Est-ce l’écriture de Robin Sykes, les retrouvailles avec Thierry Lhermitte ou le fait de jouer un mannequin senior qui vous a décidé à faire le film ?
Le scénario, c’est toujours le scénario. Avec Thierry, on est très ami, on peut dîner ensemble quand on veut, pas besoin de prétexte pour se voir !
Robin, j’ai eu un grand plaisir à découvrir l’homme et le cinéaste, mais c’est la manière dont il parle de cette bascule à 60 ans que je connais si bien qui m’a convaincu.
Peu de films traitent du passage à la retraite, des interrogations et des angoisses que ça suscite, alors que le sujet occupe aujourd’hui tous les débats. L’important est de pouvoir choisir la manière dont on veut vieillir. Cette question est très présente dans le film.
Michel s’accroche à son hôtel, il ne peut pas envisager de le perdre, par orgueil et par fidélité envers son équipe. Denis, lui, est lancé dans une course folle, contre le temps qui passe : il ne prend pas le temps de réfléchir, il s’interdit même de le faire.
Robin Sykes n’imaginait pas faire le film sans vous. Il tenait à retrouver le Patrick Timsit qui l’avait fait rire au cinéma...
À l’époque où j’ai lu son scénario, j’étais débordé, je naviguais entre plusieurs tournages, d’autres projets de films, mon one-man-show. Je ne voulais pas qu’il mette son film en danger mais il s’est obstiné. Il m’a attendu, ce qui est à la fois complètement fou et séduisant.
On a beaucoup échangé sur le scénario afin de bien saisir ses intentions, de comprendre en quoi le sujet des sexagénaires le touchait. Robin porte un regard très touchant sur ces deux hommes qui sont à un tournant de leur vie.
Thierry m’avait beaucoup parlé de Robin suite au tournage de La finale. Il ne voulait pas que je passe à côté d’un cinéaste comme lui. Outre sa détermination dans le choix de ses acteurs, Robin met l’humain au centre de son écriture, ce qui est extrêmement rare.
Je me suis de plus en plus attaché à lui, à son envie de faire un film qui lui ressemble. On s’est bien trouvé tous les trois : on partage des valeurs qui nous ressemblent et on sait pourquoi on fait ce métier.
Sexygénaires met en scène une amitié au long cours, au-delà des différences. Pour Thierry Lhermitte, Michel est le clown blanc, Denis est celui qui suscite le rire...
L’humour naît de leur interaction. Sans Michel, Denis ne serait pas aussi drôle. Je joue en quelque sorte l’Auguste et notre tandem a des points communs avec celui d’Un Indien dans la ville. Dans Sexygénaires, le lien entre Michel et Denis est aussi fort : c’est un film sur l’amitié indéfectible.
Seul Michel peut supporter un gars comme Denis ! On a tous un ami comme lui, en tous cas moi j’en ai un : autour de soi, personne ne comprend pourquoi vous vous êtes entiché de ce genre de mec mais il y a une vraie affection, un amour même. Le film montre à quel point Michel a un grand coeur et sauve Denis, malgré tous ses mensonges et ses embrouilles...
N’est-ce pas aussi le cas de Denis qui tente de réparer ses erreurs en trouvant du boulot à Michel ?
C’est très juste, ils se sauvent l’un l’autre. Denis n’a peut être pas la générosité de Michel, il est centré sur lui-même, mais c’est un personnage très attachant. On comprend qu’il ne veut pas vieillir : il continue à s’habiller djeun et décide d’ignorer le temps qui passe.
Il y a des documentaires et des études très sérieuses qui montrent que ce genre de déni permet de vivre mieux et plus longtemps. Denis fait ses petits arrangements avec l’âge et c’est sur ce trait de caractère que la comédie fonctionne.
À l’exubérance de Denis répond la retenue de Michel qui s’exprime peu...
Ce qui rejoint beaucoup l’homme de valeurs qu’est Thierry, sa personnalité pudique et la mienne, plus volubile. Mais il ne faut pas me confondre avec cet escroc qu’est Denis : j’ai son énergie mais je l’utilise à d’autres fins !
Ce qui est touchant, c’est de voir à quel point Michel a évolué, il a monté une entreprise, il a gagné en expérience et maturité. Denis vit toujours comme un adolescent, il est prêt à partager une coloc’ et à sortir boire des verres toute la nuit. Le scénario de Robin est suffisamment subtil pour éviter la caricature.
Michel n’est pas non plus un saint : il est obsédé par son boulot et vis-à-vis de ses enfants, il a un comportement parfois égoïste, il passe à côté des gestes affectifs, de ce qui est une part essentielle de la vie de famille...
Denis communique davantage avec sa fille. Elle en a un peu marre de l’héberger, mais elle est là pour lui, sans doute parce qu’elle a été éduquée avec un sens de l’entraide. Robin montre la complexité de ces personnages avec beaucoup d’humanité et de tendresse. (…).
Dans Sexygénaires, le milieu du mannequinat senior est assez incroyable, très original, on n’avait jamais joué ça. Croyez-moi, Thierry ne m’avait encore jamais vu parader dans un monte-escalier !
Le film montre la soixantaine de manière tonique, positive, alors que le cinéma représente souvent la vieillesse de manière amère, tragique...
Et ça fait beaucoup de bien ! J’aime la manière dont Robin a orchestré certaines scènes reposant sur des quiproquos qui pourraient être grotesques mais qui suscitent l’émotion. Notamment, celle où Michel croit que Denis pleure la perte de leur ami alors qu’il se lamente à l’idée de devenir grand-père.
C’est aussi ça, la vie. Quand vous devez jouer ces moments-là, pas besoin d’artifices : l’émotion monte facilement, voire les larmes, et ce serait trop. La scène n’était pas dans cet esprit-là et Robin a eu la pudeur de l’arrêter au bon moment.
Le film reflète la sensibilité de son réalisateur : la légèreté a du fond. C’est ce qui m’a enthousiasmé au départ et surpris à l’arrivée. J’avais pourtant lu et relu le scénario, je l’avais joué prise après prise, il n’empêche que j’ai été cueilli en voyant le film achevé. Faire rire ou sourire sans jamais lâcher son propos, c’est exactement ce que j’espère accomplir au cinéma et à travers mes spectacles.
Le scénario, c’est toujours le scénario. Avec Thierry, on est très ami, on peut dîner ensemble quand on veut, pas besoin de prétexte pour se voir !
Robin, j’ai eu un grand plaisir à découvrir l’homme et le cinéaste, mais c’est la manière dont il parle de cette bascule à 60 ans que je connais si bien qui m’a convaincu.
Peu de films traitent du passage à la retraite, des interrogations et des angoisses que ça suscite, alors que le sujet occupe aujourd’hui tous les débats. L’important est de pouvoir choisir la manière dont on veut vieillir. Cette question est très présente dans le film.
Michel s’accroche à son hôtel, il ne peut pas envisager de le perdre, par orgueil et par fidélité envers son équipe. Denis, lui, est lancé dans une course folle, contre le temps qui passe : il ne prend pas le temps de réfléchir, il s’interdit même de le faire.
Robin Sykes n’imaginait pas faire le film sans vous. Il tenait à retrouver le Patrick Timsit qui l’avait fait rire au cinéma...
À l’époque où j’ai lu son scénario, j’étais débordé, je naviguais entre plusieurs tournages, d’autres projets de films, mon one-man-show. Je ne voulais pas qu’il mette son film en danger mais il s’est obstiné. Il m’a attendu, ce qui est à la fois complètement fou et séduisant.
On a beaucoup échangé sur le scénario afin de bien saisir ses intentions, de comprendre en quoi le sujet des sexagénaires le touchait. Robin porte un regard très touchant sur ces deux hommes qui sont à un tournant de leur vie.
Thierry m’avait beaucoup parlé de Robin suite au tournage de La finale. Il ne voulait pas que je passe à côté d’un cinéaste comme lui. Outre sa détermination dans le choix de ses acteurs, Robin met l’humain au centre de son écriture, ce qui est extrêmement rare.
Je me suis de plus en plus attaché à lui, à son envie de faire un film qui lui ressemble. On s’est bien trouvé tous les trois : on partage des valeurs qui nous ressemblent et on sait pourquoi on fait ce métier.
Sexygénaires met en scène une amitié au long cours, au-delà des différences. Pour Thierry Lhermitte, Michel est le clown blanc, Denis est celui qui suscite le rire...
L’humour naît de leur interaction. Sans Michel, Denis ne serait pas aussi drôle. Je joue en quelque sorte l’Auguste et notre tandem a des points communs avec celui d’Un Indien dans la ville. Dans Sexygénaires, le lien entre Michel et Denis est aussi fort : c’est un film sur l’amitié indéfectible.
Seul Michel peut supporter un gars comme Denis ! On a tous un ami comme lui, en tous cas moi j’en ai un : autour de soi, personne ne comprend pourquoi vous vous êtes entiché de ce genre de mec mais il y a une vraie affection, un amour même. Le film montre à quel point Michel a un grand coeur et sauve Denis, malgré tous ses mensonges et ses embrouilles...
N’est-ce pas aussi le cas de Denis qui tente de réparer ses erreurs en trouvant du boulot à Michel ?
C’est très juste, ils se sauvent l’un l’autre. Denis n’a peut être pas la générosité de Michel, il est centré sur lui-même, mais c’est un personnage très attachant. On comprend qu’il ne veut pas vieillir : il continue à s’habiller djeun et décide d’ignorer le temps qui passe.
Il y a des documentaires et des études très sérieuses qui montrent que ce genre de déni permet de vivre mieux et plus longtemps. Denis fait ses petits arrangements avec l’âge et c’est sur ce trait de caractère que la comédie fonctionne.
À l’exubérance de Denis répond la retenue de Michel qui s’exprime peu...
Ce qui rejoint beaucoup l’homme de valeurs qu’est Thierry, sa personnalité pudique et la mienne, plus volubile. Mais il ne faut pas me confondre avec cet escroc qu’est Denis : j’ai son énergie mais je l’utilise à d’autres fins !
Ce qui est touchant, c’est de voir à quel point Michel a évolué, il a monté une entreprise, il a gagné en expérience et maturité. Denis vit toujours comme un adolescent, il est prêt à partager une coloc’ et à sortir boire des verres toute la nuit. Le scénario de Robin est suffisamment subtil pour éviter la caricature.
Michel n’est pas non plus un saint : il est obsédé par son boulot et vis-à-vis de ses enfants, il a un comportement parfois égoïste, il passe à côté des gestes affectifs, de ce qui est une part essentielle de la vie de famille...
Denis communique davantage avec sa fille. Elle en a un peu marre de l’héberger, mais elle est là pour lui, sans doute parce qu’elle a été éduquée avec un sens de l’entraide. Robin montre la complexité de ces personnages avec beaucoup d’humanité et de tendresse. (…).
Dans Sexygénaires, le milieu du mannequinat senior est assez incroyable, très original, on n’avait jamais joué ça. Croyez-moi, Thierry ne m’avait encore jamais vu parader dans un monte-escalier !
Le film montre la soixantaine de manière tonique, positive, alors que le cinéma représente souvent la vieillesse de manière amère, tragique...
Et ça fait beaucoup de bien ! J’aime la manière dont Robin a orchestré certaines scènes reposant sur des quiproquos qui pourraient être grotesques mais qui suscitent l’émotion. Notamment, celle où Michel croit que Denis pleure la perte de leur ami alors qu’il se lamente à l’idée de devenir grand-père.
C’est aussi ça, la vie. Quand vous devez jouer ces moments-là, pas besoin d’artifices : l’émotion monte facilement, voire les larmes, et ce serait trop. La scène n’était pas dans cet esprit-là et Robin a eu la pudeur de l’arrêter au bon moment.
Le film reflète la sensibilité de son réalisateur : la légèreté a du fond. C’est ce qui m’a enthousiasmé au départ et surpris à l’arrivée. J’avais pourtant lu et relu le scénario, je l’avais joué prise après prise, il n’empêche que j’ai été cueilli en voyant le film achevé. Faire rire ou sourire sans jamais lâcher son propos, c’est exactement ce que j’espère accomplir au cinéma et à travers mes spectacles.


