Robin Sykes a-t-il eu du mal à vous convaincre d'entrer dans la peau d'un sexygénaire ?
Pas vraiment. J'étais enchanté par notre collaboration sur La finale. Roland était un beau personnage, avec ses contradictions, son humanité, tout ce qui correspond à la sensibilité de Robin. J'ai retrouvé dans l'écriture de Sexygénaires ce mélange de drôlerie, de mélancolie et de tendresse.
L'univers du mannequinat senior est plutôt incroyable, c'est un beau matériau de comédie. Quand il y a du fond et des bêtises, ça me convient parfaitement !
Avec Robin et Patrick Timsit, on a pas mal discuté et affiné le scénario pour être dans la vérité des sexagénaires. En une génération, leurs enjeux de vie, leurs doutes et leurs angoisses ont évolué. Ils n'ont plus la même image auprès des jeunes, de leur famille et de la société. C'est ce que montre très joliment le film.
La comédie qui traite avec légèreté de sujets plus profonds vous correspond-elle davantage aujourd'hui ?
J'aime tous les genres, du moment qu'ils soient bien traités. Ce que je préfère, ce sont les films qui reflètent la vie. Il est rare qu'elle soit uniforme, tout le temps gaie ou tout le temps abominable.
Il nous arrive de rire à des enterrements, de raconter des conneries aux moments les plus dramatiques : c'est ce mélange détonant qui m'attire au cinéma.
Robin a un talent pour cet entre-deux, même si en tant que réalisateur, il se méfie beaucoup du comique. Il n'aime pas l'accumulation de vannes, il a cette retenue dans l'humour qui donne un ton très particulier à ses films.
Il y a une jubilation évidente à former de nouveau un tandem avec Patrick Timsit !
Plus que des retrouvailles, c'est une histoire qui continue entre Patrick et moi. On a tourné pas mal de films ensemble depuis Un Indien dans la ville, L’Américain, Le Prince du Pacifique, Alors on danse... et on est ami de longue date.
La perspective de jouer en duo était vraiment sympa. Dans le film, Michel est le plus sérieux des deux, c'est le clown blanc. Denis, lui, est à mourir de rire rien que dans la manière de s'habiller. Il continue à mentir, à faire ses petites embrouilles, mais contrairement à Michel, il n'assume pas du tout le fait de devenir grand-père !
Je trouve très touchante cette amitié entre deux hommes aussi différents, qui traverse les années. Patrick et moi, on n'est pas très loin de ces deux personnages, dans le tempérament et dans l'énergie. Robin a bien cerné nos personnalités.
Avez-vous cherché avec Patrick Timsit à accentuer la drôlerie de certaines scènes ?
C'est dans notre nature à tous les deux ! Mais c'est Robin qui est le chef d'orchestre, nous sommes les instruments au service de son film. Avec Patrick, on a peaufiné notre partition depuis longtemps : on se connaît tellement que l'on retrouve facilement notre dynamique. C'est comme avec mes amis du Splendid : tout est spontané, plus besoin de se caler.
Qu'avez-vous découvert sur le milieu du mannequinat senior ?
Lors du casting, j'ai discuté avec des mannequins. En général, ils n'ont jamais posé auparavant, ils ont été castés dans la rue. L'un d'eux était même SDF : il a une super gueule, des tatouages partout et il est devenu une star.
La vieillesse des baby-boomers est devenue un énorme marché. Les grandes sociétés qui se partagent le gâteau ont même racheté toutes les pompes funèbres. Dans le film, Michel devient mannequin pour les activités et les produits de prestige alors que Denis reste cantonné au monte-escalier électrique.
Cette hiérarchie existe dans la réalité mais ces hommes et ces femmes ont de la bouteille, ils n'ont pas la grosse tête. Ce n'est plus le rêve d'une vie, contrairement aux jeunes qui se lancent dans ce métier où les élus sont rares.
Est-ce qu'on vous a déjà sollicité ?
Jamais. Ils prennent des inconnus pour faciliter l'identification. Hormis ceux et celles qui deviennent des stars, personne ne connaît le nom de ces mannequins. Comme j'ai fait pas mal de pubs et que je suis connu, il y a peu de chances qu'on me fasse des propositions !
Êtes-vous d'accord avec Robin Sykes qui vous dépeint comme un acteur instinctif ?
Il a raison. Je lis mon texte une à deux fois par jour, pendant deux mois, et je le laisse infuser. Est-ce que j'ai travaillé ? Mon cerveau, mon inconscient, oui. Je ne suis pas du genre à jeter un vague coup d’oeil au scénario avant de débouler sur le plateau. Être instinctif sans avoir bossé, c'est jouer avec des clichés.
La première intuition que l'on a en découvrant un scénario est rarement la bonne. Je ne suis pas non plus de ceux qui se lancent dans une construction intellectuelle autour d'un personnage. Sur-analyser, c'est passer à côté de la vérité d'un rôle, prendre trop de distance. J'essaye, organiquement, que les motivations du personnage se dessinent scène après scène.
Pas vraiment. J'étais enchanté par notre collaboration sur La finale. Roland était un beau personnage, avec ses contradictions, son humanité, tout ce qui correspond à la sensibilité de Robin. J'ai retrouvé dans l'écriture de Sexygénaires ce mélange de drôlerie, de mélancolie et de tendresse.
L'univers du mannequinat senior est plutôt incroyable, c'est un beau matériau de comédie. Quand il y a du fond et des bêtises, ça me convient parfaitement !
Avec Robin et Patrick Timsit, on a pas mal discuté et affiné le scénario pour être dans la vérité des sexagénaires. En une génération, leurs enjeux de vie, leurs doutes et leurs angoisses ont évolué. Ils n'ont plus la même image auprès des jeunes, de leur famille et de la société. C'est ce que montre très joliment le film.
La comédie qui traite avec légèreté de sujets plus profonds vous correspond-elle davantage aujourd'hui ?
J'aime tous les genres, du moment qu'ils soient bien traités. Ce que je préfère, ce sont les films qui reflètent la vie. Il est rare qu'elle soit uniforme, tout le temps gaie ou tout le temps abominable.
Il nous arrive de rire à des enterrements, de raconter des conneries aux moments les plus dramatiques : c'est ce mélange détonant qui m'attire au cinéma.
Robin a un talent pour cet entre-deux, même si en tant que réalisateur, il se méfie beaucoup du comique. Il n'aime pas l'accumulation de vannes, il a cette retenue dans l'humour qui donne un ton très particulier à ses films.
Il y a une jubilation évidente à former de nouveau un tandem avec Patrick Timsit !
Plus que des retrouvailles, c'est une histoire qui continue entre Patrick et moi. On a tourné pas mal de films ensemble depuis Un Indien dans la ville, L’Américain, Le Prince du Pacifique, Alors on danse... et on est ami de longue date.
La perspective de jouer en duo était vraiment sympa. Dans le film, Michel est le plus sérieux des deux, c'est le clown blanc. Denis, lui, est à mourir de rire rien que dans la manière de s'habiller. Il continue à mentir, à faire ses petites embrouilles, mais contrairement à Michel, il n'assume pas du tout le fait de devenir grand-père !
Je trouve très touchante cette amitié entre deux hommes aussi différents, qui traverse les années. Patrick et moi, on n'est pas très loin de ces deux personnages, dans le tempérament et dans l'énergie. Robin a bien cerné nos personnalités.
Avez-vous cherché avec Patrick Timsit à accentuer la drôlerie de certaines scènes ?
C'est dans notre nature à tous les deux ! Mais c'est Robin qui est le chef d'orchestre, nous sommes les instruments au service de son film. Avec Patrick, on a peaufiné notre partition depuis longtemps : on se connaît tellement que l'on retrouve facilement notre dynamique. C'est comme avec mes amis du Splendid : tout est spontané, plus besoin de se caler.
Qu'avez-vous découvert sur le milieu du mannequinat senior ?
Lors du casting, j'ai discuté avec des mannequins. En général, ils n'ont jamais posé auparavant, ils ont été castés dans la rue. L'un d'eux était même SDF : il a une super gueule, des tatouages partout et il est devenu une star.
La vieillesse des baby-boomers est devenue un énorme marché. Les grandes sociétés qui se partagent le gâteau ont même racheté toutes les pompes funèbres. Dans le film, Michel devient mannequin pour les activités et les produits de prestige alors que Denis reste cantonné au monte-escalier électrique.
Cette hiérarchie existe dans la réalité mais ces hommes et ces femmes ont de la bouteille, ils n'ont pas la grosse tête. Ce n'est plus le rêve d'une vie, contrairement aux jeunes qui se lancent dans ce métier où les élus sont rares.
Est-ce qu'on vous a déjà sollicité ?
Jamais. Ils prennent des inconnus pour faciliter l'identification. Hormis ceux et celles qui deviennent des stars, personne ne connaît le nom de ces mannequins. Comme j'ai fait pas mal de pubs et que je suis connu, il y a peu de chances qu'on me fasse des propositions !
Êtes-vous d'accord avec Robin Sykes qui vous dépeint comme un acteur instinctif ?
Il a raison. Je lis mon texte une à deux fois par jour, pendant deux mois, et je le laisse infuser. Est-ce que j'ai travaillé ? Mon cerveau, mon inconscient, oui. Je ne suis pas du genre à jeter un vague coup d’oeil au scénario avant de débouler sur le plateau. Être instinctif sans avoir bossé, c'est jouer avec des clichés.
La première intuition que l'on a en découvrant un scénario est rarement la bonne. Je ne suis pas non plus de ceux qui se lancent dans une construction intellectuelle autour d'un personnage. Sur-analyser, c'est passer à côté de la vérité d'un rôle, prendre trop de distance. J'essaye, organiquement, que les motivations du personnage se dessinent scène après scène.
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