Un couple regarde le premier débat de la primaire socialiste dans son salon - Illustration générée par IA
La retraite est arrivée par la question de la dette
Dans les comptes rendus publiés dans la nuit, la retraite surgit au moment où David Pujadas interroge les cinq candidats sur la dette publique, dans une émission au format « Face aux Français » coproduite avec Le Parisien. Olivier Faure a lié cette dette à la politique d'Emmanuel Macron, avant de lâcher une phrase sans détour : « Nous abrogerons la réforme Borne sur la retraite. » C'est en tout cas ce que rapporte le JDD dans son compte rendu publié mercredi à 23 h 20.
Raphaël Glucksmann a tenu la même ligne. D'après Entrevue, les deux hommes ont réaffirmé leur volonté d'abroger la réforme de 2023, sans que les comptes rendus rapportent de calendrier ni de coût pour ce retour en arrière. Ces mêmes comptes rendus ne prêtent à Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel aucun engagement comparable lors de cet échange. Et sur les pensions déjà versées, aucun des cinq n'a fait d'annonce que la presse ait retenue.
Raphaël Glucksmann a tenu la même ligne. D'après Entrevue, les deux hommes ont réaffirmé leur volonté d'abroger la réforme de 2023, sans que les comptes rendus rapportent de calendrier ni de coût pour ce retour en arrière. Ces mêmes comptes rendus ne prêtent à Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel aucun engagement comparable lors de cet échange. Et sur les pensions déjà versées, aucun des cinq n'a fait d'annonce que la presse ait retenue.
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Votre âge de départ est déjà suspendu jusqu'en 2028
Or une partie de ce que promet Olivier Faure existe déjà, sous forme de pause. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu le relèvement de l'âge légal et de la durée d'assurance, et Service Public détaille les paramètres applicables depuis le 1er septembre 2026. Si vous êtes né en 1964, votre âge légal redescend à 62 ans et 9 mois, avec 170 trimestres au lieu de 171. Pour la génération 1968, il s'établit à 63 ans et 9 mois, et les 64 ans ne concernent plus que les personnes nées à partir de 1969.
Sauf que cette suspension a une date de fin. Le texte la borne à 2028, c'est-à-dire au lendemain de la prochaine présidentielle. Concrètement, plus vous êtes né tard, plus l'écart entre la règle suspendue et une abrogation se compte en mois de travail. Nous parlons ici d'une règle dont le sort se jouera après l'élection de 2027, quel que soit le vainqueur.
Sauf que cette suspension a une date de fin. Le texte la borne à 2028, c'est-à-dire au lendemain de la prochaine présidentielle. Concrètement, plus vous êtes né tard, plus l'écart entre la règle suspendue et une abrogation se compte en mois de travail. Nous parlons ici d'une règle dont le sort se jouera après l'élection de 2027, quel que soit le vainqueur.
Jérôme Guedj préfère compter vos trimestres plutôt que votre âge
Jérôme Guedj, lui, n'a pas besoin de l'abrogation pour se distinguer. Avant le débat, Entrevue rappelait que le député de l'Essonne veut remplacer la référence à un âge légal par une logique de durée de cotisation, avec une meilleure prise en compte de la pénibilité et des interruptions de carrière liées aux naissances. Dit autrement, ce ne serait plus votre date de naissance qui déciderait de votre départ, mais le nombre de trimestres inscrits sur votre relevé. Pour une femme qui s'est arrêtée deux ans à la naissance de ses enfants, la différence n'a rien de théorique.
D'ailleurs, sur le plateau de LCI, le candidat a surtout parlé d'économies dans la Sécurité sociale, sans réduire selon lui l'accès aux soins. Le mot pension n'apparaît pas dans ce que la presse a retenu de ses interventions. Mais je vous dois un rappel que le débat n'a pas fait : à la mi-août, dans une tribune publiée par L'Opinion, Jérôme Guedj n'excluait plus une sous-indexation des pensions les plus élevées, à condition que les héritages et les grandes entreprises paient leur part au même moment.
D'ailleurs, sur le plateau de LCI, le candidat a surtout parlé d'économies dans la Sécurité sociale, sans réduire selon lui l'accès aux soins. Le mot pension n'apparaît pas dans ce que la presse a retenu de ses interventions. Mais je vous dois un rappel que le débat n'a pas fait : à la mi-août, dans une tribune publiée par L'Opinion, Jérôme Guedj n'excluait plus une sous-indexation des pensions les plus élevées, à condition que les héritages et les grandes entreprises paient leur part au même moment.
Une baisse de CSG qui s'arrête à la fiche de paie
C'est l'une des propositions chiffrées de la soirée. Raphaël Glucksmann veut taxer davantage les très gros héritages et reverser une partie des recettes aux salariés, avec jusqu'à « 200 euros nets sur la fiche de salaire », selon le JDD. Entrevue précise le mécanisme : une baisse de la contribution sociale généralisée, la CSG, acquittée par les salariés, financée par 15 milliards d'euros de recettes selon le candidat. Olivier Faure avait qualifié d'« absurde » cette taxation des héritages au profit des salariés avant le débat, en défendant les cotisations comme un « salaire différé ».
En revanche, rien dans ce qui a été rapporté ne vise les retraités. Vous payez pourtant la CSG vous aussi : le Service des retraites de l'État rappelle qu'elle est prélevée sur le montant brut de votre pension, au taux de 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %, sauf exonération, selon votre revenu fiscal de référence. Une baisse limitée aux salaires creuserait donc l'écart entre le net d'un actif et celui d'un retraité, à montant brut égal. Oubli de soirée ou choix assumé ? La question mérite d'être posée au candidat avant le prochain débat.
En revanche, rien dans ce qui a été rapporté ne vise les retraités. Vous payez pourtant la CSG vous aussi : le Service des retraites de l'État rappelle qu'elle est prélevée sur le montant brut de votre pension, au taux de 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 %, sauf exonération, selon votre revenu fiscal de référence. Une baisse limitée aux salaires creuserait donc l'écart entre le net d'un actif et celui d'un retraité, à montant brut égal. Oubli de soirée ou choix assumé ? La question mérite d'être posée au candidat avant le prochain débat.
Royal et Maurel parlent dette et salaires
Ségolène Royal a insisté sur le poids de la dette et ciblé, pour économiser, les aides aux entreprises qu'elle juge injustifiées ainsi que la multiplication des strates administratives. Emmanuel Maurel a défendu l'indexation des salaires sur l'inflation. Cette idée, vous la connaissez sous un autre nom : c'est la règle qui fait suivre les prix à votre pension de base, et que la préparation du budget 2027 met en question depuis l'été.
Votre relevé à vérifier avant le prochain débat
Deux autres débats sont prévus, le 1er octobre sur France 2 et le 4 octobre sur BFMTV, avant un premier tour les 9 et 10 octobre et un éventuel second tour les 16 et 17 octobre. Entre-temps, le budget de la Sécurité sociale pour 2027 doit être présenté en Conseil des ministres le 30 septembre. Selon la presse, l'avant-projet transmis au Conseil d'État contient la piste d'un gel des pensions de base par paliers, mais les ministères indiquent que les arbitrages ne sont pas rendus. Les candidats auront de quoi revenir sur votre pension d'ici le vote.
Si vous êtes né entre 1964 et 1968, un geste simple vaut mieux qu'une promesse de campagne. Ouvrez votre espace sur info-retraite.fr et vérifiez que l'âge de départ affiché tient compte de la suspension : un relevé qui indique encore 63 ans pour la génération 1964 n'a pas intégré le nouveau barème. Nous saurons dans un peu plus de trois semaines lequel des cinq portera la gauche sociale-démocrate, et ce qu'il compte faire de la règle qui fixe votre âge de départ.
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