Femmes et hommes à la retraite : 803 euros d'écart avant la réversion
D'un côté, l'écart de retraite entre les femmes et les hommes se resserre d'une édition à l'autre. De l'autre, il se lit encore sur votre relevé de pension, mois après mois. Le service statistique des ministères sociaux a publié mercredi 14 octobre l'édition 2026 de son panorama « Les retraités et les retraites », qui photographie la situation de fin 2024. La moyenne générale sert de repère : 1 752 euros bruts par mois de pension de droit direct, celle que l'on se constitue par ses propres cotisations, soit 1 626 euros nets.
Or cette moyenne cache deux retraites. D'après les données de la Drees, une retraitée perçoit en moyenne 1 383 euros bruts de droit direct, un retraité 2 186 euros : soit 803 euros de différence chaque mois, un écart de 37 %. Une fois la pension de réversion ajoutée, la retraite moyenne des femmes monte à 1 668 euros et celle des hommes à 2 216 euros. L'écart tombe alors à 25 %, le chiffre que la plupart des titres ont retenu.
Or cette moyenne cache deux retraites. D'après les données de la Drees, une retraitée perçoit en moyenne 1 383 euros bruts de droit direct, un retraité 2 186 euros : soit 803 euros de différence chaque mois, un écart de 37 %. Une fois la pension de réversion ajoutée, la retraite moyenne des femmes monte à 1 668 euros et celle des hommes à 2 216 euros. L'écart tombe alors à 25 %, le chiffre que la plupart des titres ont retenu.
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Ce que la réversion rattrape vraiment
J'ai refait le calcul à partir de ces moyennes, et le résultat mérite d'être posé à plat. La réversion ajoute en moyenne 285 euros à la retraite des femmes, contre 30 euros à celle des hommes. Sur les 803 euros d'écart de départ, elle en efface 255, un peu moins du tiers, et il en reste 548 euros par mois. Le calcul est le nôtre, les montants sont ceux de la Drees.
Sauf que ce rattrapage moyen est réparti sur toutes les retraitées, alors que seule une partie d'entre elles en profite. Selon la Drees, 32 % des femmes retraitées de droit direct touchent une réversion, contre 7 % des hommes. Plus de deux retraitées sur trois ne touchent ainsi pas de réversion, et pour elles l'écart de 37 % reste entier. La réversion suppose un mariage et un décès : une femme pacsée, en concubinage ou dont le mari est en vie n'y a pas droit. Et vous, dans quelle colonne êtes-vous ?
Sauf que ce rattrapage moyen est réparti sur toutes les retraitées, alors que seule une partie d'entre elles en profite. Selon la Drees, 32 % des femmes retraitées de droit direct touchent une réversion, contre 7 % des hommes. Plus de deux retraitées sur trois ne touchent ainsi pas de réversion, et pour elles l'écart de 37 % reste entier. La réversion suppose un mariage et un décès : une femme pacsée, en concubinage ou dont le mari est en vie n'y a pas droit. Et vous, dans quelle colonne êtes-vous ?
Pourquoi l'écart se réduit depuis 2004
L'écart se réduit pourtant bel et bien. Il atteignait 50 % en 2004, rappelle la Drees. Les femmes qui arrivent à la retraite ces dernières années ont eu des carrières plus longues, plus qualifiées et plus souvent complètes que leurs aînées, avec l'appui des trimestres accordés pour les enfants. Nous en voyons le résultat dans chaque nouvelle génération de retraitées.
Le rapprochement vient aussi de l'autre côté. Les hommes perçoivent des pensions moins élevées qu'auparavant, car leurs carrières sont devenues plus hachées, avec davantage de périodes de chômage, constate le service statistique. Au sommet de l'échelle, en revanche, l'écart restait net dans les dernières données de la Drees sur ce point, qui portent sur la fin 2020 : 14 % des hommes touchaient alors plus de 3 000 euros par mois, contre 3 % des femmes.
Le rapprochement vient aussi de l'autre côté. Les hommes perçoivent des pensions moins élevées qu'auparavant, car leurs carrières sont devenues plus hachées, avec davantage de périodes de chômage, constate le service statistique. Au sommet de l'échelle, en revanche, l'écart restait net dans les dernières données de la Drees sur ce point, qui portent sur la fin 2020 : 14 % des hommes touchaient alors plus de 3 000 euros par mois, contre 3 % des femmes.
Votre réversion ne tombe pas toute seule
Si vous êtes veuve, c'est ici que se joue une partie de votre retraite. La réversion n'arrive pas d'elle-même sur votre compte : il faut la demander. Au régime général, elle représente 54 % de la retraite de base du défunt et s'ouvre à partir de 55 ans, à condition que vos ressources annuelles brutes restent sous 25 001,60 euros si vous vivez seule, ou 40 002,56 euros en couple. Les femmes divorcées y ont droit aussi : si leur ex-mari s'était remarié, la réversion est partagée entre les épouses au prorata de la durée de chaque mariage.
Le calendrier compte autant que les conditions. Comme le précise la fiche officielle de Service Public sur la réversion, le versement peut démarrer au premier jour du mois qui suit le décès si la demande est déposée dans l'année. Au-delà, il ne peut pas remonter avant la date du dépôt, et les mois perdus le restent. Une absence de réponse pendant plus de quatre mois vaut refus.
La démarche s'est simplifiée. Depuis votre compte sur le site Info retraite, une seule demande en ligne vaut pour tous les régimes de base et complémentaires où votre mari a cotisé. Le formulaire papier, lui, ne couvre que certains régimes de base : avec lui, l'Agirc-Arrco exige une demande à part, faute de quoi la réversion complémentaire n'est pas versée.
Le calendrier compte autant que les conditions. Comme le précise la fiche officielle de Service Public sur la réversion, le versement peut démarrer au premier jour du mois qui suit le décès si la demande est déposée dans l'année. Au-delà, il ne peut pas remonter avant la date du dépôt, et les mois perdus le restent. Une absence de réponse pendant plus de quatre mois vaut refus.
La démarche s'est simplifiée. Depuis votre compte sur le site Info retraite, une seule demande en ligne vaut pour tous les régimes de base et complémentaires où votre mari a cotisé. Le formulaire papier, lui, ne couvre que certains régimes de base : avec lui, l'Agirc-Arrco exige une demande à part, faute de quoi la réversion complémentaire n'est pas versée.
Après 67 ans, une majoration à chercher sur votre relevé
Un dernier droit mérite un coup d'œil. À partir de 67 ans, la réversion du régime général est majorée de 11,1 % si la somme de toutes vos pensions, retraites et réversions comprises, ne dépasse pas 3 020,07 euros par trimestre, indique Service Public. Rapporté au mois, ce plafond tourne autour de 1 007 euros. Prenons une veuve de 70 ans qui perçoit 700 euros de retraite et 250 euros de réversion, soit 950 euros par mois : elle reste sous ce plafond. Son relevé de paiement lui permet de vérifier que la majoration y figure.
D'ailleurs, la réversion a un plancher : 334,92 euros par mois si votre mari avait cotisé au moins quinze ans au régime général.
D'ailleurs, la réversion a un plancher : 334,92 euros par mois si votre mari avait cotisé au moins quinze ans au régime général.
Les nouvelles retraitées encore distancées
Qu'en est-il des femmes qui viennent de partir ? Les nouvelles retraitées de 2024 ne rattrapent pas encore les hommes partis la même année : selon la Drees, l'écart entre eux reste de 29 %, alors que la pension brute moyenne des nouveaux retraités s'établit à 1 637 euros. L'écart se referme, mais au rythme lent des générations. Pour une retraitée, le levier le plus immédiat ne se trouve pas dans les moyennes de la Drees : il tient dans une demande de réversion déposée à temps, et dans une ligne de majoration à chercher sur votre relevé.




