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Article publié le 05/02/2020 à 02:00 | Lu 931 fois

L'esprit de famille : entretien avec Josiane Balasko

Le dernier film d’Eric Besnard, L’esprit de famille, est sorti sur les écrans le 30 janvier dernier. L’histoire ? Celle d’Alexandre (Guillaume de Tonquedec) qui s’embrouille une nouvelle fois avec son père, Jacques (François Berleand). A priori, il ne devrait pas, car ce dernier vient de décéder, mais Jacques, ou plutôt son esprit, est bien là, à râler à ses côtés… Une comédie sur le deuil. Entretien avec la comédienne Josiane Balasko.


J’aime travailler avec Éric Besnard. La première fois, c’était en 2012, pour Mes Héros. J’interprétais le rôle d’une mère déjà grand-mère, une femme aussi grande gueule que généreuse, peut-être un portrait idéalisé de sa vraie mère !
 
J’avais adoré ce tournage. Éric est un homme qui a une humanité profonde. Il fait preuve de beaucoup de respect à l’égard de tout le monde, sans distinction hiérarchique. Il est solide. S’il râle, c’est toujours avec bienveillance. S’il peut se montrer exigeant, il ne bascule jamais dans l’autoritarisme. C’est un pilier, et sur un plateau, avoir quelqu’un à qui on peut faire confiance et sur lequel on peut s’appuyer est très important.
 
J’aime l’homme qu’est Éric, dans la vie et derrière une caméra, mais j’aime aussi, chez lui, le scénariste. Il écrit toujours des histoires dans lesquelles on se sent bien, des histoires tendres, un peu décalées, qui parlent de la famille, et qui, au fond, je crois, lui ressemblent, dans leur solidité, leur poésie et leur humanité.
 
Quand j’ai lu le scénario de L’Esprit de famille, j’ai été tout de suite emballée… Ce fils qui fait réapparaître son père disparu pour avoir, enfin, ces conversations intimes qu’il n’a jamais eues avec lui de son vivant… c’est à la fois cocasse et bouleversant.
 
L’histoire est surréaliste et pourtant elle semble vraie : qui n’a jamais reçu des « signes », presque tangibles, de proches disparus ?
 
Dans cette histoire, il y a un fils et un père, mais il y a également un frère et une mère, que je joue. Une mère qui peste contre la disparition de ce mari qu’elle a tant aimé et qui lui manque follement, mais qui est aussi très touchante dans sa pudeur, parfois bougonne, à cacher sa peine pour ne pas ajouter au chagrin de ses enfants.
 
Mis à part la scène où elle doit entrer dans l’eau toute habillée jusqu’au cou et qui m’a un peu effrayée, c’est une mère que j’ai adoré interpréter. Au cinéma, j’ai souvent joué les mères des metteurs en scène, notamment dans Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes, dans Maman et donc dans Mes Héros. Mais cela ne m’a jamais mis de pression supplémentaire.
 
Quand je joue, je joue ce qui est écrit. Face au réalisateur, je suis une actrice. Je me projette uniquement dans mon rôle et j’essaie de faire au mieux (rire).
 
Le tournage de L’Esprit de famille s’est déroulé dans une ambiance de rêve. Éric est un grand fédérateur. Il connaît le sens du mot « famille » et il a su en recréer une sur le plateau avec toute l’équipe.
 
J’ai été contente de retrouver François Berléand avec qui j’étais en cours chez Tania Balachova. Au moment du Splendid, je lui avais proposé de venir nous rejoindre, mais il avait préféré suivre un autre chemin. Si on s’était ensuite souvent croisé, je ne l’avais plus revu depuis des années. Il n’a pas changé. Il est toujours aussi farceur. Je l’appelle « le gentleman déconneur ».
 
À la lecture du scénario, je me demandais comment sans l’apport d’effets spéciaux, Éric allait résoudre ce problème d’apparition d’un personnage. Mais c’est un grand réalisateur. Il a réglé tous les problèmes. On croit à son film parce qu’il est sincère, vrai, sans esbroufe et qu’il s’équilibre parfaitement entre le rire et l’émotion.
 
Avec : Guillaume de Tonquedec, François Berléand, Josiane Balasko, Isabelle Carré, Jérémy Lopez de la comédie française et Marie-Julie Baup
Durée : 1h38