Exposition : "Le monde comme il va" à la Pinault Collection à Paris, vers le haut et vers le bas...

C’est en 2016 que François Pinault commence à investir ce bâtiment circulaire qui fut, entre autres, la Bourse de Commerce de Paris, pour en faire sa fondation parisienne. Alors, et en particulier depuis l’ouverture au public après travaux en 2021, il n’a cessé de nous étonner par l’exposition d’une partie de sa prestigieuse collection privée.


Cette fois, il nous propose une exposition multiple intitulée « Le monde comme il va », reprenant ainsi le titre d’un conte philosophique de Voltaire.
 
Ce choix n’est pas anodin, car le spectateur est amené ici, à contempler diverses œuvres qui nous interrogent sur l’état de notre monde, chacune à leur manière.
 
Tout commence au rez-de-chaussée où l’artiste sud-coréenne Kimsooja a eu l’idée d’habiller le sol de miroirs reflétant jusqu’à l’infini -c’est d’ailleurs son intention déclarée- le sommet de la coupole sous nos pieds précautionneusement emballés de légers chaussons.
 
Tout ce qui est en haut est alors en bas, rappelant avec bonheur les mots d’Hermès Trismégiste inscrits sur la Table d’Émeraude.
 
L’étonnement se poursuit à l’étage où, dans une partie intitulée « Œuvres in situ », se font face les deux immenses tapisseries de l’artiste polonaise Goshka Macuga intitulées « Of what is, that it is ; of what is not, that it is not », composées à partir de photos évoquant Kaboul et Kassel, les deux parties étaient d’ailleurs exposées séparément et respectivement dans l’autre ville lors de la création.
 
Ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas…
 
En accord avec l’artiste, les deux sont ici exposées dans le même lieu, alors que l’espace laissé vide entre les deux murs est parcouru par 13 dérangeants fauteuils roulants dynamoélectriques où sont assises d’énigmatiques statues de cire représentant 13 chefs d’états ou philosophes -à vous de découvrir leur identité- vaquant, les yeux mis clos ou grand ouverts, vers des buts incertains.
 
L’œuvre, créée par Sun Yuan et Peng Yu et nommée « Old People’s Home », avait déjà été exposée à la Conciergerie en 2013. 
 
Cherchez également le petit enfant à genoux de Maurizio Cattelan intitulé de manière énigmatique « Him », il en vaut bien le détour.
 
Au hasard de vos pérégrinations, entre autre surprise,  vous apercevrez les pigeons « Others » du même artiste, la souris dans son trou de Ryan Gander et le Vautour surveillant l’espace de son œil perçant.
 
Encore sous le choc vous redescendrez en vacillant un peu par le double escalier en hélice qu’empruntèrent jadis les meuniers avec leurs sacs de grain sur le dos, rappelant, si besoin était, que ce lieu fut au départ une Halle aux Blés…
 

Alex Kiev

Bourse de Commerce Pinault Collection
2, rue de Viarmes
75001 Paris

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 19h
jusqu’au 2 septembre 2024
image_1.png image.png  (5.54 Mo)

Publié le 06/05/2024 à 01:00 | Lu 1070 fois