Ménopause : le point avec la gynécologue Susanna Unsworth sur les symptômes moins connus (partie 1)

Le Mois mondial de la ménopause est l’occasion pour l’experte médicale d’Intimina*, la gynécologue Susanna Unsworth, de nous éclairer sur des symptômes rares de la ménopause et de répondre aux questions fréquemment posées par ses patientes.





Quels sont les aspects peu connus de la ménopause qu’il faudrait connaître ?

Il en existe plusieurs dont on a peu entendu parler. Pour commencer, sachez que ce n’est pas une question d’âge et qu’elle peut survenir n’importe quand. En effet, près d’une femme sur cent entre dans cette période avant l’âge de 40 ans. J’en ai malheureusement trop connues qui ont été ignorées, car on les retenait trop jeunes.
 
En outre, les symptômes vaginaux sont vraiment invalidants et on ne pense que rarement à consulter. Pourtant, il existe des traitements hormonaux topiques très efficaces et, en général, bien supportés (ils sont désormais aussi disponibles en vente libre).
 
Certains symptômes psychologiques sont souvent confondus avec des problèmes mentaux. Ainsi, on les soigne avec des traitements non adaptés, c’est-à-dire des antidépresseurs contre l’anxiété, les problèmes de mémoire ou la mélancolie.
 
Enfin, les traitements contre le cancer avec une thérapie de remplacement hormonale en augmentent les risques. Très médiatisée, on évoque souvent sa corrélation avec le cancer du sein. Pourtant, peu de femmes savent qu’il est plus risqué de boire deux verres d’alcool par jour. Le risque d’obésité est majeur, un autre thème souvent oublié malgré sa gravité.

Quels sont les aspects peu connus de la ménopause qu’il faudrait connaître ?

Il en existe plusieurs dont on a peu entendu parler. Pour commencer, sachez que ce n’est pas une question d’âge et qu’elle peut survenir n’importe quand. En effet, près d’une femme sur cent entre dans cette période avant l’âge de 40 ans. J’en ai malheureusement trop connues qui ont été ignorées, car on les retenait trop jeunes.
 
En outre, les symptômes vaginaux sont vraiment invalidants et on ne pense que rarement à consulter. Pourtant, il existe des traitements hormonaux topiques très efficaces et, en général, bien supportés (ils sont désormais aussi disponibles en vente libre).
 
Certains symptômes psychologiques sont souvent confondus avec des problèmes mentaux. Ainsi, on les soigne avec des traitements non adaptés, c’est-à-dire des antidépresseurs contre l’anxiété, les problèmes de mémoire ou la mélancolie.
 
Enfin, les traitements contre le cancer avec une thérapie de remplacement hormonale en augmentent les risques. Très médiatisée, on évoque souvent sa corrélation avec le cancer du sein. Pourtant, peu de femmes savent qu’il est plus risqué de boire deux verres d’alcool par jour. Le risque d’obésité est majeur, un autre thème souvent oublié malgré sa gravité.

Quelles sont les questions que vos patientes vous posent le plus fréquemment au sujet de la ménopause ?

- Mes symptômes sont-ils liés à la ménopause, même si j’ai encore mes règles ?

Ménopause est certes synonyme d’arrêt des menstruations, mais certaines femmes peuvent avoir des symptômes à l’approche de cette période. C’est ce que l’on nomme la préménopause, qui peut survenir dix ans avant la ménopause.
 
- Suis-je trop vieille pour suivre une thérapie de remplacement hormonale ?

Les risques liés à ce traitement augmentent chez les femmes en postménopause depuis plus de dix ans et chez les plus de 60 ans. Elle nuit notamment à la santé cardiovasculaire. En cas de symptômes accrus, on peut suivre ce traitement, mais cette décision est à prendre au cas par cas.
 
- Pendant combien de temps devez-vous suivre ce traitement ?

Il n’y a pas de réponse précise à cette question. Les femmes suivent une thérapie de remplacement hormonale pendant trois à cinq ans, en moyenne. Mon conseil habituel est de suivre ce traitement le temps nécessaire et aussi longtemps que les effets secondaires ne prennent pas le dessus.
 
Les risques augmentent progressivement au bout de cinq ans. Ils sont cependant faibles (en général) et les symptômes persistent parfois pendant plus longtemps. Il ne faut pas non plus négliger ses avantages à long terme. Je conseille toutefois de faire un bilan annuel personnalisé afin de décider s’il faut continuer ou pas.
 
- Est-ce que je dois continuer de prendre un contraceptif ?

La Faculté de la santé sexuelle et reproductive conseille de continuer à prendre un contraceptif pendant la préménopause jusqu’à l’âge de 55 ans. Si une femme de moins de 50 ans entre en ménopause, elle devrait le faire pendant deux ans. Chez les autres, un an suffit.
 
- La thérapie de remplacement hormonale retarde-t-elle la ménopause ?

Non. Le corps s’adapte aux changements hormonaux naturels, et ce, avec ou sans thérapie de remplacement hormonale. Chez la plupart des femmes, ce traitement peut réduire la période où elles ressentent les symptômes liés aux changements hormonaux.

Lorsqu’elles arrêtent la thérapie de remplacement hormonale, la majeure partie des symptômes ont généralement disparu.
 
- Mes règles reviendront-elles si je suis une thérapie de remplacement hormonale après la ménopause ?

Si vous n’avez pas subi d’hystérectomie et que vous décidez de commencer une thérapie de remplacement hormonale après la ménopause, on vous prescrira sans doute un traitement combiné.

Ainsi, vous devrez prendre les deux hormones, l’œstrogène et la progestérone, au quotidien. Bien que de petits saignements puissent survenir au début, cette forme de traitement ne devrait pas provoquer de menstruations.
 
- La thérapie de remplacement hormonale peut-elle entraîner une prise de poids ?

Rien ne le prouve, mais la prise de poids est chose commune pendant la ménopause. Cela est principalement dû aux changements du métabolisme. Des études n’ont trouvé aucun rapprochement entre la thérapie de remplacement hormonale et le gain pondéral.
 
Je conseille souvent aux femmes de veiller à leur style de vie, notamment de surveiller leur alimentation et de faire de l’exercice physique à l’approche de la ménopause. Souvent, il convient d’établir de nouvelles routines en période de préménopause afin de maintenir un poids forme.

Quels sont les symptômes moins connus de la ménopause ?

Les femmes peuvent ressentir plus de 40 symptômes pendant la période de la préménopause et de la ménopause. Les plus connus sont les sueurs nocturnes et les bouffées de chaleur (symptômes vasomoteurs), mais seuls 30% de ces dames en souffrent.
 
D’après mon expérience, certaines sont plutôt surprises par certains effets de cette période de la vie. En effet, peu savent que l’on peut avoir des douleurs articulaires. La plupart pensent qu’il s’agit de simples courbatures ou d’arthrite et prennent des antidouleurs. Elles m’ont souvent dit que cela les faisait se sentir « vieilles ».
 
Ma première approche consiste à souligner l’importance du sport, car il permet de garder les muscles et les os en bonne santé. Je conseille ensuite de suivre un régime équilibré en consommant de bonnes protéines et des compléments de vitamine D. Un apport de magnésium peut aussi aider dans certains cas.
 
En outre, la thérapie de remplacement hormonale est également efficace contre ces douleurs articulaires et beaucoup de femmes témoignent, avec grande surprise, de la rapidité à laquelle ce traitement agit.
 
On peut également constater des changements cutanés. On ignore souvent que la peau peut être sèche et irritée. C’est ce que l’on appelle la formication (ou fourmillements), mot qui vient du latin « formica » (fourmi), car elle se manifeste par une sensation d’engourdissement analogue à celle que produit le picotement de ces petites bêtes.
 
Vous pouvez bien imaginer que cela est fort désagréable. On peut les soulager avec une crème émolliente ; celles au menthol sont particulièrement efficaces. Les antihistaminiques aident, eux aussi, à réduire les démangeaisons. Et il y a, bien sûr, la thérapie de remplacement hormonale.
 
Enfin, il convient de parler des infections urinaires et des cystites récurrentes. Cela arrive souvent autour de la préménopause, ce qui peut être très gênant.
 
La baisse du taux d’œstrogènes en est la cause en raison de son impact sur les tissus autour du vagin, de la vessie et de l’urètre. Ce syndrome de la ménopause porte le nom d’atrophie urogénitale ou syndrome génito-urinaire. Le meilleur traitement, sûr et efficace, est une faible dose d’œstrogène vaginal.

Article publié le 26/10/2022 à 01:00 | Lu 1457 fois