Six milliards à trouver sur les seules retraites
Le budget est présenté fin septembre, et les retraités figurent déjà dans les arbitrages. Bercy chiffre à environ 6 milliards d'euros le surcoût d'une indexation complète des pensions en 2027 : c'est ce montant, et non un effort annoncé, qui circule depuis l'été. Deux leviers sont cités, la désindexation des pensions et la suppression de l'abattement fiscal de 10 %, sans qu'aucun ne soit arrêté à ce jour. Le ministre des Comptes publics David Amiel juge incontournable le débat sur les indexations automatiques, sans dire quel outil sera retenu.
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Ce que l'abattement retire chaque année de votre impôt
Sauf que l'un des deux ne se voit nulle part sur votre relevé. Cet avantage fiscal, vous ne l'avez jamais demandé et vous ne le voyez pas passer. L'administration l'applique d'office : sur le total des pensions déclarées par votre foyer, 10 % sont retirés avant le calcul de l'impôt. Comme le rappelle la fiche officielle du service public, cette réduction ne peut pas descendre sous 454 € par pensionné, ni dépasser 4 439 € pour l'ensemble du foyer, pour les revenus de 2025.
Un retraité seul qui touche 2 000 € par mois déclare donc 24 000 € et n'est imposé que sur 21 600 €. Le plafond, lui, est atteint autour de 44 400 € de pensions annuelles : au-delà, l'avantage cesse de progresser. Le mécanisme existe depuis 1978 et couvre aussi bien la retraite de base que la complémentaire et la réversion.
Or ce n'est pas la première fois qu'il est visé. Le projet de budget 2026 prévoyait déjà de le remplacer par un forfait de 2 000 € par retraité, pour un rendement attendu de 1,2 milliard d'euros. L'Assemblée nationale a rejeté la mesure le 13 novembre 2025, par 213 voix contre 17. Elle revient dix mois plus tard.
Un retraité seul qui touche 2 000 € par mois déclare donc 24 000 € et n'est imposé que sur 21 600 €. Le plafond, lui, est atteint autour de 44 400 € de pensions annuelles : au-delà, l'avantage cesse de progresser. Le mécanisme existe depuis 1978 et couvre aussi bien la retraite de base que la complémentaire et la réversion.
Or ce n'est pas la première fois qu'il est visé. Le projet de budget 2026 prévoyait déjà de le remplacer par un forfait de 2 000 € par retraité, pour un rendement attendu de 1,2 milliard d'euros. L'Assemblée nationale a rejeté la mesure le 13 novembre 2025, par 213 voix contre 17. Elle revient dix mois plus tard.
Gel ou abattement : lequel des deux vous coûte le plus cher
Les deux mesures ne frappent pas les mêmes portefeuilles. Une désindexation vous prive d'une hausse : si les prix montent de 2 % et que votre pension ne bouge pas, vous perdez chaque mois l'équivalent de 2 % de pouvoir d'achat. La suppression de l'abattement ne touche pas le montant versé : elle gonfle votre revenu imposable, donc votre impôt, d'une somme qui dépend de votre tranche.
La Commission des comptes de la Sécurité sociale table sur une revalorisation de 1,6 % au 1er janvier 2027 si la formule habituelle s'applique : c'est ce qu'un gel ferait perdre. En face, la fin de l'abattement coûte 10 % de la pension multipliés par le taux d'imposition, soit 1,1 % dans la tranche à 11 %, mais 3 % dans celle à 30 %.
Le croisement des deux courbes se situe plus bas qu'on ne l'imagine. Pour un retraité seul, selon notre calcul, tant que la pension reste sous 2 530 € par mois, c'est la désindexation qui coûte le plus cher : à 2 000 € de pension, elle représente 384 € sur l'année, contre 264 € de hausse d'impôt dans l'autre scénario. Au-dessus, le rapport s'inverse, parce que l'entrée dans la tranche à 30 % double la facture fiscale : à 3 000 € par mois, la perte d'indexation coûte 576 € quand la fin de l'abattement en coûte 1 080. Pour un couple dont les pensions se cumulent, la bascule se situe vers 5 150 € mensuels à deux.
Ce calcul part du barème d'imposition en vigueur et d'une indexation de 1,6 %, dans l'hypothèse d'un gel total et d'une suppression sèche. Une sous-indexation partielle réduirait la perte du premier scénario, et le taux définitif ne sera connu qu'en fin d'année. L'ordre de grandeur, lui, tient : sous 2 500 € de pension, le gel fait plus mal ; au-dessus de 3 000 €, c'est la fiscalité.
D'ailleurs, l'abattement ne joue pas que sur l'impôt. Il abaisse votre revenu fiscal de référence, la clé d'entrée des exonérations de taxe foncière, du taux de CSG appliqué à votre pension et de plusieurs aides locales. Le supprimer ferait monter des milliers de foyers d'un cran sur ces barèmes, sans qu'aucune ligne ne l'annonce.
La Commission des comptes de la Sécurité sociale table sur une revalorisation de 1,6 % au 1er janvier 2027 si la formule habituelle s'applique : c'est ce qu'un gel ferait perdre. En face, la fin de l'abattement coûte 10 % de la pension multipliés par le taux d'imposition, soit 1,1 % dans la tranche à 11 %, mais 3 % dans celle à 30 %.
Le croisement des deux courbes se situe plus bas qu'on ne l'imagine. Pour un retraité seul, selon notre calcul, tant que la pension reste sous 2 530 € par mois, c'est la désindexation qui coûte le plus cher : à 2 000 € de pension, elle représente 384 € sur l'année, contre 264 € de hausse d'impôt dans l'autre scénario. Au-dessus, le rapport s'inverse, parce que l'entrée dans la tranche à 30 % double la facture fiscale : à 3 000 € par mois, la perte d'indexation coûte 576 € quand la fin de l'abattement en coûte 1 080. Pour un couple dont les pensions se cumulent, la bascule se situe vers 5 150 € mensuels à deux.
Ce calcul part du barème d'imposition en vigueur et d'une indexation de 1,6 %, dans l'hypothèse d'un gel total et d'une suppression sèche. Une sous-indexation partielle réduirait la perte du premier scénario, et le taux définitif ne sera connu qu'en fin d'année. L'ordre de grandeur, lui, tient : sous 2 500 € de pension, le gel fait plus mal ; au-dessus de 3 000 €, c'est la fiscalité.
D'ailleurs, l'abattement ne joue pas que sur l'impôt. Il abaisse votre revenu fiscal de référence, la clé d'entrée des exonérations de taxe foncière, du taux de CSG appliqué à votre pension et de plusieurs aides locales. Le supprimer ferait monter des milliers de foyers d'un cran sur ces barèmes, sans qu'aucune ligne ne l'annonce.
Un gel, lui, ne se rattrape jamais
L'autre piste a un effet que les comparaisons oublient : elle ne s'arrête pas au 31 décembre. Une année sans revalorisation abaisse la base sur laquelle sont calculées toutes les hausses suivantes, et l'écart se reporte ensuite jusqu'à la fin de la pension. C'est ce qui rend la désindexation rentable pour les comptes publics et durable pour celui qui la subit.
Le contexte de prix n'arrange rien. Les pensions de base n'ont progressé que de 0,9 % au 1er janvier 2026, quand l'Insee mesure 2,4 % d'inflation sur un an en août, après 2,1 % en juillet. Le décrochage a commencé, et une désindexation en 2027 s'ajouterait à ce retard.
Restent le périmètre et le seuil, les deux seules données qui diront si vous êtes concerné. Le gouvernement répète que les petites pensions et l'allocation de solidarité aux personnes âgées seraient préservées, et le montant de 3 000 € brut par mois revient dans les discussions sans avoir été arrêté. Un point est acquis en revanche : seule la retraite de base entre dans cette décision budgétaire, la complémentaire Agirc-Arrco relevant d'un conseil paritaire et d'un calendrier propre, au 1er novembre.
Le contexte de prix n'arrange rien. Les pensions de base n'ont progressé que de 0,9 % au 1er janvier 2026, quand l'Insee mesure 2,4 % d'inflation sur un an en août, après 2,1 % en juillet. Le décrochage a commencé, et une désindexation en 2027 s'ajouterait à ce retard.
Restent le périmètre et le seuil, les deux seules données qui diront si vous êtes concerné. Le gouvernement répète que les petites pensions et l'allocation de solidarité aux personnes âgées seraient préservées, et le montant de 3 000 € brut par mois revient dans les discussions sans avoir été arrêté. Un point est acquis en revanche : seule la retraite de base entre dans cette décision budgétaire, la complémentaire Agirc-Arrco relevant d'un conseil paritaire et d'un calendrier propre, au 1er novembre.
Le calendrier qui décidera de votre pension de 2027
Rien n'est voté, et le mot compte. Le budget est présenté fin septembre, puis débattu à l'Assemblée nationale et au Sénat tout l'automne, et c'est le texte sur la Sécurité sociale qui peut déroger à la règle d'indexation, l'abattement relevant pour sa part du budget de l'État. Le précédent est récent : l'an dernier, les deux mesures figuraient ensemble dans les projets de budget, et les deux ont été retirées en cours de discussion.
En attendant, un chiffre vous situe dans le débat, et il figure sur un papier que vous avez déjà. Reprenez votre avis d'imposition : 10 % du montant déclaré en pensions, dans la limite de 4 439 €, correspond à ce que la fin de l'abattement ferait rentrer dans votre base imposable. Multipliez-le par 11 % ou 30 % selon votre tranche, et vous tenez la facture du second scénario, à comparer aux 1,6 % de pension annuelle que représente le premier.
Deux mesures, un seul choix pour le gouvernement, des conséquences inverses selon votre pension : c'est à l'automne, sur les bancs de l'Assemblée, que se joue la ligne de votre relevé de janvier.
En attendant, un chiffre vous situe dans le débat, et il figure sur un papier que vous avez déjà. Reprenez votre avis d'imposition : 10 % du montant déclaré en pensions, dans la limite de 4 439 €, correspond à ce que la fin de l'abattement ferait rentrer dans votre base imposable. Multipliez-le par 11 % ou 30 % selon votre tranche, et vous tenez la facture du second scénario, à comparer aux 1,6 % de pension annuelle que représente le premier.
Deux mesures, un seul choix pour le gouvernement, des conséquences inverses selon votre pension : c'est à l'automne, sur les bancs de l'Assemblée, que se joue la ligne de votre relevé de janvier.



