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Article publié le 28/05/2018 à 01:00 | Lu 1742 fois

L'alcool : 2ème facteur de risque évitable de cancers

Sous-estimé, voire nié, le rôle de l'alcool est pourtant clairement établi dans le développement de nombreux cancers : bouche, pharynx, larynx, œsophage, côlon-rectum, sein... Un risque qui augmente avec la dose d'alcool, quelles que soient les boissons consommées et sans effet de seuil repérable. En 2015, près de 28.000 nouveaux cas de cancers en France étaient attribuables à la consommation d’alcool soit 8% des nouveaux cas de cancers toutes localisations confondues.


L’alcool est classé cancérigène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Deuxième facteur de risque de cancers, sa consommation est responsable, chaque année, de 28.000 nouveaux cas en France.
 
Parmi les 7 localisations de cancers attribuables à ce facteur de risque, l’alcool, quel que soit son type, est la cause de 58% des cancers de l’œsophage, 16% des cancers du côlon et du rectum et 15% des cancers du sein.
 
Les résultats de nouvelles études confirment également l’association entre la consommation de boissons alcoolisées et les cancers des voies aérodigestives supérieures, de l'œsophage, du foie, de l’ensemble du côlon-rectum et du sein.
 
L’augmentation du risque du cancer du pancréas, de l’estomac, de la prostate et du cerveau associée à la consommation élevée de boissons alcoolisées est également suggérée mais nécessite d’autres études pour confirmer cette relation.
 
L'effet de la consommation de boissons alcoolisées dépend principalement de la quantité d'alcool apportée et non du type de boisson (vin, bière, apéritifs...). Toutefois, quel que soit le type d'alcool consommé, les verres « standard » servis dans les bars contiennent tous en général la même quantité d'alcool pur : un verre de vin (de 10 cl) aura donc le même effet cancérigène qu'un verre d'alcool fort (de 2 cl).
 
En France, le vin est la boisson la plus consommée au quotidien. En effet, parmi les consommateurs réguliers, 12% ont bu du vin tous les jours, 2% de la bière, et moins de 1% ont consommé des spiritueux de façon quotidienne.
 
Si la consommation d’alcool en France baisse de manière régulière depuis les années 1960, elle reste cependant l’une des plus élevées d’Europe et dans le monde. La quantité d’alcool par habitant âgé de 15 ans et plus est passée de 26 litres d’alcool pur par an à 11,6 litres en 2013, soit en moyenne 2 verres et demi « standard » ou « unité d’alcool » chaque jour, par habitant (un verre standard contient 10 g d’alcool pur).
 
Toutefois, les modes de consommation évoluent : la consommation quotidienne diminue, tant chez les femmes que chez les hommes, la consommation plusieurs fois par semaine apparaît stable mais les ivresses répétitives (au moins trois dans l’année) concernent une part grandissante de la population. En dix ans, elle est passée de 9% à 13,5% pour l’homme et de 1,7% à 5% parmi les femmes.
 
D’une manière générale, les effets délétères de l’alcool sur la santé et sur la survenue des cancers restent sous-estimés par la population française. Les premiers résultats du baromètre cancer 2015 montrent que les Français se disent bien informés des effets de l’alcool sur la santé. Pourtant, les opinions relatives à la dangerosité de l’alcool ont évolué entre 2005 et 2015.
 
Certaines croyances sont plus répandues en 2015 qu’en 2005. Par exemple, l’assertion « boire des sodas et manger des hamburgers est aussi mauvais pour la santé que boire de l’alcool » est passée de 68,8% à 76%. Ces résultats révèlent une mise à distance importante du risque de la consommation d’alcool sur la santé.
 
Pour réduire efficacement le risque de développer un cancer lié à l’alcool, il est recommandé de limiter non seulement la quantité d'alcool bue à chaque occasion de consommation, mais aussi la fréquence de ces occasions. Dans un avis rendu à l’Institut national du cancer et Santé Publique France en 2017, les experts ont proposé de nouveaux repères de consommation unique pour les deux sexes.
 
Leur analyse est qu’aucune preuve scientifique ne permet de déterminer une limite de consommation sans sur-risque. Cet avis appelle à développer une approche de réduction des risques qui tienne compte à la fois des données de la science et de la tolérance spécifique de la Société à ce surrisque.
 
Aussi, d’un point de vue de santé publique et compte tenu des effets de l’alcool sur la santé, ils recommandent de ne pas consommer plus de 10 verres « standard » par semaine, ce qui correspond en moyenne à 14 g par jour d’alcool, avec des jours sans consommation afin de limiter le risque pour la santé. Les experts proposent également de rappeler que toute consommation d’alcool comporte des risques pour la santé.
 
Il faut environ 10 ans d’arrêt de la consommation d’alcool pour diminuer le risque de développer un cancer des voies aérodigestives. Après 20 ans d’arrêt, ce risque ne diffère plus significativement de celui des personnes qui n’ont jamais bu. Les informations, les adresses de consultations d'aide à l'arrêt et le soutien d'un médecin, c’est sur www.alcool-info-service.fr, un service mis en place par Santé publique France.





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