Réforme de l'Assurance chômage : les seniors ne seront pas épargnés

Le Premier ministre Gabriel Attal a dévoilé, lors d'une entrevue avec La Tribune ce dimanche, les nouvelles lignes directrices de la réforme de l'Assurance chômage qui sera effective dès le 1er décembre 2024. Cette révision, qui vise une économie substantielle de 3,6 milliards d'euros et aspire à la création de 90 000 emplois, n'épargne pas les seniors du resserrement des conditions d'éligibilité.


Au cœur des ajustements, deux paramètres majeurs subissent des modifications : les conditions d'affiliation et la durée d'indemnisation.

Désormais, pour bénéficier des allocations chômage, il faudra justifier de huit mois de travail sur une période de vingt mois, au lieu des six mois sur vingt-quatre requis auparavant. Cette mesure s'avère pénalisante pour les jeunes moins de 25 ans et pourrait exclure environ 190 000 individus du droit aux allocations, selon les chiffres non confirmés communiqués aux syndicats par le ministère du travail.

Quant à la durée maximale d'indemnisation dans le régime général, elle se trouve réduite de dix-huit à quinze mois. Ce plafond connaîtra une flexibilité indexée sur le taux de chômage — diminuant à douze mois si ce dernier est inférieur à 6,5 % ou augmentant jusqu'à vingt mois si le taux dépasse les 9 % — selon le nouveau principe de "contracyclicité ".

Les seniors, particulièrement ceux âgés entre 53 et 54 ans qui bénéficiaient jusqu'alors d'une indemnisation pouvant atteindre vingt-deux mois et demi, seront reclassés dans le régime général limité à quinze mois. Le palier supérieur est également impacté : l'âge requis passe de 55 à 57 ans,  avec une indemnisation raccourcie de vingt-sept à vingt-deux mois et demi.

En contrepartie, un "bonus emploi senior" est introduit pour pallier en tout ou partie la perte salariale des chômeurs âgés reprenant un emploi moins rémunérateur. Ce complément sera financé par l'Unédic et couvrira les salaires jusqu'à 3 000 euros.

Les syndicats ont vertement critiqué cette réforme jugée "injuste" et "inefficace", certains la qualifiant même de "criminelle". Ils reprochent au gouvernement son absence de dispositif pour les centaines de milliers de chômeurs qui se retrouveront exclus du système et dénoncent une logique purement budgétaire.
 

Publié le 26/05/2024 à 18:35 | Lu 1792 fois