Maladie rénale chronique : de l'importance d'un dépistage précoce (partie 2)

On le sait peu mais en France, six millions de personnes sont touchées par la maladie rénale chronique (MRC). Chez ces patients, un dépistage précoce aurait permis de ralentir de moitié la progression de la maladie. Pourtant, seule la moitié des patients atteints de MRC sont diagnostiqués et seul un Français sur 10 a déjà entendu parler de la maladie et sait ce dont il s’agit...


Le premier enseignement à tirer de cette enquête Ipsos est clairement « la méconnaissance des Français sur le rein et sa fonction vitale ». De fait, près de la moitié de nos compatriotes (48%) estime que le rein n’est pas essentiel au fonctionnement du corps humain et un gros tiers des Français considère que les problèmes rénaux n’ont pas de conséquences très graves pour la santé (36%).
 
Par ailleurs, toujours selon cette nouvelle enquête exclusive, si les connaissances de ces sondés, s’agissant du rôle essentiel de l’organe du rein sont limitées, ils méconnaissent en plus, majoritairement l’existence de la Maladie Rénale Chronique (MRC).
 
De fait, seuls 13% (juste un peu plus d’un sur dix) en ont déjà entendu parler et plus des trois-quarts (78%) déclarent ne pas avoir une bonne connaissance des facteurs de risque et des conséquences de cette maladie (75%). Aussi, la sévérité de la maladie rénale chronique est largement sous-estimée : moins d’un quart savent qu’on ne peut pas en guérir (17%) et qu’on peut en mourir (24%).
 
Plus préoccupant encore, moins d’une personne à risque sur quatre considère qu’elle est susceptible de
développer une maladie rénale chronique (24%) et moins d’une personne à risque sur cinq déclare
faire l’objet d’un suivi concernant sa santé rénale (18%).
 
Et pour cause : dans près de la moitié des cas, les patients atteints de MRC ont été diagnostiqués de façon fortuite, alors que leur médecin avait prescrit des examens pour une autre raison (42%). Quand on parle de maladie silencieuse, asymptomatique, on comprend pourquoi !
 
Comme le souligne Philippe Thébault, président d’Alliance du cœur : « il y a urgence à combler ce déficit de sensibilisation. On ne peut pas se satisfaire que moins d’une personne à risque sur quatre considère qu’elle est susceptible de développer une maladie rénale chronique ».
 
Dans ce contexte, nos compatriotes attendent des mesures fortes visant à améliorer le dépistage et la
prise en charge de la MRC. Ainsi, la quasi-totalité (90%) des sondés demande une meilleure information et une systématisation de l'examen annuel de dépistage de la MRC chez les patients à risque. Et neuf sondés sur dix attendent alors des pouvoirs publics que la lutte contre la maladie rénale
devienne une grande cause nationale.
 
« En l’état, le suivi de la santé rénale des personnes à risque est largement insuffisant. Le dépistage doit être le plus précoce possible afin de permettre de retarder la maladie. C’est un enjeu majeur de la prise en charge de la MRC », estime de son côté Cécile Vandevivère, directrice générale de France Rein.
 
*Dispositif quantitatif mené par Internet du 31 janvier au 9 février 2023 via l’Access Panel d’Ipsos auprès de 4000 Français âgés de 18 ans et plus. Echantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée, catégorie d’agglomération).

Publié le 09/03/2023 à 01:00 | Lu 3127 fois