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Article publié le 27/07/2021 à 09:13 | Lu 1773 fois

Peut-on réellement mettre son cerveau au repos ?




Les congés, et notamment les vacances estivales, sont souvent synonyme de déconnexion, de coupure avec la routine habituelle et tous les petits tracas du quotidien. Mais, peut-on réellement mettre son cerveau au repos ? Peut-on offrir à notre cerveau du temps libre, sans tâche particulière à accomplir ? Francis Eustache, neuropsychologue et président du Conseil Scientifique de l'Observatoire B2V des Mémoires nous aide à comprendre le fonctionnement de notre cerveau lorsqu'il est au repos et nous décrypte le phénomène du réseau du mode par défaut.


Peut-on réellement mettre son cerveau au repos ?
« Éteindre » son cerveau, est-ce possible ?
Sans tâche particulière à accomplir, notre cerveau consomme tout de même 20% des ressources énergétiques de notre organisme, soit seulement 5% de moins que s'il devait effectuer du calcul mental ou se concentrer sur un problème.
 
Les aires cérébrales qui s'activent alors ensemble constituent le « réseau du mode par défaut ». Elles sont principalement situées sur la ligne médiane, à la face interne des deux hémisphères cérébraux. On ne peut donc pas réellement parler de repos pour le cerveau. Celui-ci est toujours en activité même s'il n'a pas de tâche à accomplir.
 
Le réseau du mode par défaut, qu'est-ce que c'est ?
Ce phénomène a été décrit assez récemment, fin années 1990 début 2000. Il s'agit d'un processus neurophysiologique mis en évidence grâce à l'imagerie cérébrale, dans un premier temps avec la Tomographie par Émission de Positons (TEP) puis avec l'Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf) au repos.
 
Le mode par défaut est celui de l'introspection, de nos pensées internes. C'est le lieu de la synthèse, mais aussi de la créativité et de l'adaptation. Le cerveau se projette, y compris dans des scénarios parfois peu vraisemblables. Ce réseau est en lien avec celui de notre mémoire épisodique, qui abrite à la fois nos souvenirs, nos projets et notre compréhension d'autrui.
 
Il joue donc un rôle capital dans notre mémoire, dans la construction de notre identité et dans notre équilibre mental. Il est d'ailleurs affecté dans de nombreuses maladies neurologiques comme la maladie d'Alzheimer ou certaines maladies mentales ou encore, la dépression.
 
Le réseau du mode par défaut joue un rôle central et connecté à de nombreuses autres aires cérébrales, qu'il peut solliciter selon les la nature et la richesse de l'activité mentale en cours. Mais si nos « rêveries » sont soudainement interrompues, le cerveau peut basculer instantanément vers un mode contrôlé nous permettant de réagir, par exemple, face à un animal qui traverse une route de campagne quand nous conduisons.
 
Quelles sont les fonctionnalités du réseau du mode par défaut ?
 1 - Un rôle de sentinelle. Le sujet surveille l'environnement de façon diffuse.
 
2 - Dans le même temps, l'individu se tourne vers lui-même, vers ses pensées internes, le passé (mémoire autobiographique), le futur. Il se tourne vers une pensée imaginative, plus ou moins fantaisiste, pas forcément structurée...
 
La randonnée et la course sont également de bons exemples de situations où le réseau du mode par défaut s'active.
 
« En cette période estivale, tentons de retrouver un peu de quiétude et de temps, pour nous retrouver avec nous-mêmes, mais aussi avec les autres, qui sont présents en nous, et profitons-en pour rebattre les cartes après tous ces mois éprouvants et incertains que nous venons de vivre. Les neurosciences nous ont appris l'existence de ce réseau cérébral du mode par défaut, dont la mission est bien différente des autres fonctions cognitives : le langage, la perception, la mémoire, le raisonnement… » indique Francis Eustache, Neuropsychologue, Président du Conseil Scientifique de l'Observatoire B2V des Mémoires.
 
Et ce spécialiste de poursuivre : « il est essentiel à un moment où des choix personnels mais aussi collectifs devront être faits. Il est un outil privilégié pour nous détacher d'un présent immédiat trop envahissant et tapageur, pour rêver, imaginer, pour prendre le recul suffisant avant le tumulte de la rentrée. »





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