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Article publié le 27/05/2021 à 01:00 | Lu 3205 fois

Covid-19 : quand les chiens détectent le virus !




Dans le cadre de l'étude Salicov AP-HP, l'évaluation de la technique de dépistage de la Covid-19 grâce aux capacités olfactives du chien donne des résultats très prometteurs. Une implémentation de cette approche diagnostique pourrait être envisagée en vue de cibler les personnes devant bénéficier d'un dépistage virologique et de faciliter le dépistage de masse du fait de la rapidité de réponse des chiens. Explications.


Jusqu’à maintenant, on se servait du flair des chiens pour détecter de la drogue ou des explosifs… Certes.
 
Mais depuis plus d’une vingtaine d’années, on sait aussi que le chien est capable de déceler grâce à son flair, certaines lésions cancéreuses (peau, poumon ou vessie) ou de dépister un cancer de la prostate dans l’urine du patient.
 
Sachant que l’odorat du chien dépasse bien souvent -en termes d’efficacité- les tests scientifiques ! Dans ce contexte, l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort a lancé il y a quelques semaines, une étude inédite par son ampleur à l'échelle internationale qui a été menée pour comparer deux méthodes de dépistage du Covid-19 : le fameux test RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé (test de référence que tout le monde connait) et test olfactif canin.
 
Ainsi, entre le 16 mars et le 9 avril 2021, 335 personnes venues se faire dépister à Paris ont été incluses dans cet essai ; des participants âgés de 35 ans en moyenne, 295 (88%) étaient âgés de plus de 18 ans et 170 (51%) étaient des femmes.
 
Pour le test olfactif canin, des échantillons de sueur axillaire (sous les bras) ont été recueillis via des compresses posées deux minutes sous les aisselles des personnes testées. Elles ont ensuite été enfermées dans des bocaux puis ont été reniflées par au moins deux chiens différents*. Ces derniers n'ont pas été en contact avec les volontaires.
 
Concrètement, les bocaux contenant les compresses ont été placés dans des « cônes d'olfaction » disposés en lignes afin que chaque chien puisse les renifler. Cette dernière nécessite une fraction de seconde par prélèvement et présente donc, outre le côté non invasif de l'examen, l'avantage de fournir un résultat instantané et un coût de mise en œuvre des plus limité. Cette détection était faite en aveugle du résultat de la RT-PCR nasopharyngée.
 
Sur 335 personnes testées, 109 sont positives en RT-PCR nasopharayngée (test de référence). La sensibilité du test olfactif canin est de 97% (Intervalle de confiance 95% : 92-99) et la spécificité de 91% (IdC95% : 87-95). Ces résultats confirment scientifiquement la capacité des chiens à détecter une signature olfactive de la Covid-19.
 
Cette étude est la première de ce type réalisée au niveau international et devrait ouvrir la voie à une utilisation élargie du chien de détection olfactive dans la lutte contre le virus dans la droite ligne des récents travaux conduits sous l'égide de l'Organisation Mondiale de la Santé. Une implémentation de cette approche diagnostique pourrait être envisagée en vue de cibler les personnes devant bénéficier d'un dépistage virologique et de faciliter le dépistage de masse du fait de la rapidité de réponse des chiens.
 
*Neuf chiens entrainés, des pompiers des Yvelines et de l'Oise, de EnvA, ou venus des émirats arabes unis, ont participé à l'étude.





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