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Article publié le 22/10/2020 à 01:00 | Lu 1588 fois

Ostéoporose : au chapitre des solutions...




Alors que s’est tenue le 20 octobre dernier, comme tous les ans, la Journée mondiale contre l’ostéoporose, revenons sur les différentes solutions et traitements existant aujourd’hui pour lutter contre cette maladie osseuse en pleine progression compte-tenu du vieillissement de la population.


Une ostéodensitométrie systématisée
La densitométrie osseuse (DMO), examen simple et indolore qui permet de mesurer la densité osseuse et d’établir le diagnostic d’ostéoporose est actuellement remboursée sous conditions.
 
« Au même titre que la mammographie, elle devrait être systématisée pour toutes les femmes après un certain âge, probablement une soixantaine d’années », insiste le Pr Bernard Cortet.
 
« Elle permet d’obtenir une valeur de référence de la teneur en calcium des os corrélée au risque de présenter une fracture de fragilité, d’instaurer un suivi et de mettre en œuvre des mesures efficaces d’hygiène de vie et les traitements adaptés afin d’éviter une dégradation de la situation ».
 
La santé osseuse intégrée aux futures consultations du « bien vieillir »
La crise sanitaire actuelle a mis en lumière la question essentielle de l’autonomie des personnes âgées vulnérables.
 
« Les fractures ostéoporotiques font partie de cette perte d’autonomie », rappelle le Pr Thierry Thomas qui croît « au poids des impulsions et décisions politiques en matière de prévention ».
 
Dans le cadre d’une future loi sur le grand âge, une consultation du « bien vieillir » pourrait ainsi concerner tous les aspects de la santé : prévention de la maladie d’Alzheimer, des maladies cardio-vasculaires, des affections néoplasiques mais aussi celle de l’ostéoporose, « comprenant la réalisation d’une ostéodensitométrie et la recherche de facteurs de risque d’ostéoporose afin d’éviter fractures et re-fractures chez les femmes », poursuit Pr Bernard Cortet.
 
Des médecins traitants en première ligne
La place de l’ostéoporose au sein des consultations de médecine générale est insuffisante, entraînant retards de diagnostic et fractures évitables.
 
« L’ostéoporose, c’est l’exemple typique de la maladie qui nécessite une action rapide et coordonnée avec un parcours de soins standardisé, au sein duquel le médecin traitant joue un rôle clé », explique Pr Thierry Thomas. Dans ce contexte, la coopération hôpital/ville, est essentielle, facilitant la prise en charge et le suivi des patients fracturés.
 
« Il est nécessaire de co-construire et de faire collaborer hôpital, ville et territoire, avec le soutien actif des ARS (Agences régionales de santé) et de l’Assurance maladie, pour organiser le repérage des patients fracturés, le diagnostic de l’ostéoporose et la décision de traitement, afin de mieux accompagner les patients et éviter toute nouvelle fracture après la première », poursuit-il.

Les traitements médicamenteux sont efficaces
« L’os est un tissu vivant comme les autres, signifiant qu’il est en permanence détruit mais aussi reconstruit. En cas d’ostéoporose, la destruction est importante et la construction insuffisante. Les médicaments anti-ostéoporotiques agissent sur ces mécanismes en vue d’un rééquilibrage : une catégorie bloque la destruction, l’autre stimule les cellules qui construisent de l’os. Dans l’avenir, de nouveaux médicaments avec un effet combiné devraient être disponibles permettant un gain osseux plus rapide.
 
Quoi que vous puissiez lire ou entendre sur les réseaux sociaux et Internet, les traitements antiostéoporotiques sont efficaces ! Depuis de nombreuses années, ils permettent une prévention conséquente des fractures, avec, pour les plus puissants d’entre eux, une réduction de 70% du risque de fracture de vertèbre et de 50% du risque de fracture de la hanche.
 
Comme tous, ils peuvent entrainer des effets indésirables mais ceux-ci restent exceptionnels. Leur bénéfice escompté supérieur au risque encouru (rapport bénéfice-risque) justifie leur mise en œuvre
dans le cadre d’une prise en charge de l’ostéoporose pour certaines patientes à la santé osseuse très fragile et afin d’éviter les re-fractures
».