Pour mieux prendre soin de leur santé, une majorité d’Européens sont prêts à dépenser davantage 53% des Européens estiment qu’une augmentation des cotisations obligatoires permettrait de diminuer les inégalités face aux soins. Néanmoins, on observe une nette divergence d’opinions entre les citoyens des pays à financements étatiques et ceux des pays à financements de type assurantiels.
Ainsi, les Britanniques et les Suédois sont nettement majoritaires dans cette conception du financement pour réduire les inégalités (76% et 79%). Les Italiens sont partagés (51%), les Allemands et les Français favorables à une augmentation des cotisations obligatoires pour réduire les inégalités d’accès aux soins sont minoritaires (respectivement 22% et 38%).
Pour financer les dépenses supplémentaires liées à l’amélioration de la qualité des soins, il n’existe pas chez les Européens de solution préférentielle entre la nécessité d’augmenter les cotisations sociales obligatoires ou facultatives ; ni même d’imposer un supplément au cas par cas, bien que l’on constate une nette préférence, en première intention, pour une alternative personnelle et privée qu’il s’agisse d’une assurance complémentaire (23%), d’un dépassement (23%), voire même une franchise (12%).
Le cumul des intentions montre une nette préférence des Européens pour un financement facultatif : 46 % que ce soit au cas par cas ou par assurance facultative et seulement 37% pour les cotisations obligatoires.
L’Italie se caractérise par un fort taux d’abstention (31%) à un moment ou une nouvelle vague de mesures d’économies se met en place (instauration d’une franchise à la charge du patient par acte médical).
Enfin, 72% des Européens se déclarent prêts à prendre en charge des dépenses supplémentaires sur leur budget familial pour mieux prendre soin de leur santé et de celle de leur famille.
Les Européens sont très sensibilisés aux besoins liés à la dépendance des personnes âgées Si le financement public pour le maintien à domicile des personnes âgées est toujours perçu majoritairement comme insuffisant (56% des Européens), cette perception est moins majoritaire au Royaume-Uni et en Suède, régis par le système bévéridgien (financement de la santé par l’impôt), que dans les trois autres pays considérés qui ont adopté un système de type bismarckien (assurances sociales prélevées sur le produit du travail, en dépit de l’instauration en France de la CSG).
Une majorité d’Européens (54%) sont favorables à un système mixte de prise en charge associant financement public et contribution personnelle pour la prise en charge de personnes âgées et dépendantes. Néanmoins, le clivage d’opinions des pays à financements fiscaux et des pays à financements assurantiels subsiste sur les efforts financiers supplémentaires à consacrer à la dépendance.
Ainsi, la réticence des familles à souscrire à une assurance complémentaire obligatoire s’exprime essentiellement en Allemagne, en France et en Italie, en opposition au Royaume-Uni où 62% des opinions restent favorables à une assurance complémentaire obligatoire.
Les Européens sont demandeurs de davantage de recherche et de prévention pour leur santé Les attentes en matière de recherche médicale sont accrues. Ainsi, 79% des Européens estiment que le niveau de financement de la recherche médicale est nettement insuffisant et devrait être augmenté, même si les Britanniques sont plus modérés sur l’urgence de pareilles mesures. 66% des Européens estiment qu’il faudrait faire appel à un financement public qui, pour 54% d’entre eux, devrait se situer au niveau européen.
C’est dans le cadre de leur travail que les Européens actifs semblent privilégier la surveillance de leur santé et le dépistage des maladies graves. Le sport et la maîtrise du stress ainsi que les maladies liées à l’alcool et au tabac demeurent des préoccupations importantes pour les Européens. Préoccupations qu’ils estiment - comme pour le dépistage -légitimes d’être prises en charge dans le cadre de leur travail.
51% des européens interrogés se déclarent intéressés par un programme personnalisé de surveillance de leur santé tout au long de leur vie mais seulement 13% d’entre eux sont prêts à payer pour, sauf dans le cas d’une prise en charge par l’employeur (71% des Européens actifs), à l’exception des Anglo-saxons qui ne semblent pas aussi déterminés (51%).
L’acceptation de la mobilité pour des raisons médicales est partagée par une majorité d’Européens D’une façon générale, les Européens semblent plutôt satisfaits des soins chirurgicaux dans leur pays, mais 63% se disent prêts à se déplacer (85% pour les Britanniques) pour des interventions de haute technicité ou difficilement accessibles dans leur pays d’origine, à l’exception des Français (-14% de 2006 à 2007).
43 % des Européens ont d’abord à l’esprit que l’on va se faire opérer à l’étranger pour des interventions médicales liées à un problème de santé contre 41% qui estiment que cela est plutôt dans une logique de soins de type esthétique. 79% des Italiens estiment qu’il s’agit d’abord d’une dynamique médicale, à l’inverse, 76% des Français estiment qu’il s’agit avant tout d’une démarche de type esthétique.
Enfin, 71 % des Européens sont favorables à l’accueil à titre payant d’étrangers dans leurs hôpitaux.
Ce chiffre en progression de 10 points par rapport à 2006 intervient notamment au Royaume-Uni dans un dans un contexte de privatisation de la gestion des établissements hospitaliers qui ont annoncé un retour à l’équilibre financier.
L’intégralité des résultats du Baromètre Cercle Santé - Europ Assistance est disponible sur
www.europ-assistance.com.