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Article publié le 15/01/2018 à 01:00 | Lu 1009 fois

Dysfonctionnement thyroïdien et risque cardiovasculaire

Dans le cadre des 28èmes Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie qui se tiendront du 17 au 20 janvier 2018 au Palais des Congrès de Paris avec comme fil conducteur cette année, le thème « Coeur, Vaisseaux et Métabolismes », le Pr Patrice Rodien du CHU d’Angers fait le point entre les dysfonctionnements thyroïdiens et le risque cardiovasculaire.


Dysfonctionnement thyroïdien et risque cardiovasculaire
L’impact cardiaque des hyperthyroïdies patentes et des hypothyroïdies profondes est bien connu. Les hyperthyroïdies patentes peuvent être à l’origine : d’un trouble du rythme, déséquilibre d‘une coronaropathie et de la classique insuffisance cardiaque à débit conservé.
 
Les hypothyroïdies profondes, quant à elles peuvent entraîner une péricardite myxoedèmateuse et une myocardiopathie. En revanche, devant une dysfonction thyroïdienne fruste (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie fruste encore appelée infraclinique), la conduite à tenir (traitement ou abstention) reste discutée. En effet, le lien même entre cette dysfonction fruste et le risque cardiovasculaire, que l’on pense établi, est toujours sujet de controverse.
 
Associé à l’hypothyroïdie, le risque cardiovasculaire, parfois limité à des marqueurs intermédiaires, doit être stratifié sur l’âge des patients. Paradoxalement, c’est peut-être chez les sujets plus jeunes que le risque cardiovasculaire associé à l’hypothyroïdie fruste est le plus net, alors qu’il est possiblement dilué dans les autres facteurs de risque chez le sujet plus âgé.
 
En outre, il est aujourd’hui admis qu’il existe, avec le vieillissement, une dérive vers le haut des valeurs normales de TSH. Tout ceci conduit à redéfinir la notion d’hypothyroïdie fruste, pour une population donnée, mais aussi pour un patient donné.
 
Le risque de l’hyperthyroïdie fruste (trouble du rythme et risque d‘AVC, mortalité de cause cardiovasculaire), doit également tenir compte de l’âge du sujet. Là encore, il n’existe pas de preuve solide de l’intérêt d’un traitement et la prise en charge de ces hyperthyroïdies frustes relève largement des habitudes et des écoles.
 
Quelles sont les situations où l’endocrinologue requiert, ou devrait requérir, l’avis du cardiologue ?
- Chaque fois qu’une manifestation cardiaque survient. Il faut savoir que la discussion autour de l’anticoagulation devant une fibrillation auriculaire du sujet très âgé n’est pas la plus simple.
- Quand l’endocrinologue est tenté d‘interrompre un traitement par amiodarone devant une hyperthyroïdie.
- Quand l’endocrinologue envisage un traitement radical après guérison d’une hyperthyroïdie afin de pouvoir réintroduire l’amiodarone. Il n’est pas rare que l’indication de ce traitement soit alors rediscutée.
- Devant une hypothyroïdie profonde du sujet âgé avant substitution hormonale. Mais quel sera, dans ce cas, l’apport de l’évaluation cardiologique dans la décision thérapeutique ?