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Article publié le 02/06/2021 à 01:00 | Lu 2778 fois

Droit : un fauteuil roulant électrique n'est pas un véhicule à moteur




Un fauteuil roulant électrique est un dispositif médical destiné au déplacement d'une personne en situation de handicap. Ce n'est pas un véhicule terrestre à moteur au sens de la loi sur les accidents de la route. C'est ce que vient de rappeler la Cour de cassation dans un arrêt rendu le 6 mai 2021.


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Une personne handicapée contestait la décision prise par une cour d'appel de ne l'indemniser qu'à 50% de ses blessures, suite à un accident de la circulation en fauteuil roulant. La cour d'appel jugeait qu'aux commandes de son fauteuil électrique, elle avait commis une faute en partie à l'origine de l'accident.
 
Pour elle, la victime était la conductrice d'un véhicule terrestre à moteur au sens de la loi du 5 juillet 1985. Le fauteuil roulant répond en effet à la définition du « véhicule terrestre à moteur », puisqu'il est motorisé et dispose d'une direction, d'un siège, d'un dispositif d'accélération et de freinage.
 
Mais cette interprétation de la loi est contraire à son esprit de protection, a tranché la Cour de cassation. Assimiler le fauteuil roulant à un « véhicule à moteur » serait nier la volonté du législateur qui a voulu créer, en 1985, une protection particulière pour les victimes d'accidents de la circulation.
 
Ces victimes peuvent être les piétons, les passagers de véhicules, les enfants, les personnes âgées et les personnes handicapées. Cette loi prévoit un droit d'indemnisation de tous les dommages occasionnés, sans rechercher les responsabilités. À moins que ces personnes protégées aient commis une faute inexcusable ou volontaire à l'origine exclusive de l'accident, elles doivent être indemnisées.
 
Les juges ont rappelé qu'une personne handicapée en fauteuil roulant est assimilée à un piéton. Elle ne doit pas être considérée comme un conducteur de « véhicule à moteur » en cas d'accident de la circulation et doit être indemnisée. Seuls les conducteurs de véhicules à moteur peuvent voir, en cas de faute, leur indemnisation diminuée, voire supprimée.
 
La Cour de cassation casse et annule la décision de la cour d'appel.
 
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