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Article publié le 03/06/2021 à 01:00 | Lu 1066 fois

Un tour chez ma fille : entretien avec Josiane Balasko




Le dernier film d’Eric Lavaine, Un tour chez ma fille, avec Josiane Balasko, Mathilde Seigner et Jérôme Commandeur sortira dans les salles obscures le 16 juin prochain. L’histoire ? Celle de Jacqueline, qui se voit contrainte d’aller habiter chez sa fille quelques jours pendant que son appartement est en travaux… Mais ces « quelques jours » vont se transformer en « quelques mois » et Jacqueline va vite sentir chez elle ! Entretien avec la comédienne Josiane Balasko.


Copyright David Koskas / Netflix
Comment avez-vous accueilli la nouvelle d’une suite à Retour chez ma mère ?
Depuis la fin du premier opus, Éric avait envie de retrouver cette famille, sans savoir encore ce qu’il comptait faire de la mère intrusive que j’incarne. Quand il m’a dit qu’il tenait le sujet, j’étais contente car on allait reconstituer la famille autour de Jacqueline, même si le personnage d’Alexandra Lamy, l’autre fille de Jacqueline, est partie au Brésil pour s’y installer comme architecte.
 
Qu’avez-vous pensé du scénario ?
Je l’ai trouvé très drôle parce qu’il fonctionne beaucoup sur les malentendus, enchaînant quiproquos sur quiproquos. Jacqueline ne vit pas dans le même monde que ses enfants et est un peu à côté de la plaque, même si elle a une vie sentimentale et sexuelle, ce qui ne manque pas de prêter à confusion dans ses rapports avec son gendre.
 
Où en est Jacqueline quand on la retrouve cinq ans après le premier opus ?
Elle va s’installer avec son ancien voisin du dessus, avec qui elle a officialisé sa relation. Du coup, elle est en pleins travaux, et à l’inverse du premier opus où sa fille revenait chez elle, elle se voit obligée de s’installer chez ses enfants qui ne sont pas forcément emballés… Et qui tirent à la courte paille pour savoir qui va l’héberger ! Elle finit par s’installer chez Carole au grand dam de son gendre qui ne comprend rien à cette femme.
 
En quoi a-t-elle évolué ?
Je pense qu’elle est moins naïve, plus libre, qu’elle se prend davantage en mains, même si elle fait des choix qui embêtent tout le monde et qu’elle commet d’énormes bourdes. Mais dans l’ensemble, elle s’affirme beaucoup plus.
 
Quels sont ses rapports avec Carole ?
Carole s’est toujours sentie la moins aimée, surtout par rapport à Stéphanie (Alexandra Lamy) qui est la chouchoute. Elle essaie de se montrer bienveillante, d’autant que sa mère lui en fait voir de toutes les couleurs, même si celle-ci agit sans méchanceté. Du coup, Carole prend constamment sur elle pour que tout se passe bien, même si les rapports entre sa mère et elle dérapent parfois.
 
Et avec son fils ?
Elle est assez fine avec lui : quand elle s’aperçoit qu’il a un sérieux problème de couple, elle tente de lui faire comprendre qu’il n’a pas forcément choisi la bonne voie. Elle est assez compréhensive, elle ne le juge pas. Ce n’est d’ailleurs pas quelqu’un qui juge ses enfants.
 
C’est la troisième fois que vous campez la mère de Mathilde Seigner.
Nous sommes abonnées aux rôles de mère et fille ! J’ai joué sa maman –pas très sympa– dans Maman d’Alexandra Leclère où on s’envoyait des gifles, et deux autres fois dans les films d’Éric Lavaine. Cela commence à créer des liens !
 
Comment avez-vous vécu l’arrivée de Line Renaud sur le tournage sous les traits de votre propre mère ?
C’était formidable ! J’ai 70 ans et je donne rarement la réplique à ma mère à l’écran ! (rires) Line est arrivée avec son énergie et elle a tout de suite été dans le jeu, et dans le rire. Et elle joue très bien ce rôle : on comprend que Jacqueline, qui a toujours l’impression d’avoir raison même quand elle a tort,
redevienne une petite fille de 12 ans devant sa mère.
 
Vos rapports avec Jérôme Commandeur sont irrésistibles…
Alain, interprété par Jérôme Commandeur, est une victime impuissante  : il assiste aux événements sous son propre toit, et grâce aux liens qu’il noue malgré tout avec mon personnage, va se créer une succession de malentendus. Dans ce nouvel opus, Alain est moins gaffeur et ses rapports avec sa femme se sont améliorés.
 
Il arrive à mieux exprimer ses problèmes mais il peut être très rasoir quand il se met à parler de son travail. Jérôme et moi ne tournions ensemble que des scènes de quiproquos, et donc on avait naturellement l’œil qui frise. Comme lorsqu’il pense que je suis échangiste alors que je parle du troc pour une œuvre !
 
Vous formez un couple crédible avec Didier Flamand.
On a des rapports super cordiaux. Dès le premier film, on cherchait un fiancé secret, planqué dans le placard depuis trente ans, et il se trouve que Didier était mon camarade de cours de théâtre et qu’on se connaît depuis nos 20 ans. C’était donc très facile de jouer avec quelqu’un avec qui je suis complice depuis aussi longtemps.
 
La complicité avec Éric Lavaine permet-elle de gagner du temps sur le plateau ?
On gagne du temps et on est en confiance parce qu’on n’a pas peur d’être mauvais. Éric se moque – gentiment – de nous quand on n’est pas bons, et nous pousse parfois dans nos retranchements. Comme lorsqu’il m’a demandé de chanter à tue-tête du Dave et que je chantais faux ! (rires)
 
On avait un rythme soutenu, mais on avait la chance de travailler dans un superbe endroit, et l’atmosphère était harmonieuse sur le plateau. Éric a un humour très fin, et même si quelqu’un n’avait pas le moral, tout le monde riait, ce qui était bon pour la comédie.