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Article publié le 15/01/2020 à 01:00 | Lu 1276 fois

Quand la machine hépatique s'enflamme !




Dans le cadre de la 13ème édition du Congrès “Paris Hepatology Conférence”, les hépatologues du monde entier lancent un appel à la mobilisation générale. Le cancer du foie, souvent dernière étape de maladies chroniques hépatiques est en passe de devenir le premier cancer au monde. Et pourtant, il est possible de le prévenir ! Le point sur les ennemis du foie…


La machinerie hépatique est à la fois très efficace est très sûre, mais elle compte de nombreux ennemis : virus, alcool, drogues et médicaments, excès de sucre… Des attaques trop fortes ou répétées peuvent altérer son fonctionnement. Comme le foie souffre en silence, on ne s’en aperçoit pas forcément, ou l’on s’en rend compte trop tard.
 
• Tout commence par une inflammation. Quelle que soit leur cause, la plupart des maladies du foie commencent par une inflammation. Réaction saine de l’organisme, cette inflammation hépatique correspond à la fois à l’arrivée massive des cellules de défense immunitaire et à la destruction des cellules en souffrance.
 
Elle est le signe que le foie se défend bien. Mais si l’attaque est trop forte, l’inflammation peut devenir un incendie et se propager dans l’ensemble du foie : c’est ce qu’on appelle une hépatite fulminante, phénomène heureusement très rare.
 
• De l’inflammation à la fibrose. Un autre risque, beaucoup plus fréquent, est celui de l’hépatite chronique. Face à une attaque durable -celle d’un virus qui prend de vitesse le système de défense ou celle de l’alcool consommé trop régulièrement, par exemple-, le foie cherche à se protéger en créant un tissu cicatriciel destiné à circonscrire l’agression et protéger les zones encore saines. C’est ce qu’on appelle la fibrose, qui empêche le toxique ou le virus de pénétrer davantage dans le foie.
 
• De la fibrose à la cirrhose. Positif au départ, le processus de défense qu’est la fibrose peut hélas finir par se retourner contre le foie. La barrière devient obstacle, jusqu'à affecter la circulation sanguine à l’intérieur du foie, indispensable à son bon fonctionnement. Les cellules hépatiques ne parviennent plus à s’agencer correctement, forment des amas appelés nodules et ne parviennent plus à remplir leur mission : c’est la naissance de la cirrhose.

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• Les complications de la cirrhose. Avec le temps, plusieurs complications de la cirrhose peuvent survenir. La première est l’hypertension portale : l’augmentation de la pression dans la veine porte qui alimente le foie provoque des risques hémorragiques graves. La deuxième est l’insuffisance hépatique : les cellules du foie ne parviennent plus à remplir leurs multiples missions.
 
Une troisième, qui découle des deux précédentes, est l’encéphalopathie : le cerveau lui-même est empoisonné par des substances que le foie n’a pas su détoxifier… Enfin, la régénération anarchique des cellules du foie provoquée par la cirrhose fait le lit du cancer du foie, redoutable entre tous. Quand le foie ne va plus, rien ne va plus !
 
• Les transaminases, marqueurs indirects de l’inflammation. Pendant des années, le foie est capable de souffrir en silence, les zones saines continuant à assurer ses fonctions vitales. Bien souvent, les premières manifestations d’une maladie du foie n’apparaissent qu’à un stade très avancé de cirrhose ou de cancer. C’est la raison pour laquelle il est fondamental de surveiller une éventuelle inflammation du foie, même en l’absence du moindre symptôme.
 
Il existe un test très simple et peu coûteux pour cela : le dosage des transaminases, réalisé à partir d’une prise de sang. Présentes en très grand nombre dans les cellules du foie, les transaminases augmentent dans le sang lorsque de nombreuses cellules hépatiques sont détruites. Si chacun d’entre nous a toujours un peu de transaminases, puisque les cellules hépatiques se renouvellent en permanence, leur augmentation au-delà des valeurs standard est un indicateur simple de la souffrance du foie.
 
Pour prévenir les conséquences graves des maladies chroniques du foie, un réflexe s’impose : le dosage des transaminases par une simple prise de sang ! Parlez-en à votre médecin.