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Article publié le 15/06/2020 à 05:58 | Lu 1219 fois

Le phénomène "Tanguy inversé" :quand un parent revient vivre chez son enfant




De nos jours, avec le vieillissement des populations, avec la hausse des divorces chez les seniors, avec l’arrivée des premières situations de handicap, avec la paupérisation des ainés, il devient moins rare qu’un parent aille vivre chez l’un de ses enfants. Environ 3% des femmes de 75 ans ou plus vivent chez leur enfant.


Dans les pays asiatiques et du sud-est asiatique, il n’est pas rare que les parents, quand ils veillissent, reviennent vivre avec les enfants, ou plus exactement, chez leurs enfants… C’est de tradition. Dans les pays occidentaux, c’est nettement plus rare.
 
Pourtant, depuis quelques années, on constate qu’il n’est plus exceptionnel qu’un parent aille habiter chez l’un de ses enfants.
 
En France, selon l’enquête Logement de l’Insee*, les adultes vivant chez leur enfant sont très majoritairement des femmes (82%) et des personnes âgées (71% ont 75 ans ou plus). Et dans quatre cas sur dix, cette cohabitation dure depuis une décennie, voire plus !
 
Comme on peut l’imaginer, dans cette situation, plus souvent que pour les autres personnes vivant chez autrui, ce sont des contraintes autres que financières qui sont à l’origine de cette cohabitaion intergénérationnelle : de fait, presque la moitié (47%) des adultes vivent chez leur enfant pour des raisons de santé (handicap ou invalidité) et 16% ne pourraient pas partir même si leurs finances le permettaient.
 
Toujours selon cette enquête, et toujours en France, 340.000 adultes habitent chez un autre membre de leur famille ou chez un tiers sans lien familial. Presqu’un tiers (30%) vit chez son frère ou sa sœur et un petit quart (24%) chez le conjoint de leur parent. Enfin, 20% vivent chez le(s) parent(s) de leur conjoint. Les autres (très peu) vivent chez leur bel-enfant (2%) ou chez un autre membre de leur famille (23%).
 
Par ailleurs, 270.000 personnes vivent chez autrui à la suite d’une rupture familiale (hors personnes veuves), le plus souvent depuis moins de trois ans (62% des cas). Environ 8 sur 10 sont retournés vivre chez leurs parents. On note aussi 165.000 adultes qui habitent chez autrui à la suite de problèmes de santé.
 
Sans trop de surprise, ce sont pour l’essentiel des femmes âgées et veuves, en particulier parmi ceux vivant chez leur enfant. Environ 3% des femmes de 75 ans ou plus vivent chez leur enfant, tandis que 11% vivent en institution
 
En France plus globalement, 7,3 millions d’adultes habitent chez leurs parents, leur conjoint ou chez une autre personne. Ces adultes, qui ne figurent ni sur l’acte de propriété ni sur le bail de location, vivent pour les deux-tiers (65%) chez leurs parents ou chez leur conjoint pour un gros quart (28 %).
 
Vivre chez ses parents renvoie à deux situations bien distinctes. D’un côté, une large majorité (80%) des adultes qui vivent chez leurs parents (phénomène Tanguy) n’est jamais partie. De l’autre, 20% sont revenus vivre au domicile parental après avoir vécu au moins trois mois dans un logement indépendant.
 
Une fois sur cinq, le retour chez les parents à l’âge adulte intervient à la suite d’une rupture familiale. Cette situation, plus souvent vécue comme une contrainte que de n’être jamais parti du domicile, peut s’inscrire dans la durée.