Tokyo Detective de Jake Adelstein : pour ceux qui ont aimé Tokyo Vice...

Après avoir absorbé les 1.400 pages de L’Histoire du Japon dirigé par Francine Hérail aux Editions Hermann, la dernière parution de Jake Adelstein est une bouffée d’air frais.





En regard de ce pavé indigeste et redondant, les enquêtes du journaliste américain vivant au Japon sont une véritable plongée dans la vie sociale nippone. Il nous éclaire sur la brutalité de certains milieux et surtout, sur la corruption des hommes politiques japonais et cela, au plus haut niveau.
 
Sous cet aspect « propre sur lui », le Japon cache une noirceur à rendre jalouses les mafias du monde entier.
 
Ici, il n’est pas question des « Trésor National Vivant », les fameux Ningen Kokuho, qui sont les maîtres de la céramique, de la laque ou du travail du métal. Non, ce que l’auteur nous fait découvrir de nouveau, c’est le Japon du quotidien avec ses petits bars, son formalisme ancestral alors que l’on traite avec des voyous et surtout, la xénophobie latente envers les Coréens.
 
Le monde tentaculaire des yakusas nous saute à la figure alors que l’on rêve sous les cerisiers en fleurs et que l’on prend des Shinkansen toujours à l’heure et servi par un personnel toujours impeccable.
 
Nous traversons la crise de Fukushima et la découverte des mensonges des divers responsables de la centrale. Une catastrophe qui ne freine pas Jake Edelstein dans sa volonté de réduire la capacité de nuisance des Yakusas.
 
On découvre surtout qu’à chacun de nos séjours au Japon, on a forcément contribué d’une manière indirecte à la fortune des maîtres du crime japonais. Une fois de plus, Jake Edelstein nous fait voyager dans un Japon qui est loin de l’image parfois trop lisse que l’on peut s’en faire.
 
Journaliste d’investigation ou enquêteur privé, la frontière est parfois invisible.
 


Joël Chassaing-Cuvillier
 
Tokyo Detective de Jake Adelstein aux Editions Marchialy, 400 pages, 23€.

Article publié le 28/03/2023 à 01:00 | Lu 4597 fois