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Article publié le 25/11/2019 à 05:13 | Lu 700 fois

Le cercle de Whitechapel au Théâtre du Lucernaire : mais qui était donc Jack l'Eventreur ?

Londres 1888 : un mystérieux serial killer, qui signe ses meurtres « Jack l’Eventreur », terrorise la population de Whitechapel dans le district de l’Eastend en assassinant et dépeçant sauvagement des prostituées du quartier. Ses motivations sont mal connues, lui-même ne sera jamais découvert même si, tout récemment, des analyses ADN sur des héritiers des suspects de l’époque prétendent lever le voile sur l’auteur de ces crimes. Voilà pour les faits.


Julien Lefebvre, jeune dramaturge qui a déjà beaucoup écrit pour la télévision, eut l’idée il y a quelques années de prendre ce fait divers comme point de départ pour une fiction théâtrale.
 
Sir Herbert Gréville, un éminent homme politique aux dents longues, a décidé de découvrir l’identité du meurtrier. Pour parvenir à résoudre cette énigme, il réunit autour de lui quatre autres comparses, qui constituent à eux cinq le Cercle de Whitechapel.
 
Le plus célèbre d’entre eux est l’écrivain Conan Doyle, qui a déjà à son actif plusieurs romans mettant en scène le fameux Sherlock Holmes. Il y a aussi le critique Georges Bernard Shaw, dont les idées de gauche détonnent dans cette Angleterre encore très conservatrice. Ils sont accompagnés par Bram Stocker, un directeur de théâtre et Mary Lawson, une des premières femmes médecins du royaume.
 
Tous les cinq vont tenter, presque en temps réel puisque l’action se situe à l’époque des meurtres, de démasquer le fameux Jack. On s’en doute, c’est bien sûr le père de Sherlock Holmes qui y parviendra, par des méthodes bien à lui que nous connaissons et apprécions tant.
 
L’auteur, qui a confié la mise en scène à Jean-Laurent Silvi, parvient à nous tenir en haleine une heure quarante-cinq durant, sans que l’action ne ralentisse et en sachant maintenir le suspense jusqu’au bout.
Ils sont parfaitement aidés par un quintette d’acteurs, du séduisant Nicolas Saint-Georges dans le rôle de Shaw au flegmatique Conan Doyle campé par Ludovic Laroche.
 
Et puis, pied de nez à cette époque victorienne et pourtant très misogyne, on retiendra la prestation tout en fraicheur et dynamisme de Stéphanie Bassibey dans le rôle de cette femme médecin, amoureuse mais pas aveugle.
 
Des costumes très soignés et un décor très british, avec un mur de fond en brique, achèvent de nous plonger dans l’ambiance de l’époque. Sans oublier un gadget sonore, qui contribuera à la résolution de l’énigme. Une belle soirée de théâtre en un lieu agréable, qui propose aussi un restaurant pour ceux qui ont un petit creux.

Alex Kiev

Théâtre Le Lucernaire
53 rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
Du mardi au samedi 21h dimanche 18h
Jusqu’au 12 janvier 2020