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Article publié le 21/07/2020 à 02:51 | Lu 2583 fois

Le genre humain et la sédentarité : histoire, sciences et chiffres




Si nous vivons plus longtemps, vivons-nous pour autant en bonne santé plus longtemps ? Chaque jour, la sédentarité gagne du terrain. C’est un fait : nous bougeons moins. L’usage de la voiture s’est largement démocratisé, les ascenseurs et escalators sont devenus la norme au détriment de l’escalier et les applications nous permettant de commander instantanément un taxi, une pizza ou un film ont envahi nos vies. Le point avec la Fondation Ipsen.


Un peu d’histoire…
Bien que cette quête de confort ne date pas d’hier, elle nous a progressivement déconnectés de nos ancêtres.
 
En effet, l’étude morphologique des squelettes des espèces habilis, erectus, Neandertal et sapiens a révélé à quel point ils étaient de bons marcheurs, coureurs, grimpeurs et nageurs car, se nourrissant de leur cueillette, de leur chasse et de leur pêche, ils n’avaient d’autre choix qu’être actifs.
 
Cet esprit de performance physique est donc inscrit dans le genre Homo depuis 3 millions d’années et nous sommes petit à petit en train de l’oublier, confortablement assis dans nos fauteuils, sans nécessairement nous douter des méfaits de cette inactivité.
 
Un peu de sciences…
Or, les bénéfices liés à l’exercice physique ont été constatés depuis bien longtemps. Hippocrate en son temps (460-377 av. J-C) avait suggéré que l’activité physique était un facteur d’équilibre entre « la force que l’on dépense et celle que l’on absorbe » et qu’une pratique régulière de celle-ci nous permettrait de vivre mieux et plus longtemps.
 
Il aura toutefois fallu attendre 1953 pour que Jeremy N. Morris conduise la première étude épidémiologique rigoureuse, révélant que le risque de maladies coronaires augmentait avec l’inactivité physique. Depuis, les études scientifiques sur le sujet s’accumulent, sans jamais remettre en doute la pensée d’Hippocrate.
 
Physiologiquement parlant, la pratique sportive régulière provoque la production de facteurs secondaires et d’hormones qui ont un impact positif sur une multitude d’organes et de tissus (poumon, cœur, cerveau, foie, pancréas, os, peau, etc.).
 
La pensée d’Hippocrate est une première amorce de ce que l’on appelle la balance énergétique, c’est-à-dire l’harmonie entre l’énergie dépensée et l’énergie absorbée.

Comme le décrit Sébastien Bohler dans Le bug humain, le circuit cérébral de la récompense donne du plaisir aux individus qui ont eu un comportement en adéquation avec leur survie : se nourrir, engranger des informations, se reproduire, s’élever socialement mais également se reposer.
 
Pour nous résoudre à engranger ces actions, le cerveau nous donne du plaisir, et comme le plaisir ne cesse pas, nous nous y enfonçons. Par voie de conséquence, la sédentarité contribue à l’essor de nombreuses maladies qui trouvent leurs causes dans notre environnement, nos excès et notre inactivité, ce qui les rend de facto évitables.
 
On ne dénombre pas moins de 40 maladies chroniques invalidantes, voire mortelles, qui se développent par le manque d’activité physique : certains cancers, les accidents vasculaires cérébraux, les maladies cardiovasculaires…

Souplesse, endurance, tonicité, équilibre, force musculaire… les effets d’une activité physique régulière sont nombreux et font même reculer la mortalité de trois ans en moyenne !
 
Sans compter les effets sur l’estime de soi, la sociabilité, l’humeur, et la perte d’autonomie. C’est un fait, on vieillit donc mieux en restant actif. Ainsi l’OMS recommande de pratiquer une activité physique adaptée (APA), quel que soit son âge et sa condition physique.