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Article publié le 09/12/2021 à 11:23 | Lu 4480 fois

OCDE : les pensions protégées pendant le Covid mais les défis du vieillissement restent...




Dans un récent communiqué de l’OCDE, l’organisation indique que « la pandémie de Covid-19 a fait payer un lourd tribut aux personnes âgées, mais que les retraités ont vu leurs pensions bien protégées dans les pays de l'OCDE. Les droits à pension future ont également été bien protégés grâce à la réponse exceptionnelle des pouvoirs publics face à la crise ». Détails.


Le Panorama des Pensions de l'OCDE 2021 indique toutefois que la pression financière à long terme liée au vieillissement de la population persiste. De fait, le financement des pensions s'est détérioré pendant la pandémie en raison de la perte de cotisations. Par ailleurs, les déficits ont été principalement couverts par les budgets des États.
 
« Pour que les systèmes de pension reposent sur des bases solides à l'avenir, il faudra prendre des décisions politiques douloureuses » assure l’OCDE dans son communiqué.
 
Bien que les gains de longévité aient ralenti depuis 2010, le rythme du vieillissement devrait être rapide dans les vingt prochaines années. De fait, la population en âge de travailler devrait diminuer de plus d'un quart d'ici à 2060 dans la plupart des pays d'Europe du Sud, Centrale et Orientale, ainsi qu'au Japon et en Corée.
 
Les jeunes ont été durement touchés par la crise et pourraient voir leurs prestations futures diminuer, surtout si la pandémie laisse des traces à plus long terme et engendre des difficultés à construire leur carrière.
 
Dans ce contexte, autoriser l'accès anticipé à l'épargne retraite pour compenser les difficultés économiques, comme on l'a observé dans certains pays tel que le Chili, peut également conduire à  des problèmes à long terme : à moins qu'une épargne future plus importante ne compense ces retraits, des prestations de retraite faibles en seront la conséquence.
 
Les régimes obligatoires offrent un taux de remplacement net futur moyen de 62% pour les salariés ayant effectué une carrière complète au salaire moyen, allant de moins de 40% au Chili, en Corée, en Estonie, en Irlande, au Japon, en Lituanie et en Pologne à 90% ou plus en Hongrie, au Portugal et en Turquie. 
 
Au cours des deux dernières années, de nombreux pays ont réformé de manière significative les prestations de retraite contributives, notamment l'Estonie, la Grèce, la Hongrie, le Mexique, la Pologne et la Slovénie.
 
De leurs côtés, l'Allemagne, le Chili, la Lettonie et le Mexique ont également renforcé la protection des revenus des personnes à faible revenu. L'action sur l'âge de la retraite a été limitée.
 
La Suède a relevé l'âge minimum de départ à la retraite pour les pensions publiques contributives ; les Pays-Bas ont reporté l'augmentation prévue tout en réduisant le rythme du lien futur avec l'espérance de vie ; et l'Irlande a abrogé l'augmentation prévue de 66 à 68 ans. Le Danemark, l'Irlande, l'Italie et la Lituanie ont étendu les options de retraite anticipée.
 
Sur la base des mesures législatives, l'âge normal de la retraite augmentera d'environ deux ans en moyenne dans l'OCDE d'ici le milieu des années 2060. L’ âge normal futur de la retraite sera de 69 ans ou plus au Danemark, en Estonie, en Italie et aux Pays-Bas, tandis que les hommes pourront prendre leur retraite à 62 ans en Colombie, au Luxembourg et en Slovénie.
 
Les femmes conserveront un âge normal de la retraite inférieur à celui des hommes en Colombie, en Hongrie, en Israël, en Pologne et en Suisse.
 
In fine, selon l’OCDE, le plus grand défi à long terme pour les pensions reste d'assurer des pensions financièrement et socialement viables à l'avenir. De nombreux pays ont introduit dans leurs systèmes de retraite des mécanismes d'ajustement automatique qui modifient les paramètres des systèmes de retraite, tels que l'âge de la retraite, les prestations ou les taux de cotisation, lorsque les indicateurs démographiques, économiques ou financiers changent. Ces mécanismes d'ajustement automatique sont essentiels pour aider à faire face à l'impact du vieillissement.
 
Environ deux tiers des pays de l'OCDE utilisent sous différentes formes des AAM dans leurs régimes de retraite, en ajustant l'âge de la retraite, le niveau des prestations et les taux de cotisation et en utilisant un mécanisme d'équilibrage automatique.
 
Cette analyse indique qu'au fil des ans, les mécanismes d'ajustement automatique ont parfois été suspendus, voire supprimés, afin d'éviter les réductions des prestations de retraite et les augmentations de l'âge de la retraite.
 
Pourtant, par rapport à l'alternative de changements discrétionnaires, les AAMs peuvent être conçus et mis en œuvre pour mener à des changements moins erratiques, plus transparents et plus équitables entre générations.