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Article publié le 08/03/2018 à 03:33 | Lu 1275 fois

Maladies cardio-vasculaires : 78% des femmes savent qu'elles ne touchent pas que les hommes

Les femmes ont pris conscience que les maladies cardio-vasculaires n’étaient pas réservées aux hommes, selon une enquête IFOP réalisée fin janvier auprès d’un millier de Françaises pour la FFC. Un résultat encourageant communiqué ce 8 mars à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.


Selon une enquête réalisée par l’IFOP* pour la Fédération Française de Cardiologie (FFC), plus des trois-quarts (78%) des femmes sont conscientes que les maladies cardio-vasculaires ne touchent pas seulement les hommes… Une bonne chose. Toutefois, seule une sur deux sait que ces maladies tuent huit fois plus que le cancer du sein !
 
Dans ce contexte, on comprend bien que ce que l’on appelle « la prévention primordiale », celle qui évite l’apparition des facteurs de risques, reste un enjeu majeur pour réduire la prévalence des maladies cardio-vasculaires auprès des femmes. De nos jours, on estime que la très grande majorité (80%) d’entre elles pourrait être évitées par un comportement adapté.
 
De fait, l’Observatoire du cœur des Français de la FFC met en avant un décalage entre connaissances et comportement vis-à-vis des facteurs de risques chez les femmes.  Elles ne sont que 28% à citer spontanément l’arrêt du tabac ou la limitation de sa consommation comme moyen de se protéger des maladies cardio-vasculaires, alors qu’un infarctus sur deux chez les femmes de moins de 50 ans est dû au tabac.
 
De même, si les trois-quarts des sondées affirment savoir que l’activité physique permet de prévenir l’apparition de facteurs de risque, seule un tiers pratique au moins trois fois par semaine, seuil recommandé par l’OMS.
 
Côté alimentation, seulement 20% des femmes interrogées mangent au moins 5 fruits et légumes par jour, alors qu’elles sont plus du double, 52%, à citer spontanément l’alimentation comme moyen de prévention des maladies cardio-vasculaires.
 
Il faut bien rappeler que les maladies cardio-vasculaires restent la première cause de mortalité chez les femmes en France, avec notamment une forte progression du nombre d’infarctus chez les femmes jeunes. 

A la ménopause, les femmes ont tendance à prendre du poids, à avoir un excès de mauvais cholestérol, à développer un diabète… Tous ces facteurs multiplient les plaques de cholestérol dans les artères et donc, le risque de maladie cardio-vasculaire.
 
« Si nous pouvons nous réjouir de l’évolution positive de la prise de conscience des femmes, vis-à-vis des risques cardio-vasculaires, il reste néanmoins de nombreux progrès à faire », constate le Pr Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération Française de Cardiologie et cardiologue au CHU de Lille.
 
Et d’ajouter : « il nous faut en particulier agir sur les inégalités de prise en charge entre les femmes et les hommes, et sur l’intégration des comportements de prévention dans le quotidien. Pour cela, nous devons poursuivre nos actions, en impliquant toutes les parties prenantes et en améliorant la coordination entre les professionnels de santé chargés de la santé des femmes. Nous pourrions ainsi imaginer la mise en place d’une consultation organisée de dépistage cardio-vasculaire pour toutes les femmes à partir de 50 ans ».
 
*Enquête menée par un questionnaire auto-administré en ligne, du 26 au 29 janvier 2018, auprès d’un échantillon de 1 054 femmes représentatif de la population féminine française âgée de 18 ans et plus.