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Article publié le 29/10/2020 à 01:00 | Lu 8958 fois

Les seniors adeptes de l'apprentissage des langues étrangères en ligne




Selon une étude réalisée par Babbel en 2019 (entreprise spécialisée dans les cours en ligne d’apprentissage de langues étrangères), pratiquement un tiers (30%) des utilisateurs de l’application a entre 65 et 74 ans. Ce qui signifie que l’âge n’enlève rien à l’envie d’apprendre une nouvelle langue en ligne !


Parmi les 14 langues proposées par cette application, sans trop de surprise, les plus de 65 ans privilégient l’étude de l’anglais (45%), puis ensuite, l’espagnol (27%), l’italien (19%) et l’allemand (11%). S’ensuivent le portugais et le russe, étudiés par 4% des seniors (Source Babbel - Étude globale auprès des utilisateurs Français en 2018). Dommage que l'on ne puisse pas y apprendre le chinois ou le japonais (plutôt que l'indonésien par exemple !).
 
Plus plus de la moitié de ces élèves (52%) aux cheveux gris, la principale raison est l’intérêt qu’ils portent aux langues et à la culture des pays. Près de la moitié désire également garder la forme mentale et plus du tiers (37%) souhaite apprendre une langue pour se préparer à leurs prochaines vacances (compte tenu de la situation actuelle, ils risquent bien de devenir bilingue lors de leur départ).
 
Enfin, pour 13% il en résulte une volonté de renouer avec ses racines et/ou sa famille. A noter également qu’ils sont tout de même plus de 5% à apprendre une langue par… amour.
 
« Je suis ravie de mieux comprendre et échanger avec ma petite fille qui est moitié anglaise de sa maman et moitié française de son papa. Elle a maintenant 7 ans et depuis 2 ans nous communiquons mieux. J'ose m'exprimer oralement avec elle, sans crainte. Nous en avons fait un jeu ! » explique une femme senior.
 
Selon une tout autre étude également réalisée par Babbel sur la fréquence d’utilisation de l’application, près de la moitié (49%) des plus de 65 ans utilise l’appli plusieurs fois par semaine, un quart (24%) y est même tous les jours. Quant au temps d’utilisation moyen, 30% y passe environ 30 minutes, 22% environ 20 minutes et 22% 1 heure.
 
L’apprentissage d’une langue entraine des modifications parfois inattendues dans la structure même du cerveau. Ainsi, une étude réalisée par l’université de Lund a montré l’impact de l’apprentissage d’une langue étrangère sur le développement de l’hippocampe et de trois autres zones du cortex cérébral.
 
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont comparé deux groupes d’étudiants, l’un suivant un programme intensif en langues, l’autre suivant un programme de médecine et de sciences cognitives. Pas de doute : apprendre une langue présente des avantages cognitifs supérieurs à d’autres apprentissages, car seuls les étudiants du groupe de langues présentaient un développement des zones citées précédemment. En effet, l’hippocampe joue un rôle primordial dans la mémoire et les émotions.
 
L’impact sur le cerveau va encore plus loin chez les personnes bilingues, comme le montre l’étude réalisée par les chercheurs de Northwestern. Les individus polyglottes passent constamment d’une langue à l’autre, jonglant avec les mots et les temps, en choisissant celle qui sera la mieux adaptée au contexte.
 
Il est prouvé que cette co-activation des langues permet le développement de nouveaux réseaux neuronaux. De manière imagée, le cerveau d’une personne bilingue est constamment en train de résoudre un puzzle, en passant d’une langue à l’autre. Cela implique que les petites cellules grises d’une personne bilingue sont toujours en train de s’exercer, même lorsque celles-ci ne font rien de spécial.
 
Des études ont aussi démontré que certes, les enfants apprennent plus facilement que les adultes en raison de la flexibilité de leur cerveau ; cependant ils ont bien moins de distractions, comparés aux adultes qui ont un milliard de choses à gérer et qui ont donc moins l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau. Quand on leur en donne l’occasion, les adultes peuvent apprendre une nouvelle langue à n’importe quel âge aussi vite qu’un enfant. Ils comprennent en général bien mieux la grammaire et les règles de syntaxe.
 
Selon des études menées à l’Académie Americaine de Neurologie à l’Université de York, les symptômes de la sénilité apparaissent chez les adultes qui ne parlent qu’une seule langue à l’âge de 71 ans comparé à 75 ans pour les bilingues. Ceux-ci résistent aux premiers symptômes de la sénilité et d’Alzheimer environ quatre ans de plus comparé aux autres. Il semble que le fait de jongler entre deux langues permette d’activer certaines parties du cerveau qui sont impliquées dans les « facultés décisionnaires », c’est-à-dire celles qui ont un rapport avec la prise en charge des tâches et leur exécution.
 
Apprendre une langue reste l’une des méthodes les plus efficaces pour booster sa concentration. L’un des principaux avantages à être bilingue réside dans la capacité du cerveau à filtrer les informations inutiles, à la manière d’enfants qui ignorent les bruits parasites dans une classe pour se concentrer sur le cours. Il faut également souligner que ces résultats ne concernent pas uniquement les personnes parfaitement bilingues, puisque les bénéfices peuvent s’observer dès le premier semestre d’apprentissage…
 
Alors anglais, espagnol, italien, russe, chinois, portugais ? Quelle langue allez-vous choisir ? 





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