Le Dr Adrian Chaboche à la présidence de l'A-MCA

Grand changement en cette rentrée au sein de l’Agence des médecines complémentaires adaptées (A-MCA). Après trois ans à la présidence, Serge Guérin, désormais président d’honneur, laisse sa place, non sans émotions, au Dr Adrian Chaboche, fondateur du Centre de médecine intégrative Vitruve. Le point avec le Dr Chaboche et Véronique Suissa, la directrice générale, sur cette évolution stratégique et les enjeux à venir.


L'A-MCA vient d'acter un changement à sa présidence. Pourquoi cette passation ?

Dr Adrian Chaboche – Cette passation, qui s’effectue le plus naturellement et spontanément possible, relève d’un ensemble de facteurs.
 
Tout d’abord, le trio fondateur de l’A-MCA a mené un travail colossal ces trois dernières années. Tous souhaitent voir l’A-MCA s’ouvrir vers de nouvelles réflexions. L’ancien président devient président d’honneur, ce qui permet, en outre, d’avancer de façon cohérente, synergique et vertueuse.
 
L’A-MCA et le Centre Vitruve ont, par ailleurs, toujours été en lien étroit. Nous nous sommes d’abord côtoyés puis avons travaillé ensemble. Le fruit de ce travail intégratif, de cette connivence humaine et de valeurs partagées, cette volonté de développer les pratiques complémentaires dans un cadre adapté, ont conduit à cette passation pour ouvrir l’A-MCA à de nouveaux horizons.
 
Véronique Suissa – Ces trois dernières années, avec les deux autres co-fondateurs de l’A-MCA, nous avons été dans une logique de structuration des enjeux, de l’activité, des missions de l’agence, tout en actant son développement par la création du Réseau citoyen, du Réseau praticien ou encore des espaces professionnels.
 
L’assise étant désormais posée, nous nous situons aujourd’hui dans une période charnière avec la volonté interne d’impulser une nouvelle dynamique impliquant notamment une ouverture vers l’international ou encore une plus grande affirmation des liens entre l’A-MCA et la prévention ainsi que la santé durable et intégrative.
 
Les pratiques complémentaires adaptées sont, de notre point de vue, un véritable levier en faveur de la santé au sens de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et des résolutions européennes qui soutiennent, tout comme nous, la qualité de ces pratiques utilisées par près d’un français sur deux.
 
Dans ce contexte, le changement de président était évident, d’autant plus qu’en tant que cofondateur du Centre Vitruve, le Dr Chaboche détient une expertise forte et indéniable sur le sujet. Sans oublier que depuis la création de l’A-MCA, il a toujours été un soutien à son action.
 
Nous étions donc très enthousiastes d’apprendre qu’il souhaitait candidater à la présidence, et encore plus de son élection à l’unanimité des voix.

 
Quelle va être l'articulation entre le président, médecin, et la directrice générale, psychologue clinicienne ?

Véronique Suissa – L’articulation va être analogue à celle qui préexistait, mais élargie à d’autres perspectives. Schématiquement, le Dr Chaboche préside le conseil d’administration, et je chapeaute la partie opérationnelle.
 
Les missions et le fonctionnement de l’A-MCA restent identiques. Mais nous allons adopter une logique plus forte de co-construction entre notre duo, en lien avec le conseil d’administration, les différents conseils de l’A-MCA et nos responsables scientifiques -le Pr Antoine Bioy et le Pr Gilles Berrut, NDLR- afin de porter de manière collégiale la stratégie, les grandes actions et les priorités, que nous souhaitons impulser collectivement.
 
Autrement dit, nous concevons la suite dans une forte coopération avec l’écosystème de l’A-MCA, dont l’expertise précieuse contribue à son développement et à son rayonnement.
 
Dès la nomination d’Adrian Chaboche, nos premières actions ont d’ailleurs consisté à organiser une série d’échanges et de réunions avec chacun des acteurs toujours dans cette volonté d’avancer de façon cohérente, dans une direction commune.
 
Dr Adrian Chaboche – Au-delà de cette organisation interne, notre binôme a du sens d’un point de vue stratégique. Car à regarder notre système de santé actuel, nous sommes assis sur un clivage cartésien qui perdure entre les sciences humaines d’un côté, et la santé de l’autre.
 
Nous souhaitons dépasser ce hiatus entre des professionnels ayant la même ambition à savoir, soigner la population. Cette articulation de valeurs professionnelles se manifeste également stratégiquement, dans une alliance d’expériences de terrains différentes.
 
Celle de Véronique Suissa en tant que psychologue clinicienne, ayant portée une recherche sur les MCA et chargée du développement de l’AMCA ; et la mienne comme médecin généraliste, hypnothérapeute et fondateur du Centre Vitruve.
 
Entre son expertise et la mienne, nous allons créer des ponts car nous défendons tous les deux la prise en charge bio-psycho-sociale de l’individu, cette santé globale et intégrative.
 

Quels sont les enjeux portés par l'A-MCA pour demain ? 

Véronique Suissa – Notre principal enjeu est de poursuivre le renforcement de l’accès à l’information et à la prévention pour le grand public notamment.
 
Nous avons initié le travail avec notre réseau citoyen. D’un point de vue sociétal, nous entendons continuer l’identification des praticiens qualifiés dans le cadre de notre démarche de sélection ; car l’une des problématiques des usagers est de détenir des repères clairs. 
 
Enfin, nous souhaitons ouvrir l’A-MCA à l’international, avec des partenariats en cours de signature.
 
Dr Adrian Chaboche – Ce renouvellement de présidence contribue ainsi à renforcer les actions connues et déjà établies par l’A-MCA à savoir l’amélioration des actions de prévention en santé, dans une démarche sécuritaire et qualitative.
 
Le travail avec les citoyens est une valeur portée par l’A-MCA que nous souhaitons également affirmer et déployer davantage afin de nous rapprocher au mieux de ce qu’ils souhaitent.
 
Enfin, nous entendons inscrire l’A-MCA dans une viabilité économique, administrative, stratégique et humaine afin de garantir son existence dans la durée, et ainsi œuvrer à faire cohabiter les différentes médecines.
 

Quels sont-ils concernant le triptyque défendu par l'A-MCA à savoir le "bien grandir", le "bien-vivre", et "le bien-vieillir" ?

Dr Adrian Chaboche – Ce triptyque constitue la représentation la plus audible par tous à savoir la prévention sous toutes ses formes avec la recherche d’un état de complet bien-être.
 
Pour amener cette « nouvelle » culture, des progrès « faciles » doivent encore être réalisés afin de promouvoir une santé plus humaniste en se basant notamment sur les ressources que chacun possède en soi.
 
Tendre vers un bien-être global reste compliqué car il implique une meilleure connaissance de l’être humain. Cependant, si nous dormions un peu plus, mangions un peu mieux et faisions un peu plus de sport, ce bien-vivre général permettrait de « guérir » avant même d’être malade et de se préserver des risques.
 
C’est du concret. Au-delà de simplement survivre ou de sauver des vies, cette approche permet de développer une autonomie collective et individuelle.
 
Véronique Suissa – L’enjeu concernant ce triptyque consiste aussi à apporter des repères aux citoyens en demande d’accès à ces pratiques, et de répondre plus concrètement à leur besoin de santé.
 
Nous devons donc nous inscrire dans les recommandations sanitaires et sociales nationales portant par exemple sur l’activité physique des jeunes, l’alimentation, la qualité de vie au travail, la promotion de modes de vie sains.
 
Le « prendre soin de soi » commence jeune pour pouvoir bien vieillir. L’Union européenne et l’OMS portent déjà de nombreuses recommandations dans le domaine, et la France doit s’en saisir pour enfin les appliquer.
 
Nous entendons agir à notre niveau et contribuer concrètement au bien-être des personnes. Les pratiques complémentaires ne sont pas une fin en soi. Nous devons parvenir à les inscrire dans le cadre d’un enjeu de santé durable et intégrative.
 
Adopter un mode de vie sain ne repose pas sur une MCA en tant que telle mais sur un cheminement global. C’est ce mouvement que porte l’A-MCA, il s’agit de sa raison d’être. 

Publié le 18/09/2023 à 02:00 | Lu 2488 fois





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