Chiropraxie : deux décennies et une pratique désormais largement reconnue en France

L'année 2022 marque les vingt ans de reconnaissance légale de la chiropraxie en France, thérapie manuelle reconnue mondialement. À cette occasion, l’Association française de chiropraxie (AFC) a lancé sa première grande enquête* auprès de patients suivis par des chiropracteurs. En voici les grandes lignes à retenir.





La chiropraxie a connu ces dernières années une augmentation significative de sa visibilité et de sa popularité ; pour autant, les contours de la profession restent parfois flous pour ceux qui ne la connaissent pas ou peu.
 
En effet, la chiropraxie est une médecine manuelle connue d’un Français sur deux environ et seul un
Français sur cinq connaît précisément ce qu’elle traite.
 
Charlène Chéron, chiropracteur, revient sur une précédente enquête réalisée en 2017 : « alors que 7 Français sur 10 se plaignent de maux de dos et de douleurs articulaires, ils sont encore peu à avoir recours à la chiropraxie, soit 8%, mais la plupart qui connaissent cette thérapie manuelle estime qu’elle a un réel impact positif sur ces différentes affections ».
 
Et de poursuivre : « cette enquête nous avait révélé que ces douleurs ont un impact négatif notable sur le quotidien, notamment chez les actifs : la capacité à exercer une activité physique est impactée par les douleurs pour 48% des répondants. Les maux de dos et douleurs articulaires ont un impact significatif voire un fort impact sur la mobilité au quotidien pour 40% des répondants ».
 
Cette année, l'enquête réalisée par l’IFOP pour l’AFC met en avant le fort attrait des nouveaux patients, de plus en plus nombreux, et pour qui la première consultation permet souvent de dissiper les doutes et est souvent révélatrice.
 
Ainsi, les trois-quarts des répondants ont connu la chiropraxie grâce au bouche-à-oreille, loin devant Internet et les réseaux sociaux (12%) ou les professionnels de santé (12%). C’est une conséquence directe de la satisfaction des patients qui recommandent vivement la chiropraxie à leurs proches (9.3/10 en moyenne).
 
Le recours à la chiropraxie reste une pratique plutôt nouvelle pour une proportion non négligeable
de patients interrogés : un quart n’avait encore jamais consulté un chiropracteur et près de la moitié y a recours depuis moins de trois ans.
 
Toujours selon cette enquête, la chiropraxie jouirait d’une très bonne réputation auprès de ses patients mais aurait souvent besoin de faire ses preuves : en termes d’image de la profession, ils lui attribuent la note moyenne de 9,2/10 aujourd’hui contre 6,5/10 avant la première consultation.
 
Cette amélioration s’explique notamment par les résultats obtenus, les bienfaits (la moitié -51%- des patients interrogés) et certains d’entre eux reconnaissent (dans un quart des cas) que s’ils pouvaient avoir des préjugés sur la pratique, ils sont désormais conquis. A l’inverse, seul un petit pourcent des patients interrogés est ressorti de sa première consultation avec une image dégradée de la profession. C’est insignifiant.
 
Toujours selon cette étude, les chiropracteurs seraient souvent connus et reconnus du grand public pour leur expertise en termes de diagnostic et de prise en charge des troubles musculosquelettiques -les fameux TMS-, qui constituent l’essentiel des indications scientifiquement documentées.
 
Néanmoins, on observe grâce aux réponses à l’enquête, que les patients rapportent des bienfaits pour des motifs de consultation plus étendus. Ainsi, les motifs de consultation sont relativement variés. Toutefois, les patients se tournent vers un chiropracteur le plus souvent dans le cadre de douleurs au dos (lombalgie, dorsalgie...), ensuite pour des douleurs au niveau des membres inférieurs ou des cervicales, mais également pour des maux de tête.
 
Le stress ou l’anxiété apparaissent peu comme motifs de consultation en tant que tels (8%), les
patients l’identifiant plutôt comme principale cause de leurs douleurs (26% des cas).
 
Un large majorité (neuf personnes sur dix) déclare un impact important ou très important sur le soulagement de la douleur et 8.9/10 un mieux-être en général. Dans le cadre des soins apportés aux lombalgies, une revue systématique d’une ampleur inédite, publiée dans le BMJ en 2019 confirme l’efficacité des manipulations vertébrales dans la prise en charge de la lombalgie chronique.
 
Cette revue systématique relative aux bénéfices et risques des manipulations vertébrales dans le traitement des lombalgies chroniques dresse la synthèse de 47 essais contrôlés randomisés pour un total de plus de 9000 participants. Selon cette revue, la thérapie par manipulation vertébrale produit des effets comparables aux interventions recommandées pour la prise en charge des lombalgies (soins médicaux courants, physiothérapie…).
 
La chiropraxie semble à même d’apporter une réponse efficace aux symptômes en question. Très
peu de patients (moins de 2 sur 10) s’adressent à d’autres professionnels de santé (médecin généraliste, médecin spécialiste, kinésithérapeute) pour ces mêmes symptômes, après avoir débuté leur prise en charge chiropratique. En amont de leur prise en charge chiropratique, 7 sur 10 en moyenne avaient consulté 1 à 16 fois et plus ces professionnels de santé.
 
Un certain temps de latence précède la consultation. Si un tiers des patients interrogés consultent dans le mois suivant l’apparition des symptômes, près de quatre sur dix attendent plus de six mois. En ce qui concerne la fréquence des consultations chez le chiropracteur, les deux-tiers des patients voient
leur chiropracteur une à quatre fois par an.
 
Toujours selon cette enquête, la chiropraxie permettrait aussi la réduction de prise de médicaments : trois patients sur quatre déclarent ainsi prendre moins de médicaments grâce à la chiropraxie. Ce résultat est notamment corroboré dans une étude réalisée en 2022 intitulée Douleur de dos : l’approche chiropratique permet notamment de limiter l’utilisation des anti-inflammatoires, des infiltrations, de réduire les hospitalisations.
 
Cette étude réalisée dans un centre médical universitaire a comparé durant six mois les soins et les examens de patients souffrant de douleurs de dos, avec d’un côté 1.363 patients traités avec un protocole de « soins spécialisés pour les pathologies du rachis » réalisé par un chiropracteur, et d’un autre côté 1.329 patients traités par le parcours de soin « classique ».
 
Sur les six mois, il est constaté que : la consommation d’anti-inflammatoires (opioïdes), les hospitalisations, le nombre d’infiltrations, le nombre de consultations avec un spécialiste et le nombre d’imageries réalisées sont globalement diminués par deux pour les patients inclus dans le protocole de « soins spécialisés du rachis ».
 
Cette nouvelle étude confirme les conclusions de plusieurs études déjà parues sur le sujet et valorise une fois de plus l’approche chiropratique dans la prise en charge des douleurs de dos.
 
Conséquence de la forte satisfaction de la patientèle, celle-ci recommanderait vivement la chiropraxie à leurs proches (à hauteur de 9,3/10 en moyenne).
 
*Etude menée par l’IFOP pour l’association française de chiropraxie en 2022, auprès d’un échantillon de 1781 patients ayant récemment eu recours à la chiropraxie, interrogés à partir d’un fichier fourni par l'Association Française de Chiropraxie. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 19 avril au 2 mai 2022.

Article publié le 11/10/2022 à 04:22 | Lu 991 fois