Raphael Glucksmann, vainqueur de la primaire socialiste 2026 © Obatala-photography / Shutterstock.com
Une victoire nette, acquise dès le premier tour
Le résultat est tombé peu après 18 heures, dimanche 11 octobre. Selon la commission d'organisation de la primaire, présidée par Patrick Mennucci, Raphaël Glucksmann a recueilli 79 613 voix, soit 66,13 % des suffrages exprimés, au terme d'un vote en ligne ouvert depuis le vendredi matin. Au total, 120 787 électeurs ont voté. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, arrive deuxième avec 14,46 %, devant Ségolène Royal (7,62 %), Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, autour de 6 % chacun.
Le cofondateur de Place publique portera donc en 2027 les couleurs des trois partis organisateurs : le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Sa ligne n'a pourtant pas fait l'unanimité : à la veille du vote, Olivier Faure lui reprochait de défendre une « option centriste ». Or, sur les trois sujets qui vous concernent le plus, ses positions sont connues mais inégalement détaillées : un âge légal ramené à 62 ans pour le départ, une fiscalité revue pour les retraités aisés, des orientations sans chiffrage pour la dépendance. J'ai repris ses débats télévisés, son livre et le projet de son parti pour les reconstituer.
Le cofondateur de Place publique portera donc en 2027 les couleurs des trois partis organisateurs : le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste. Sa ligne n'a pourtant pas fait l'unanimité : à la veille du vote, Olivier Faure lui reprochait de défendre une « option centriste ». Or, sur les trois sujets qui vous concernent le plus, ses positions sont connues mais inégalement détaillées : un âge légal ramené à 62 ans pour le départ, une fiscalité revue pour les retraités aisés, des orientations sans chiffrage pour la dépendance. J'ai repris ses débats télévisés, son livre et le projet de son parti pour les reconstituer.
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Votre âge légal : abrogation promise, mais pas 60 ans
Commençons par votre départ, si vous n'avez pas encore liquidé votre pension. Depuis le 1er septembre, la suspension de la réforme de 2023, inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, plafonne l'âge légal à 62 ans et 9 mois pour les départs prévus jusqu'à la fin de 2027. Cette pause s'arrête en 2028, si bien que le prochain président trouvera le dossier sur son bureau.
Lors du dernier débat de la primaire, sur BFMTV le 4 octobre, Raphaël Glucksmann a promis d'abroger la réforme de 2023 et fermé la porte au retour à 60 ans : « Non, on ne pourra pas faire 60 ans, ça sera 62. » Pour une personne née en 1964, l'écart avec l'âge actuel serait de neuf mois, et de deux ans pour les générations à qui la réforme réserve 64 ans, selon notre calcul.
Lors du dernier débat de la primaire, sur BFMTV le 4 octobre, Raphaël Glucksmann a promis d'abroger la réforme de 2023 et fermé la porte au retour à 60 ans : « Non, on ne pourra pas faire 60 ans, ça sera 62. » Pour une personne née en 1964, l'écart avec l'âge actuel serait de neuf mois, et de deux ans pour les générations à qui la réforme réserve 64 ans, selon notre calcul.
Votre métier déciderait de votre date de départ
Ce chiffre ne vaudrait pourtant pas pour tous. Il invoque un écart de plus de dix ans d'espérance de vie en bonne santé entre un cadre supérieur et un ouvrier, et les cadres, écrit-il dans son livre Nous avons encore envie, « devront en revanche partir plus tard ». Aucun barème n'a été publié. En l'état du droit, partir avant l'âge légal passe surtout par la retraite anticipée pour carrière longue, réservée, selon Service Public, à ceux qui ont commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans.
Déjà retraité : votre fiscalité dans le viseur ?
Et si vous êtes déjà à la retraite ? Le candidat veut rééquilibrer la taxation entre le travail, le capital, la retraite et l'héritage, d'après les extraits de son livre publiés par LCP. Le projet de son parti est plus direct, puisqu'il dénonce une fiscalité qui favorise « les héritiers ou les retraités aisés » au détriment des travailleurs.
Ce même texte promet de garantir des pensions décentes et de mieux prendre en compte les parcours hachés. Mais aucun chiffre n'accompagne ces deux engagements. Sur la CSG des retraités, l'abattement de 10 % sur les pensions ou la revalorisation annuelle, je n'ai trouvé aucune mesure dans ses déclarations, ni aucun seuil pour ce mot « aisés ». Si votre pension vous place dans la tranche haute, c'est la première question à lui poser.
Ce même texte promet de garantir des pensions décentes et de mieux prendre en compte les parcours hachés. Mais aucun chiffre n'accompagne ces deux engagements. Sur la CSG des retraités, l'abattement de 10 % sur les pensions ou la revalorisation annuelle, je n'ai trouvé aucune mesure dans ses déclarations, ni aucun seuil pour ce mot « aisés ». Si votre pension vous place dans la tranche haute, c'est la première question à lui poser.
Pour vos parents âgés, un chantier sans chiffrage
Sur la dépendance, je n'ai trouvé aucune annonce du candidat pendant la primaire. Il faut remonter au projet de Place publique de 2025, dont le chantier « Permettre à tous de vieillir dignement » trace quelques orientations : un statut, des solutions de répit et une indemnité pour les proches aidants, le repérage des personnes fragiles et un parcours face à la perte d'autonomie, aide à domicile comprise.
Ce même texte propose de recentrer les Ehpad sur les personnes très dépendantes, et de développer à côté les résidences autonomie et l'habitat intergénérationnel. Pour une famille, cela signifie qu'un parent moins atteint resterait plus longtemps chez lui ou dans une résidence, avec l'aide de ses proches. Son livre ajoute un service civique obligatoire de dix mois pour tous les jeunes, que LCP décrit comme mobilisables notamment dans les Ehpad.
En revanche, aucun montant n'accompagne ces pistes, qu'il s'agisse du prix d'une place en Ehpad pour votre famille, du financement de l'aide à domicile ou de l'indemnité des aidants. Le texte ne dit pas non plus qui financerait le maintien à domicile de ceux qui n'entreraient plus en Ehpad. La France insoumise, sur son site de campagne, lui reproche de faire reposer le soin sur les proches, sans service public de la dépendance.
Si vous accompagnez un parent qui perd son autonomie, c'est le programme de mandat, pas encore publié, qui dira s'il touche à l'APA et aux tarifs d'hébergement.
Ce même texte propose de recentrer les Ehpad sur les personnes très dépendantes, et de développer à côté les résidences autonomie et l'habitat intergénérationnel. Pour une famille, cela signifie qu'un parent moins atteint resterait plus longtemps chez lui ou dans une résidence, avec l'aide de ses proches. Son livre ajoute un service civique obligatoire de dix mois pour tous les jeunes, que LCP décrit comme mobilisables notamment dans les Ehpad.
En revanche, aucun montant n'accompagne ces pistes, qu'il s'agisse du prix d'une place en Ehpad pour votre famille, du financement de l'aide à domicile ou de l'indemnité des aidants. Le texte ne dit pas non plus qui financerait le maintien à domicile de ceux qui n'entreraient plus en Ehpad. La France insoumise, sur son site de campagne, lui reproche de faire reposer le soin sur les proches, sans service public de la dépendance.
Si vous accompagnez un parent qui perd son autonomie, c'est le programme de mandat, pas encore publié, qui dira s'il touche à l'APA et aux tarifs d'hébergement.
Trois sujets, trois degrés de précision
Le projet de son parti dessine aussi la méthode pour les retraites : un Haut Conseil où les partenaires sociaux seraient majoritaires, et davantage de cotisants, des seniors maintenus en emploi à l'immigration légale de travail. Face à lui, Édouard Philippe propose de porter progressivement l'âge légal à 65 ans avec 45 annuités, un projet que Raphaël Glucksmann a jugé « injuste » et « inacceptable » sur RMC le 30 septembre.
De mon point de vue à ce stade, le bilan des trois sujets est déséquilibré. Sur l'âge de départ, il a fixé un chiffre et un principe. Pour les retraités comme pour la dépendance, il a posé des intentions, et c'est son programme de mandat qui dira ce qu'elles changent pour votre foyer.
De mon point de vue à ce stade, le bilan des trois sujets est déséquilibré. Sur l'âge de départ, il a fixé un chiffre et un principe. Pour les retraités comme pour la dépendance, il a posé des intentions, et c'est son programme de mandat qui dira ce qu'elles changent pour votre foyer.



