Les retraites complémentaires Agirc-Arrco ne seront pas ponctionnées par L'État

L'exécutif a finalement renoncé à puiser dans les caisses de retraite du privé pour équilibrer les comptes, dans le cadre du débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 à l'Assemblée Nationale. Les retraites complémentaires Agirc-Arrco ne seront donc pas sollicitées pour équilibrer les comptes du régime général de retraite.


Cette décision intervient suite à la protestation des syndicats et des diverses factions politiques, notamment le RN, Les Républicains et le PS, qui jugeaient cette ponction injuste et menaçaient de déposer une motion de censure.

Selon les informations rapportées, c'est l'Élysée qui a tranché ce lundi entre le ministre du Travail Olivier Dussopt, favorable à la ponction, et la Première ministre Elisabeth Borne, qui craignait que le gouvernement ne soit trop fragilisé à l'Assemblée.

Dans la foulée, le gouvernement a également renoncé à augmenter les franchises médicales. Il prévoyait en effet de passer le reste à charge pour le patient de 50 centimes à un euro par boîte de médicaments, et d'un euro à deux euros sur la consultation médicale. Au total, l’Assurance maladie devait économiser 800 millions d’euros. Pour rappel, l'exécutif doit trouver jusqu'à un milliard d'euros d'ici 2027 pour équilibrer son budget.

Les régimes de retraites complémentaires du privé, Agirc-Arrco, sont gérés par les partenaires sociaux et versent chaque année plus de 87 milliards d'euros à 13 millions de retraités. Cette part complémentaire représente entre 20 % de la pension totale pour les salariés précaires et 60 % pour certains cadres.

Les pensions complémentaires des ex-salariés du privé seront revalorisées de 4,9 % à compter du 1er novembre 2023, au niveau de l'inflation. Entre 2024 et 2026, la revalorisation des pensions pourrait être moindre, en fonction de la conjoncture économique, la hausse pourrait être sous-indexée de maximum 0,4 point en dessous de l'inflation. Mais le conseil d'administration de l'organisme paritaire pourra choisir de la ramener au niveau de l'inflation.

Les partenaires sociaux ont également introduit, sur le modèle du régime général, la possibilité pour les retraités qui cumulent emploi et retraite d'améliorer un peu leurs pensions. Par ailleurs, le malus instauré en 2019, qui devait inciter les salariés à travailler un an de plus, sera supprimé dès le 1er décembre 2023 pour les nouveaux retraités, puis à partir d'avril 2024 pour l'ensemble des retraités concernés.

L'exécutif a donc renoncé à puiser dans les caisses de retraite du privé pour équilibrer les comptes. Cette décision, qui a été accueillie favorablement par les syndicats et les diverses factions politiques, représente un tournant majeur dans le débat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024.
 

Publié le 24/10/2023 à 15:33 | Lu 2872 fois