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Article publié le 18/02/2020 à 01:00 | Lu 4644 fois

Améliorer la prise en charge des patients atteints d'une BPCO avec l'HAS




Méconnue, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) toucherait pourtant près de 3 millions de personnes en France. Elle est à l’origine d’un nombre élevé d’hospitalisations et de décès. Sa prise en charge, sur la base des travaux publiés ce jour par la HAS, fait partie des parcours de soins identifiés comme prioritaires dans le volet qualité et pertinence de la stratégie gouvernementale Ma santé 2022.


Avec pour principal facteur de risque le tabagisme (actif ou passif) et souvent associée à d’autres troubles ou maladies, la BPCO se caractérise par un rétrécissement progressif des bronches et leur obstruction permanente (non complètement réversible), entrainant une gêne respiratoire.

Sous-diagnostiquée, elle passe souvent inaperçue et se traduit, pour les patients, par des prescriptions inappropriées ou une prise en charge trop tardive.
 
C’est pourquoi la HAS et la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam), qui co-pilotent le volet d’amélioration de la qualité et de la pertinence des soins de Ma santé 2022, ont choisi de consacrer à la BPCO la structuration du premier des parcours consacrés à une dizaine de maladies chroniques, assortis d’indicateurs de qualité, avec l’implication de représentants des professionnels de santé et des patients.
 
Pour y contribuer, la HAS met à disposition 3 outils complémentaires qui, ensemble, répondent à l’objectif d’améliorer la prise en charge de ces patients, celle-ci pouvant nécessiter l’intervention croisée de différents professionnels et des passages successifs à l’hôpital.
 
Repérer tôt les patients à risque de BPCO…
Premier outil : le guide « Parcours de soins » dédié à l’organisation de la prise en charge des patients à risque ou ayant une BPCO, intégrant les dernières recommandations de bonne pratique disponibles et les travaux menés par la HAS¹.

Il décrit les points clefs du parcours (depuis la prévention de la maladie jusqu’à l’accompagnement du patient en fin de vie) et précise les mesures nécessaires d’amélioration lors d’une prise en charge pluriprofessionnelle.
 
Afin de bien suivre un patient atteint de BPCO tout au long de sa vie et d’éviter les ruptures de soins, notamment entre les secteurs libéral et hospitalier, le guide souligne l’importance de la coordination des professionnels et du partage d’informations, grâce notamment aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), aux équipes de soins primaires, à la messagerie sécurisée, au dossier médical partagé…
 
Pour faciliter le diagnostic précoce de la BPCO, il insiste également sur l’importance de poser systématiquement la question du tabagisme à tout nouveau patient, notamment aux femmes. Par ailleurs, une spirométrie avec test de réversibilité doit être réalisée pour poser le diagnostic de la maladie.
 
Le suivi et la prise en charge des patients comprend notamment le sevrage tabagique, la promotion de l’activité physique, la mise en place d’un traitement médicamenteux et la réadaptation respiratoire. En situation de fin de vie, une démarche d’accompagnement est mise en œuvre précocement. 
 
… améliorer la prise en charge du patient…
Deuxième outil, en accompagnement du guide : 10 messages courts adressés aux professionnels de santé visant à améliorer la pertinence de la prise en charge sur les points clefs spécifiques à la BPCO. Ces messages rappellent les traitements indispensables de la BPCO (sevrage tabagique, activité physique, bronchodilatateurs…), pointent les traitements inefficaces ou dangereux (corticoïdes inhalés seuls ou corticoïdes oraux au long cours) et soulignent l’importance du maniement adapté du dispositif d’inhalation.
 
… et outiller les professionnels pour évaluer la façon dont la prise en charge est assurée
Troisième outil : 9 indicateurs de qualité du parcours définis à partir des points clefs identifiés dans le parcours de soins, reflétant la qualité de la prise en charge ainsi que son évolution.

La méthodologie de définition de ces indicateurs de qualité du parcours a été guidée par la nécessité d’évaluer notamment la coordination entre tous les acteurs de soins et de l’accompagnement du patient dans son suivi, que ce soit en libéral ou en établissement de santé.
 
Détaillés dans un rapport, ces indicateurs cliniquement pertinents peuvent être calculés à partir du SNDS (Système national des données de santé) et sont en cours de validation.
 
Ces 3 outils seront complétés d’un document précisant comment recueillir et mesurer le point de vue des patients sur leur prise en charge.
 
Afin d’organiser le déploiement pratique du parcours BPCO sur le terrain, au plus près des organisations et des spécificités locales, la HAS et la Cnam travaillent en partenariat avec une région pilote, les Hauts-de-France, où le parcours BPCO est en cours de déclinaison.
 
En 2020, les autres maladies retenues dans le cadre de Ma santé 2022 qui font l’objet de travaux HAS/Cnam sont l’obésité, le syndrome coronarien chronique et la maladie rénale chronique.
 
¹ Notamment les travaux sur l’arrêt du tabac, sur la prescription de l’activité physique et sur la fin de vie, ainsi que l’avis de la commission de la transparence.

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