Sommaire
Article publié le 17/01/2020 à 01:00 | Lu 3252 fois

Nash : contre la maladie du fois gras, enfin des traitements...




Dans le cadre de la 13ème édition du Congrès “Paris Hepatology Conférence”, les hépatologues du monde entier lancent un appel à la mobilisation générale. Le cancer du foie, souvent dernière étape de maladies chroniques hépatiques est en passe de devenir le premier cancer au monde. Et pourtant, il est possible de le prévenir ! Le point sur la maladie du foie gras…


Une véritable maladie de civilisation se répand aujourd’hui dans le monde entier : la Nash, ou maladie du foie gras. Liée à une alimentation trop riche et à la sédentarité, elle menace un quart de la population mondiale, dont près de 8 millions de Français.
 
Des médicaments vont bientôt être mis sur le marché, mais ils ne dispenseront pas d’une réponse plus globale.
 
Un rôle majeur du foie est de fournir de l’énergie à l’organisme à partir des différents sucres que nous ingérons (le saccharose des pâtisseries, le glucose du pain, le fructose des fruits, le lactose du lait…). Si nous en mangeons plus que de besoin, il les stocke sous forme de graisse.
 
Ce phénomène naturel garantit à l’organisme un apport en énergie, même en cas de jeûne. Mais si, chaque jour, nous mangeons trop de sucres, la graisse s’accumule dans le foie : c’est ce qu’on appelle une stéatose, ou foie gras.
 
En quelques années, cette stéatose hépatique non alcoolique est devenue la principale cause de maladie chronique du foie dans les pays occidentaux, devant l’alcool et les virus d’hépatite. Dans 20 à 30% des cas, elle entraîne en effet une réaction inflammatoire, une véritable hépatite susceptible de provoquer une cirrhose ou un cancer du foie. C’est la stéatohépatite non alcoolique, ou Nash, ou plus simplement la maladie du foie gras.
 
Une épidémie mondiale
L’épidémie est mondiale ; elle est particulièrement marquée aux États-Unis où les estimations font état de 35 à 40% de personnes affectées d’un foie gras, dont 12% souffrant d’une véritable Nash. La Nash est ainsi en passe de devenir la première cause de transplantation hépatique aux États-Unis.
 
En France, une récente étude fait état de 18% d’adultes souffrant d’un foie gras (26% des hommes et 11% des femmes), soit près de 8 millions de personnes. Sur ce total, entre 1 et 1,5 million de Français sont atteints d’une Nash associée à une fibrose sévère.
 
Mieux dépister et mieux prendre en charge
Le premier défi consiste à identifier, parmi les personnes atteintes d’un foie gras, celles qui ont déjà développé une véritable Nash afin d’en prévenir les complications. Longtemps, seul le prélèvement et l’analyse d’un fragment de foie permettait de le savoir avec certitude.
 
Désormais, il existe des examens non invasifs fiables (élastographie ou prélèvement sanguin). Ils doivent être plus systématiquement proposés aux personnes réputées à risques : personnes souffrant d’un syndrome métabolique, obèses ou atteintes de diabète notamment.
 
Le second défi consiste à traiter la Nash, lorsqu’elle est diagnostiquée. Aujourd’hui, le meilleur traitement demeure et doit demeurer l’hygiène de vie. Rééquilibrer son alimentation, diminuer sa consommation de sucres et augmenter son activité physique restent la stratégie la plus efficace.
 
Mais dans certains cas, cela ne suffit pas, et la recherche de médicaments contre la Nash est très active dans le monde entier, où quelque 200 molécules sont à l’étude.

Des médicaments arrivent
Des médicaments spécifiques contre l’inflammation ou la fibrose (acide obéticholique) peuvent potentiellement être utilisés contre la Nash. D’autres sont annoncés, pour réguler le métabolisme des graisses et de l’insuline par exemple. Ces nouveaux médicaments seront probablement utilisés en combinaison pour améliorer leur efficacité.
 
Il serait cependant illusoire de penser que ces médicaments pourront, à eux seuls, résoudre le problème de la Nash. Lutter contre la Nash, c’est avant tout lutter contre la malbouffe, les aliments hyper-transformés, contre la sédentarité ou le stress. C’est à la fois mettre en œuvre une approche globale et individualisée de chaque personne et lutter contre les dérives de la société de consommation.