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Article publié le 09/07/2020 à 01:00 | Lu 1235 fois

Une vie d'écart : trois questions à Caroline Delage




Alors que Canal+ va programmer en septembre 2020, la série documentaire (4 épisodes) « Une vie d’écart » de Caroline Delage, revenons avec la productrice, sur le concept de cette émission qui s’est focalisée sur une expérience intergénérationnelle visant à mélanger enfants et personnes âgées dans un EHPAD.


Quelle est l’ambition d’Une vie d’écart ?
Caroline Delage : la prise en charge des anciens est l’un des plus grands défis de la France d’aujourd’hui. Encore plus avec la crise sanitaire que nous sommes en train de vivre. L’image des aînés et du "vieillir" a besoin d’être revalorisée. Le vivre ensemble réinventé.
 
C’est d’ailleurs l’une des priorités des pouvoirs publics : le gouvernement doit présenter d’ici la fin de l’année sa réforme du grand âge et de la dépendance.
 
Dans ce contexte, Une vie d’écart a pour ambition de proposer une solution efficace et non médicamenteuse à un enjeu majeur de notre société. De nombreuses études démontrent en effet que les contextes intergénérationnels augmentent les émotions positives, l’estime de soi, et la satisfaction de vie des personnes âgées. En plus d’un échange humain, ils ont des effets sur leurs conditions motrices et psychologiques.
 
Jamais dans le jugement, attachants et drôles, les petits représentent une stimulation qui permet aux aînés de retrouver des capacités qu’ils pensaient avoir perdues. Ce documentaire me tient tout particulièrement à cœur parce qu’il représente aussi un projet éducatif novateur : les plus petits profitent autant de cette rencontre que leurs aînés.
 
Souvent, un enfant sort apaisé d’un moment partagé avec un senior. Il gagne en concentration. Sa socialisation et son empathie sont encouragées.
 
En quoi l’expérience d’Une vie d’écart est-elle inédite ?
CD : l’intergénérationnel est au goût du jour. De plus en plus d’initiatives naissent, pour permettre le mélange des générations. Ce film a pour vocation d’en mettre une en lumière.
 
L’expérience que nous avons créée n’a jamais été menée de cette manière en France. Sa force et son originalité reposent sur sa durée, sa régularité, sur l’évaluation des personnages avant et après l’expérience, et sur l’âge des enfants.
 
Quatre ans est une phase particulièrement intéressante. Les enfants commencent tout juste à se sociabiliser. Ils gardent la spontanéité, la franchise et la fraîcheur des tout petits. Ils n’ont pas les codes sociaux ni les barrières des plus grands. Ils sont très tactiles.
 
Leur présence quotidienne fait souffler un vent de joie, d’humour, et de légèreté dans cet EHPAD.
 
Qu’aimeriez-vous que les téléspectateurs retiennent d’Une vie d’écart ?
CD : Cette émission se veut universelle et réconfortante. Chaque génération peut se projeter, s’identifier. J’espère avec ce film pouvoir soulever un débat, challenger les idées reçues. La série permettra aux plus jeunes et au grand public d’être en contact avec la vieillesse. Elle doit revenir au  cœur de nos sociétés !
 
Et si Une vie d’écart permet d’aider à changer le regard sur le grand âge, alors nous aurons réussi notre pari.