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Article publié le 05/04/2019 à 04:01 | Lu 917 fois

Vente de médicaments sans ordonnance en grandes surfaces : le point avec l'UFC-Que Choisir

Alors que l’Autorité de la Concurrence vient de rendre son Avis sur la distribution des médicaments, l’UFC–Que Choisir se félicite du soutien réitéré à sa proposition de libéralisation encadrée de la vente de médicaments sans ordonnance. Sûre, source d’économies substantielles et sans effet négatif sur le maillage officinal, cette mesure doit maintenant être adoptée par les Sénateurs, qui vont prochainement examiner le projet de loi Santé.


Vente de médicaments sans ordonnance en grandes surfaces : le point avec l'UFC-Que Choisir
Des dépenses en progression constante qu’il convient de stopper
Les Français dépensent plus de 2 milliards d’euros par an en médicaments sans ordonnance (l’automédication). En France, et à la différence de la majorité des pays d’Europe de l’Ouest, ces médicaments, pourtant à prix libre, ne peuvent être vendus qu’en officine.
 
Une récente enquête en pharmacies de l’UFC–Que Choisir a mis en évidence les écarts injustifiés de prix entre officines pour un même médicament (de 2,99 euros à 9,10 euros pour une boîte d’Actifed Rhume, avec une économie possible de 4,50 euros entre deux pharmacies de la même ville). Le prix des médicaments non remboursables a augmenté de 29% en dix ans, deux fois plus vite que l’inflation.
 
Vente en grandes surfaces : un encadrement strict qui garantit la sécurité des usagers
Devant ces dysfonctionnements concurrentiels, l’Autorité réitère dans son avis sa demande d’une libéralisation encadrée de la vente des médicaments sans ordonnance, une mesure portée par l’UFC–Que Choisir depuis 2012.
 
Dans ce modèle, mis en œuvre avec succès en Italie et au Portugal, la vente des médicaments sans ordonnance est autorisée en parapharmacies et en grandes surfaces, dans des espaces dédiés à cet effet, et en présence impérative d’un pharmacien. Ainsi, la sécurité de dispensation est la même qu’en officine, mais cette nouvelle concurrence permet des baisses de prix, estimées par l’UFC–Que Choisir à 250 millions d’euros par an.
 
Les exemples étrangers ont par ailleurs montré que cette concurrence ravivée n’entraînait pas de hausse de la consommation de médicaments. Ainsi en Italie, depuis la libéralisation en 2006, la consommation a augmenté de 13%, contre 21% en France malgré le monopole.
 
Un maillage officinal du territoire préservé
Il est enfin à noter que cette mesure n’aurait aucune incidence négative sur le maillage officinal du territoire. Les études publiques récentes ont en effet montré que la situation financière des pharmacies françaises est bonne et en amélioration.
 
De plus, les pharmacies rurales sont aujourd’hui celles qui se portent le mieux (avec un excédent brut d’exploitation supérieur de 44% aux officines de Paris, Lyon ou Marseille) et qui sont le moins dépendantes financièrement de l’automédication.
 
La libéralisation encadrée n’entraînerait donc aucune fermeture d’officine. Au contraire, elle permettrait d’augmenter de 10% le nombre de points de distribution des médicaments sans ordonnance, avec des horaires de vente élargis.
 
L’UFC–Que Choisir appelle donc les Sénateurs à traduire dans la Loi les recommandations de l’Autorité de la Concurrence, en adoptant, dans le projet de loi Santé qui sera examiné au printemps, la libéralisation encadrée de l’automédication.

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