieux dans le débat public qui s’ouvre au sujet de la fin de vie et qui malheureusement, une fois encore, se concentre trop exclusivement sur la question de la légalisation de l’euthanasie.


Fin de vie : accompagner plutôt que convoquer la mort, Tribune libre des Chemins d'Espérance
Dans chacun de nos établissements, professionnels soignants et non-soignants oeuvrent au quotidien pour faire de l’EHPAD un lieu de bienveillance, qui reconnait à chaque personne âgée souffrante ou désorientée sa place unique dans la société. Un endroit dans lequel chaque jour qui passe est un jour qui compte, un jour qui a du sens.
 
Nous nous engageons pour développer et renforcer l’accompagnement et les soins dans toutes leurs dimensions. Nous faisons du traitement de la douleur une priorité pour que le quotidien ne soit pas une épreuve. La douleur, la détresse, les souffrances ne sauraient être occultées, mais provoquer la mort ne doit jamais être une solution.
 
L’euthanasie est un abandon du soin, une abdication de voir en demain un jour des possibles, un renoncement au bien vivre en EHPAD. Elle est une réponse, strictement opposée à nos valeurs, à nos engagements et à nos missions.
 
Pour autant, le mal-mourir en France est un encore trop souvent une réalité et en ce sens nous souhaitons alimenter le débat sur la fin de vie de nos expériences, de nos difficultés, de nos réussites. L’investissement de nos professionnels et l’implication de chacun d’entre eux notamment dans les situations de fin de vie ne pourraient masquer un véritable manque de moyens.
 
C’est pourquoi, nous ne pouvons imaginer un débat sur la fin de vie qui ne tiendrait pas compte de nos préoccupations quotidiennes :
- Mener à bien la réforme du 5ème risque pour faire de la dépendance un coût porté par la solidarité nationale ;
- Ajuster les ratios d’encadrement et leur financement comme le préconise le récent rapport d’information de Monique Iborra commandé par la commission parlementaire des affaires sociales ;
- Faire de l’accès aux soins palliatifs en EHPAD une priorité dans le déploiement des Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM).
 
Paraphrasant Robert Badinter, pour qui la justice ne peut être une justice qui tue, nous souhaitons arguer avec vigueur que la médecine, ne peut être une médecine qui tue. Elle doit être une médecine qui soulage, une médecine qui accompagne sans abandonner, une médecine qui aide à vivre sa vie jusqu’au bout avec dignité.
 
C’est en tout cas l’idée que nous nous faisons de l’accompagnement de fin de vie et celle que nous déployons chaque jour au sein de chacun de nos établissements.