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Article publié le 22/09/2021 à 02:00 | Lu 1764 fois

Ined : le vieillissement des s'accélère en France et dans les pays développés (partie 2)




À partir des données démographiques de quarante pays à « longévité élevée »*, des chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (Ined) soulignent les grandes évolutions à venir en matière de santé, de situations familiales ou encore, de transferts entre générations. Ils évoquent aussi, les défis liés par exemple, au financement des retraites ou à l’autonomie de nos anciens.


Le rôle fondamental de l’aide informelle aux ainés en perte d’autonomie
Avec 1,4% de son PIB en 2014 qui était consacré aux politiques publiques d’aide à l’autonomie des ainés, la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE (entre 1% et 1,5% du PIB pour la plupart des pays).
 
Pourtant, certains y consacrent une part supérieure à 2% (comme la Hollande), voire même 3% (pour la Suède), quand d’autres sont à moins de 0,5% (Portugal et Hongrie). Quoi qu'il en soit, dans de nombreux pays, le « reste à charge » pour l’usager demeure si important que la très large majorité –(plus de 90%) des personnes ne peut le financer sur la base de leur seul revenu.
 
Dans tout l’OCDE, l’aide apportée par l’entourage (par les fameux aidants, 11 millions en France) s’avère un pilier majeur du système de protection sociale : elle concerne en moyenne 80% des ainés dépendants.
 
En France, comme en Allemagne, près de 10% des personnes âgées en perte d’autonomie (27% en Italie et 35% en Espagne, contre moins de 5% aux Pays-Bas et en Suède) cohabitent avec l’un de leurs enfants. En revanche, 40% des ainés dépendants vivent seuls en France (contre 63% en Suède et 58% aux Pays-Bas, 37% en Italie et 32% en Espagne).
 
La hausse du nombre de personnes âgées dans de nombreux pays nous contraint à repenser les principes fondant les politiques publiques d’accompagnement et d'accroître les ressources que la société y consacre. Ces évolutions devront aussi tenir compte de l’aspiration des personnes vieillissantes à une prise en charge de meilleure qualité, à domicile comme en établissement, pour elles-mêmes et pour leurs aidants (familiaux et professionnels).
 
Une amélioration de la situation économique des retraités mais des différences dans les conditions de vie
On constate que le niveau de vie des retraités s’est amélioré au cours des dernières décennies, en grande partie en lien avec la montée en charge des systèmes de retraite. Si le taux de pauvreté des retraités était élevé au début des années 1970, notamment en France, il est aujourd’hui souvent inférieur à celui du reste de la population au sein des pays étudiés.
 
La combinaison de cette amélioration relative de leur situation économique, de l'allongement de l'espérance de vie et de l’arrivée aux âges de la retraite de nombreux baby-boomers soulève depuis de nombreuses années la question de la soutenabilité financière des systèmes de retraite, pensée sur un équilibre structurel très différent.
 
Dans ce contexte, la plupart des pays ont mis en œuvre -non sans mal- des réformes des retraites afin de pouvoir maintenir leur équilibre financier, en particulier en décalant l’âge de départ en retraite. Cependant, les implications ne sont pas uniformes dans une population hétérogène, avec des inégalités d'espérance de vie, de travail, d'états de santé et de ressources. Les mesures jouant alors sur d'autres équilibres, rendent l'adaptation des systèmes loin d'être évidente.
 
Des parcours de vie conjugale et familiale qui se diversifient
Le vieillissement des population entraine aussi des modifications importantes dans les parcours de vie de nos ainés, notamment en ce qui concerne la vie familiale, avec une diminution du nombre d'enfants, très rapide dans certains pays.
 
L'allongement de l'espérance de vie, en particulier des hommes, conduit à davantage de vie en couple aux âges élevés, en particulier pour les femmes, qui étaient plus souvent confrontées au veuvage auparavant.
 
Parallèlement, on le constate depuis de nombreuses années déjà, les vies conjugales sont moins linéaires avec des séparations et des remises en couples qui surviennent aujourd'hui beaucoup plus souvent aux grands âges. Une vraie tendance de fond.
 
Ces évolutions encore à l'œuvre amènent de nouvelles questions sur les conditions de vie des plus âgés, les soutiens familiaux dont ils disposent et les liens entre les générations ; des questions qui restent encore largement à explorer.