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Article publié le 16/05/2019 à 04:33 | Lu 2516 fois

Les Français et l'hypertension artérielle : la moitié ne sait pas qu'elle tue...

Un récent sondage réalisé par IPSOS pour le compte de la société de biotechnologie, Quantum Genomics, révèle que l’hypertension artérielle (HTA) reste une pathologie méconnue des Français… et que plus de la moitié ne sait toujours pas qu’elle tue !


Plein de choses vont mal en France… Mais pour le coup, on ne peut pas dire que l’on n’est pas informé sur différentes problématiques de santé et notamment, sur l’hypertension artérielle. Et pourtant, en dépit des nombreuses campagnes de prévention menées depuis plusieurs années, plus de la moitié des Français ne fait pas contrôler sa tension artérielle.
 
Si plus d’un tiers se dit concerné par un problème d’hypertension, une majorité ne connaît ni les comportements préventifs à adopter, ni les conséquences dramatiques d’une HTA mal contrôlée…
A ce rythme, le « tueur silencieux » (puisqu’asymptomatique) a encore de beaux jours devant lui.

Comme l’indique Jacques Blacher, chef du service cardiologie à l’hôpital Hôtel-Dieu : « les résultats de ce sondage montrent que l’hypertension artérielle reste plus que jamais un tueur non seulement silencieux mais aussi méconnu et ce en dépit des nombreuses opérations de sensibilisation réalisées auprès du grand public ».
 
Si la prise de la pression artérielle est pratiquement systématique lors de toute consultation médicale, moins d’un Français sur deux fait contrôler régulièrement sa pression artérielle alors que dans le même temps les comportements à risques sont répandus :
- un tiers des Français déclare ne pas pratiquer d’activité sportive et ne pas faire attention à son alimentation ;
- un Français sur 5 dit boire ou fumer tous les jours !
- Et parmi les 53% de Français qui ne font pas régulièrement contrôler leur tension artérielle, 60% ont un ou plusieurs comportements à risques… Bref, « tout va bien » !
 
Avec l’âge qui avance, le contrôle de la pression artérielle tend toutefois à se systématiser. Pratiquement les deux-tiers (64%) des 55-65 ans sont contrôlés régulièrement, un chiffre qui atteint 80% pour les plus de 65 ans.
 
Pour autant et toujours selon ce sondage, 45% des Français, s’estiment mal informés sur l’HTA. Si une courte majorité connaître les risques de l’hypertension artérielle, ils déclarent le plus souvent méconnaître les comportements préventifs à avoir, les examens à réaliser pour la diagnostiquer, ses impacts sur la qualité de vie, ses symptômes et les traitements existants !
 
Interrogés sur une série d’affirmations, les Français n’ont que très partiellement su démêler le vrai du faux ! Ainsi, 54% ne savent pas que l’HTA est plus répandue que le cancer ou le diabète. Un gros tiers (36%) seulement sait que l’hypertension, dans une majorité de cas, ne présente pas de symptôme : elle est asymptomatique.
 
D’autre part, seuls 58% des sondés savent qu’une mauvaise hygiène de vie peut causer de l’hypertension artérielle (mais pas seulement). Et lorsqu’on cherche à savoir si les Français connaissent les conséquences potentiellement dramatiques de l’hypertension artérielle, seuls 46% savent qu’elle accroît le risque d’accident cardiovasculaire (AVC), 40% savent qu’elle accroît le risque d’infarctus du myocarde, 14% savent qu’elle accroît le risque de cécité, 13% savent qu’elle accroît le risque d’insuffisance rénale et 6% savent qu’elle accroît le risque de démence
 
Dans ces conditions, rappelons une fois encore que les complications de l’HTA sont sévères puisqu’elle est par exemple à l’origine de 62% des AVC. Or, suite à un AVC, une personne sur cinq décède dans le mois qui suit, les trois-quarts des survivants en gardent des séquelles définitives, un tiers devient dépendant et un quart ne reprendra jamais d'activité professionnelle.
 
Et Jacques Blacher de poursuivre : « l’absence de connaissance des Français sur cette pathologie est particulièrement inquiétante car elle constitue l’une des principales causes de complications cardiovasculaires, cérébro-vasculaires et neurodégénératives. Si les Français en avaient conscience, nul doute qu’ils prêteraient davantage d’attention à cette maladie sans symptôme ».