Alzheimer : le médicament Kinsula approuvé par la FDA aux Etats-Unis

Un nouveau traitement pour lutter contre Alzheimer a été approuvé par l’agence américaine du médicament, la fameuse FDA. Cette annonce vient trois semaines après l’avis unanime et favorable du comité consultatif de la FDA concernant l’approbation de ce traitement si cette pathologie est débutante.



Le 17 juillet 2023, le laboratoire pharmaceutique américain Eli Lilly publiait les résultats de son essai de phase 3 sur le Kisunla (donanemab) et montrait, non seulement une réduction de la charge amyloïde de 84% (c’est beaucoup), mais également, et c’est important, un ralentissement du déclin cognitif et fonctionnel de plus d’un 35%.
 
Avant d’aller plus loin, précisons que le Kisunla est une immunothérapie dont le mécanisme d’action a pour but de réduire la quantité de dépôts bêta-amyloïdes dans le cerveau, une lésion cérébrale caractéristique d’Alzheimer.
 
Toujours selon le laboratoire, ces résultats auraient été observés après 18 mois de traitement chez des malades atteints de troubles cognitifs légers ou d’un Alzheimer au stade débutant (de l’importance, encore une fois, de détecter la pathologie le plus tôt possible).
 
Par ailleurs, les chercheurs ont aussi démontré une réduction de 39% des risques de progresser vers le stade clinique suivant de la maladie. Autre point important : parmi les autres aspects positifs, on note que les patients qui avaient atteint un taux suffisamment bas de dépôts amyloïdes pouvaient arrêter le traitement !
 
Cependant, tout n’est pas « rose » non plus… Ainsi, il convient de souligner que ce médicament peut provoquer, dans de rares cas, des effets secondaires graves appelées ARIA. Il faut donc repérer les patients à risque de faire des hémorragies ou des œdèmes cérébraux et de les suivre tout au long du traitement. Des réactions allergiques des suites de la perfusion ainsi que des migraines ont également été rapportées.
 
En ce qui concerne le tarif de ce médicament, la laboratoire Lilly a indiqué que Kisunla sera vendu au prix 32.000 dollars (29.500 euros) pour une durée de traitement de 12 mois aux États-Unis, avec une couverture potentielle par le Medicare (l’assurance maladie américaine).

Récemment, le CNRS, conjointement avec l'Université Grenoble Alpes, a conduit une étude qui apporte plus qu'une lueur d'espoir dans le combat contre la maladie d'Alzheimer. Les neurobiologistes ont procédé à l'injection, chez des souris de laboratoire, d'une protéine mutée identifiée dans le patrimoine génétique des Islandais, un peuple qui semblent épargnés par le déclin cognitif. Après cette intervention, les rongeurs n'ont développé aucun symptôme de la maladie.
 
Pour rappel aujourd’hui, la maladie d’Alzheimer touche environ 1,1 million de personnes en France et impacte le quotidien de 2 millions d’aidants. Et compte-tenu du vieillissement de la population, les prévisions pour le futur sont alarmantes : on estime ainsi qu'il y a 250.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année et qu'il y aura 1,8 millions de victimes de la maladie en France d'ici 2050 (soit 7,8% de la population de plus de 65 ans).
 
Cette nouvelle arrive après l’approbation de l’autre immunothérapie anti-amyloïde (Leqembi) par la FDA et commercialisée dans certains pays (USA, Japon, Chine...). La décision de l'Europe (EMA) est encore en attente concernant ces deux traitements Kisunla et Leqembi.
 
« L’approbation de Kisunla par l’agence américaine du médicament (FDA) marque une nouvelle étape importante dans notre lutte continue contre la maladie d’Alzheimer. Ces progrès apportent un regain l’espoir à des millions de familles touchées par cette maladie dévastatrice » a déclaré pour l’occasion Maï Panchal, Directrice Générale et Scientifique de la Fondation Vaincre Alzheimer.
 
Et de préciser : « étant donné la complexité de cette maladie, ces traitements ne suffisent pas à arrêter la progression de la maladie, Il faut donc continuer ensemble à soutenir et défendre une recherche innovante, pour ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques et accélérer l’arrivée de nouveaux traitements. »
 
Soulignons qu’Alzheimer et les pathologies apparentées sont des maladies complexes et multifactorielles. Pour le moment, les médicaments ne permettent pas de stopper complètement l’évolution de ces pathologies….
 
D’autres traitements ciblant les autres mécanismes biologiques impliqués dans la maladie sont toujours en cours de développement et pourraient être utilisés en combinaison avec ces nouveaux traitements.
Publié le 08/07/2024 à 01:00 | Lu 1353 fois


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