Moules en silicone : trop de substances nocives dans nos gâteaux faits "maison"

Alors qu’approchent les fêtes de Noël et les traditionnelles préparations de pâtisseries à la maison, l’UFC-Que Choisir publie un test exclusif sur les moules en silicone qui indique qu’une majorité des produits analysés peuvent contaminer les aliments à des niveaux très élevés ou contenir des substances particulièrement nocives. Dans ce contexte, l’association enjoint les autorités européennes de définir sans délai un cadre réglementaire strict et demande des contrôles renforcés.





Comme tout matériau destiné à l’alimentaire, aucun moule à pâtisserie ne devrait rejeter des substances vers l’aliment lors de la cuisson. Le respect de ce principe est d’autant plus important que les moules sont utilisés à très hautes températures et en présence de matières grasses, conditions qui accélèrent considérablement les risques de contamination.
 
L’association UFC-Que Choisir a mesuré sur un échantillon de 29 moules commercialisés en magasin et sur Internet, la nature et l’évolution des quantités de substances émises lors de trois cuissons successives au four.
 
Et selon l’association, les résultats du test sont mauvais et auraient de quoi inquiéter les consommateurs : de fait, la plupart des moules testés laissent migrer vers les aliments des substances en quantités élevées, voire dans certains cas des substances particulièrement dangereuses…
 
Dans son communiqué, l’association indique que les niveaux de substances émises sont parfois considérables et dépassent pour certains moules la limite maximale prévue par la réglementation française pour l’ensemble des substances !
 
Pour d’autres références, alors que les quantités de substances devraient baisser au fur et à mesure des passages au four, on observe à l’inverse une augmentation préoccupante de celles-ci.
 
A titre d’exemple, selon l’UFC-Que Choisir, le moule Tupperware (marque bien connue des consommateurs) émet par exemple 15 fois plus de substances à la 3e cuisson qu’à la première ! Enfin, certains moules relarguent des substances particulièrement préoccupantes susceptibles de provoquer des cancers, des mutations génétiques ou des dommages pour les fonctions reproductrices. On retrouve ces substances notamment dans les moules Lily Cook et Aliexpress.
 
Au global, pas moins de 23 moules sur 29 sont jugés peu sûrs au regard de leurs résultats. Pire, six d’entre eux sont à éviter, tels que les moules Carrefour Home et Aliexpress du fait notamment de la présence sur ces deux produits d’octamethylcyclotetrasiloxane qui est considéré comme une substance extrêmement préoccupante au niveau européen.
 
Tous les moules en silicones ne sont pas pour autant à proscrire. Ce test démontre en effet que certains fabricants comme Tefal ou Ikea vendent des moules quasiment inertes vis-à-vis des aliments.
 
Outre l’absence flagrante de responsabilité de certains fabricants, c’est également l’ancienneté et les lacunes du cadre légal qui expliquent les résultats alarmants de ce test.
 
La réglementation française a plus de trente ans et elle est aujourd’hui particulièrement lacunaire en se contentant en pratique de définir un niveau maximal d’émissions toutes substances confondues, alors qu’il faudrait définir des niveaux bien plus bas pour chacune des substances les plus dangereuses identifiées.
 
Au niveau européen, en l’absence d’une réglementation harmonisée et réellement protectrice, le principe de libre circulation des marchandises autorise la commercialisation en France de produits fabriqués dans des Etats-membres avec des réglementations encore plus laxistes que la réglementation française.

Au vu des résultats préoccupants de son test, l’UFC-Que Choisir :

Enjoint les autorités européennes de définir un cadre réglementaire strict sur le matériel de cuisine en silicone, en interdisant notamment toutes les substances dont la nocivité est démontrée ou suspectée ;

Dans cette attente, saisit la DGCCRF pour qu’elle réalise des contrôles renforcés sur cette catégorie de produits.

Article publié le 05/12/2022 à 01:00 | Lu 1016 fois




Twitter
Facebook