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Article publié le 28/07/2020 à 01:36 | Lu 1474 fois

Seniors et cancer de la prostate : quels sont les traitements ?




Lorsqu’un homme âgé est dépisté du cancer de la prostate, de nombreux protocoles sont proposés. Ils varient selon l’état de santé général du patient et surtout, comme souvent, de l’état d’avancement du cancer de la prostate. Détails.


Lorsque l’on parle de cancer chez un homme, celui de la prostate vient immédiatement à l’esprit, et pour cause : le cancer de la prostate reste celui qui est le plus fréquemment diagnostiqué, avec plus de 50.000 hommes concernés en France chaque année. Naturellement, ce cancer touche en majorité les hommes de plus de 50 ans.
 
Pour autant, la médecine moderne dispose de plusieurs outils pour dépister un cancer de la prostate. Il y a tout d’abord le plus simple et le plus classique : le toucher rectal qui va indiquer au médecin s’il est nécessaire d'effectuer des examens plus approfondis. Ensuite, une prise de sang visant à estimer le dosage d’antigène prostatique spécifique (le fameux PSA) vous sera recommandée de façon périodique.
 
Il faut savoir que la mesure du taux de PSA -obtenue via une simple prise de sang- reste plutôt controversée en tant qu’outil de diagnostic du cancer de prostate. Il existe en effet d’autres facteurs explicatifs à ce taux, tels qu’une augmentation du volume de la prostate ou une infection… Par ailleurs, en ce qui concerne les hommes de 75 ans et plus, le contrôle du dosage PSA ne présente pas forcément d’intérêt du fait de la lente progression de ce cancer.
 
L’« arme ultime » du diagnostic reste la biopsie prostatique qui permet de poser un diagnostic fiable et sans appel. Il faut aussi mentionner que le cancer de la prostate est souvent caractérisé par une évolution lente, il donne souvent lieu à une surveillance active, surtout si son diagnostic est établi chez une personne particulièrement âgée (dans les dix années de l’espérance de vie moyenne estimée).
 
Lors de la mise en place d’un traitement pour les patients atteints d’un cancer, quel que soit leur âge, il est fondamental de s’assurer de leur plein concours : la personne malade doit être partie prenante des choix thérapeutiques.
 
Ainsi, l’âge n’est pas le facteur unique qui permet d’estimer la meilleure manière de soigner le patient. Si la tumeur est circonscrite, il est probable qu’un traitement actif immédiat ne soit pas approprié, au regard des effets secondaires sans amélioration de la survie qu’il pourrait entrainer et un protocole de surveillance active est alors appliqué.
 
« la surveillance active du cancer de la prostate fait partie des modalités du traitement curatif du cancer de la prostate et consiste à différer le moment où les thérapeutiques actives (chirurgie, radiothérapies) vont être mises en œuvre » selon le Dr Davody, chirurgien urologue à Paris.
 
Si un traitement plus actif du cancer de prostate est décidé, celui-ci prendra en compte toutes les pathologies connues dont souffre le patient.
 
Cancer localisé
Lorsque le cancer reste confiné dans la prostate, des traitements spécifiques sont proposés en utilisant l’hormonothérapie ou, le cas échéant, en optant pour une chirurgie.

Cette dernière option s’effectue par HIFU (ultrason de haute intensité), dont l’avantage est de traiter localement la tumeur dans la prostate en évitant d’impacter la partie saine de la prostate. Les personnes d’un certain âge apprécient cette solution plus confortable et peu invasive.

Un traitement, en particulier pour les patients les plus âgés, peut être repoussé en attendant l’apparition de symptômes. Il s’agit d’éviter une thérapie inutile surtout si l’espérance de vie du patient reste limitée…
 
Cancer de la prostate de stade avancé
Lorsque le cancer de la prostate est en phase de progression, une chirurgie peut également être envisagée après que votre urologue ait pesé les avantages-inconvénients de l’option chirurgicale.
 
Le corps médical n’a recours à la chimiothérapie que dans le cas d’un cancer de stade avancé, si tant est que la santé du patient l’autorise. Il faut en effet s’assurer qu’il pourra tolérer les séances, au regard des effets secondaires importants...
 
La radiothérapie pourra être prescrite en complément de la chimiothérapie en fonction du protocole de traitement défini par votre médecin.
 
Un traitement médicamenteux peut aussi vous être prescrit, visant à limiter la production de testostérone. Mais ces traitements peuvent entrainer des effets secondaires tels que l’apparition d’un diabète. On observe également l’émergence possible d’une ostéoporose (fragilité osseuse) et de difficultés cardiovasculaires chez certains patients . L’apparition de ces maladies annexes dépendra de chaque cas.
 
D’autres traitements comme l’immunothérapie ou la cryothérapie en fonction du type et de l’agressivité de votre cancer peuvent aussi être envisagés. Dans tous les cas, votre urologue sera à même de vous conseiller le meilleur protocole de traitement adapté à votre cas personnel.