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Article publié le 10/10/2019 à 01:00 | Lu 493 fois

Pasteurdon 2019 : Jean-Marc Ghigo cherche à déstabiliser les agrégats de bactéries

Dans le cadre du Pasteudon 2019 et afin de mieux comprendre à quoi servent vos dons, nous vous proposons plusieurs portraits de chercheurs et les travaux sur lesquels ils planchent… Parmi eux, Jean-Marc Ghigo qui cherche à déstabiliser les agrégats de bactéries. Explications.


Les bactéries sont étudiées depuis près de 150 ans sous leur forme unicellulaire. Cependant, lorsqu’elles s’agrègent les unes avec les autres et forment des communautés multicellulaires appelées biofilms, les bactéries expriment des fonctions spécifiques et deviennent capables de tolérer des doses élevées d’antibiotiques.
 
Lorsque ces biofilms se développent sur des cathéters ou des prothèses, ils sont donc très difficiles à éliminer et sont à l’origine de plus de 60% des infections nosocomiales.
 
Fasciné par les capacités d’adaptation des bactéries et les stratégies qu’elles mettent en œuvre pour résister aux agressions, Jean-Marc Ghigo travaille depuis près de vingt ans à l’Institut Pasteur dans le but de comprendre les bases moléculaires de la formation et du fonctionnement des biofilms bactériens.
 
Après un doctorat réalisé à l’Institut Pasteur, et un post-doctorat aux États-Unis, il revient en 1999 pour monter une équipe et développer ses projets d’étude des biofilms. Il est aujourd’hui responsable de l’unité de Génétique des biofilms.
 
Pour lui, les expertises présentes sur le site et la taille humaine de l’Institut, en font un endroit vibrant et unique pour mener des recherches en microbiologie. Il apprécie tout particulièrement l’attractivité et le dynamisme de l’Institut, facilitant le recrutement de jeunes collaborateurs venus de tous les pays et attirés par la recherche d’excellence qui y est menée.
 
Son équipe utilise des approches de génétique moléculaire combinées à l’emploi de modèles de biofilms in vitro et in vivo pour identifier les structures de surface impliquées dans les interactions bactéries/surfaces et pour analyser les réponses physiologiques spécifiquement exprimées dans ces communautés bactériennes.
 
Son unité de recherche contribue ainsi à une meilleure connaissance fondamentale de ce mode de vie bactérien tout en explorant de nouvelles pistes de contrôle du biofilm.
 
Par exemple, l’équipe de Jean-Marc Ghigo est à l’initiative d’une étude clinique, visant à valider, en collaboration avec des partenaires cliniciens, une nouvelle approche pour éliminer et prévenir la formation de biofilms dans des cathéters veineux centraux afin d’améliorer la prise en charge globale des patients portant ce type de cathéters de longue durée.

« L’objectif de mon équipe est de mieux comprendre le mode de vie biofilm afin de limiter l’attachement des bactéries sur les surfaces ou de développer de nouveaux traitements efficaces contre les infections. Les enjeux de santé publique sont majeurs et je suis très heureux que ce thème soit mis en avant par le Pasteurdon » conclut l’homme de laboration.





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